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SUR LES DIVERSES FONCTIONS DE L'ORGANISME

a) Respiration. — « La respiration active ses mouvements pour exhaler de la vapeur d’eau. Il y a moins d’oxygène absorbé. » C’est ainsi que le professeur Lacassagne a résumé, dans une formule aussi compréhensive que brève, l’action primordiale de la chaleur sur la fonction respiratoire (i).

En effet, le premier résultat qu’elle provoque, soit qu’il s’agisse d’une atmosphère artificiellement chauffée, soit qu’il s’agisse de l’atmosphère libre des tropiques, soit même de celle de nos climats pendant l’été, c’est une accélération ou plutôt une fréquence relative en même temps qu’une plus grande profondeur de l’acte thoracique. C’est là un fait d’observation tellement vulgaire et d’une nature en quelque sorte si instinctive, qu’il serait superflu d’insister, si nous ne devions pas en déduire des conséquences relatives à l’acclimatation.

Il faut remarquer, en premier lieu, que les circonstances physiques de cet ordre sous l’influence desquelles l’Européen peut se trouver dans son climat, — atmosphère fermée et chauffée artificiellement, atmosphère libre et naturellement chaude de l’été — sont accidentelles et par conséquent purement transitoires. Il n’en est pas de même aux pays chauds où ce qui était

(i) Précis d’hygiène privée et sociale. Paris, 187G, p. 36.

ACTION DU CLIMAT INTERTROPICAL

temporaire devient permanent. Là, en effet, l’Européen va se trouver, — exception faite, bien entendu, des climats de hautes altitudes intertropicales, — définitivetivement placé dans une atmosphère à température élevée.

« Quand l’air est dilaté par la chaleur, dit Beaunis, nous inspirons un air plus raréfié, autrement dit la quantité d’oxygène que nous inspirons est moindre. Chaque inspiration fait entrer dans les poumons environ un demi-litre d’air et o lit. io4 d’oxygène à la température de zéro. — A -f- 4o° ce demi-litre ne contient plus que o lit. 0915 d’oxygène. En effet, le coefficient de la dilatation de l’air est 0,00367, et 100 volumes d’air à o° occupent 1 14 volumes à -f- 4°°- Aussi quand la température s’élève d’une façon notable, sommes-nous obligés, pour compenser cette dilatation de l’air inspiré et retrouver la quantité d’oxygène nécessaire, d’augmenter le nombre et la profondeur des respirations ( 1). »

On voit donc que la seule condition qui permette à l’acte respiratoire, lorsque l’air est échauffé, d’introduire dans les poumons la quantité d’oxygène normalement nécessaire aux échanges gazeux, c’est la multiplication et l’accroissement de profondeur des inspirations. Aussi ce phénomène se produit-il chez l’Européen dès son arrivée sous les tropiques (2). La respiration devient plus ample, plus fréquente ; on éprouve la sensation d’un air léger, plus dilaté, il semble même qu’il en résulte un mieux-être, jusqu’au moment, toutefois, où l’insuffisance de pression et l’extrême dilatation de l’air amènera la sensation tout opposée de gêne respiratoire : ce qui a lieu pendant les chaleurs humides de

(1) Nouveaux éléments de physiologie humaine. Paris, 1876, p. 4?-3 •

(2) Consulter Thévenot. Maladie des Européens, 1840. — Ra.na.ld-Ma.rtin. Influence of tropical climates, 1 856. Rattray. Proceedings of the royal Society, 18G9, 1872, 1874, et in Arch. de méd. nav., 1872, 1874.

J oüsset. Arch. de méd. navale, t. XL, p. 363.

Féris. Ibid., t. XXXII.

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