A TM O S P II È RE INTER TROPICALE
pays chauds. Cependant Corre et Maurel, dont je viens de citer les travaux, préoccupés de rechercher et de saisir la cause du paludisme tropical, et induits par là même à étudier la composition microbiologique de l’air, ont apporté à cette branche de l’hygiène de très intéressants documents.
Voici la note publiée par le premier de ces distingués observateurs dans le XXVII0 volume des Archives de Médecine navale , et relative à l’analyse de l’air dans la région du Rio-Nunez, à Boké : « On y trouve un grand nombre de débris et d’organismes observés dans l’eau des marécages ou d’origine terrestre, quelques-uns paraissant provenir de milieux assez éloignés (transport par les vents : parcelles minérales extrêmement ténues ; débris végétaux et animaux en voie de décomposition, granulations moléculaires (plusieurs semblent mobiles à la manière des vibrioniens), fibres et cellules de nature variée, kystes d’infusoires, infusoires et amiboïdes, quelques petites diatomées (navicules), palmellées diverses, fines granulations et corpuscules arrondis, clairs, incolores, avec ou sans vésicule centrale ; corps plus volumineux, arrondis, ovoïdes ou déformés, constitués par une masse d’endochrome jaunâtre ou verdâtre, entourée ou non d’une zone périphérique claire ou incolore ; lamelles ou pellicules ressemblant au Palmella flava ; fragments d'algues filamenteuses; sporules et spores isolées ou en chapelet, pollen, grains amylacés. »
Air de Saint-Louis (Sénégal), pendant l’hivernage, « vibrioniens et grande abondance de petits corpuscules de Palmellées, surtout pendant les périodes de vents d’est, qui passent sur une vaste étendue de flaques et de marécages ».
A ces observations de Corre il convient de joindre celles que fit Maurel à la Guadeloupe et qu’il publia dans le même recueil (t. XLVIII), en 1887. Cet auteur, alors médecin principal de la marine et chef du service
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de santé de la colonie, aujourd’hui professeur agrégé à la Faculté de médecine de Toulouse, constata, dans une série d’expériences entreprises sur la composition de l’air atmosphérique tropical, l’existence des microorganismes suivants : un baclériuin lermo et punctum, des algues monocellulaires, ovales eL circulaires, isolées, des diatomées, des monades, des microcoeeus incolores, des microcoeeus à teinte violette, des spores d’algues, des amibes, des infusoires mobiles et flagellés, des filaments de ieptothrix, des desmidiées, etc., etc.
On voit donc combien est riche et variée la compo-
sition animée de l’atmosphère tant aux rivages occidentaux de l’Afrique que dans les îles du groupe des Antilles. Il est superflu d’ajouter que l'on peut ici conclure du particulier au général et qu’il en est ainsi dans toute l’étendue de la zone intertropicale.
Partout en effet, dans cette zone, règne une végétation luxuriante entretenue par la continuité d’une haute température, des alternances réglées d’extrême humidité et de sécheresse relative ; partout se rencontrent de vastes fleuves, des lacs d’une étendue parfois colossale, d’innombrables cours d’eau d’ordre moyen ou inférieur, des marais en pleine et puissante activité; toutes causes d'incessante production cryptogamique qui influencent nécessairement, dans un sens biologique plutôt hostile à l’Européen, la climatologie tropicale.
Il semble, pourtant, que la constitution même des saisons sous les tropiques comporte à cet égard un correctif. Si les alternatives de pluies abondantes et de périodes de sécheresse aident à la multiplication des germes, il convient de considérer que c’est aux époques de sécheresse que l’air est surtout capable d’en opérer le transport, en les aspirant à la surface du sol. On sait, en effet, que c’est seulement vers la fin de l’hivernage, au moment où l’évaporation devient active, que l’air se charge de microorganismes et devient insalubre. Nul mieux et plus scientifiquement que Mi-