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SÉCRÉTIONS

Même phénomène, mais plus accentué encore, si l’on se livre à la marche, à quelque effort.

Or, ce qui est l’accident saisonnier dans nos climats devient le phénomène permanent aux pays chauds. Et la sueur, comme nous l’avons vu plus haut, est alors sécrétée avec une abondance parfois extrême, toujours continue.

Cette sécrétion, sans cesser évidemment de reconnaître pour cause principale l’excitation des centres nerveux sudoraux (i) étudiés par Goltz, Vulpian, Luchsinger et Nawrocki, dépend, avant toutes choses, de l’excitation périphérique produite par la chaleur et meme peut-etre aussi par 1 électricité atmosphérique. C est ce qui fait qu elle est surtout abondante pendant la saison chaude ou hivernage. A ce moment, en effet, la température de l’air est constamment élevée et la tension électrique exagérée. De semblables conditions sont réalisées presque invariablement sous l’équateur, où l’humidité et l’électricité sont en quelque sorte les dominantes du climat.

Outre l’action climatique proprement dite, il faut noter comme des circonstances aggravantes de la sécrétion sudorale les repas, le sommeil et l’exercice. « Tout ce qui augmente, dit Beaunis, la pression du sang dans les capillaires de la peau augmente la production de la sueur; c’est ainsi qu’agissent la chaleur, qui dilate les ai téiioles et les capillaires de la peau, l’exercice musculaiie, les boissons abondantes qui accroissent la proportion d'eau dans le sang, et enfin toutes les causes qui font hausser la pression sanguine totale (2). « On a signalé enfin l’influence de certaines substances, la nicotine entre autres (3), et l’alcool. Cette notion ne saurait être indifférente à F hygiéniste.

(1) François Frank. Article Sueur du Dictionnaire encyclopédique.

(2) Beaunis. Loc. clt., p. 4(Î2.

(3) F. VlAULT Ct F. JOLYET. Loc. l it., p. 27 1 .

action du climat intertropical

L’abondance des sueurs et la continuité de leur sécrétion entraîne pour 1 Européen sous les tropujues deux ordres de conséquences.

En premier lieu, il faut remarquer que la sueur, à l’état

normal, dans les conditions physiologiques ordinaires, constitue un émonctoire, c’est-à-dire un mode d’évacuation au dehors de certains déchets de l’organisme. Ces principes, comme on le sait, consistent en débris épithéliaux, urée, matières salines organiques, matières extractives ; en acides gras volatils, acétique, formique, caproïque, butyrique, propionique et autres, en état de

combinaison faible avec de la soude et de la potasse ;

en graisses, cholestérine et sels. Parmi ces derniers, nous avons vu que figurait le chlorure de sodium.

Sous les tropiques, les quantités éliminées de ces substances suivent l’augmentation des sueurs. Il en résulte, non pas seulement une dépuration du sang, mais une véritable soustraction de principes organiques et de sels non encore utilisés et dont la perte entraîne l’altération de la composition du sang. On voit, aux pays chauds, des Européens placés dans des conditions de vie qui les protègent contre les maladies endémiques et qui sont cependant débilités, anémiés. C’est en grande partie au rôle épuisant des sueurs profuses qu’ils doivent leur état.

En second lieu, si l’on se reporte au rôle que doit remplir la sueur dans l’équilibration de la température du corps humain, il est facile de voir, contrairement à ce qu’on pourrait supposer tout d’abord, que l’excès de sudation tend, non pas à maintenir la chaleur animale à son taux normal, mais à la pousser au-dessus. J’ai donné de ce fait une explication qui me paraît rationnelle dans mon mémoire sur l’acclimatation (i). J’ai dit que la tension de la vapeur d’eau entre les tropiques et sous

(i) Treille. De l’acclimatation des Européens dans les pays chauds. (Rapport au VI0 Congrès international d’hygiène de Vienne), Paris, 1888, p. 5g.

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