SÉCRÉTION DE LA BILE
somme, cet organe est soumis à l’action directe de l’appareil digestif, et il est peu de troubles de ce dernier qui ne retentissent immédiatement sur lui.
Aussi, abstraction faite des affections cardiaques qui réagissent sur le foie (circonstance entièrement étrangère à l’action climatique) tous les troubles fonctionnels de l’organe dérivent d’une cause digestive. Augmentation de pression intra-lobulaire quand il y a ingestion abondante de liquide et par suite accroissement de la tension dans le système porte ; irritation par la distribution d’un sang porte contenant des toxines puisées dans l’intestin ; d’une manière générale enfin, influence gastro-intestinale, cela ne saurait faire aujourd'hui aucun doute.
Il convient donc de reconnaître que la chaleur atmosphérique ne saurait agir sur le foie que par des intermédiaires, en imprimant à ceux-ci des modifications fonctionnelles capables de retentir sur tous les organes tributaires.
La chaleur, en effet, augmente la sudation ; par là, elle trouble, nous l’avons vu, les sécrétions de l’estomac, et, de proche en proche, celles de l’intestin, qui diminuent de manière à constituer un milieu digestif essentiellement anormal.
De là vient que la constipation est si fréquente aux pays chauds, où elle est comme la résultante d’opérations normales ralenties, et non, comme font prétendu à tort certains auteurs, parmi lesquels Nielly (i), comme 1 effet d’une atonie hépatique par défaut de sécrétion biliaire. C’est la remarque que fait M. le Dr J. Navarre (2), en ajoutant, ce qui est vrai, que la polycholie, indice de suractivité de la glande biliaire, n’est masquée que temporairement par la constipation, et que celle-ci alterne avec des débâcles bilieuses très caractérisées.
(1) Hygiène des Européens.
(2) J. Navarre. Luc. cil., p. 90.
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A CTI O y DU CLIMAT I .Y T E HT 110 V 1 C A L
Il n’y a donc pas d’atonie du foie. H y a tout au contraire de l’activité physiologique en excès dans cet organe, au moins dans le sens de la polycholie. Quant à la production en urée et en glycogène, quant à la destruction des poisons organiques puisés dans les voies digestives, il n’existe à cet égard aucune notion positive. En ce qui concerne l’urée, la diminution observée par Moursou dans les urines peut résulter d’une plus grande élimination de cette substance, comme uréides, soit par l’intestin, soit même par la sueur.
Dans l’état actuel des études de physiologie tropicale, nous ne savons rien autre que la tendance manifeste du foie à sécréter de la bile en excès. Et encore y a-t-il à tenir compte ici des prédispositions individuelles ! Pour tout le reste, disons-le franchement, nous en sommes réduits à des conjectures : aclhuc sub judice lis est.
Il y a cependant une conclusion qui s’impose en hygiène, et qui découle de l’observation traditionnelle, c’est que les pays chauds prédisposent singulièrement aux congestions du foie, à l’hépatite suppurée, et que tout ce qui tend à développer ces états morbides, notamment les écarts de régime, doit être sévèrement prohibé. En résumé, la prophylaxie des troubles hépatiques repose sur l’hygiène des fonctions digestives.