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TROISIÈME PARTIE

CONDITIONS SANITAIRES DES CLIMATS RÉGIONAUX

En outre des conditions générales propres à la zone intertropicale, certaines contrées de cette zone offrent 'des particularités individuelles. Ces particularités individuelles constituent les nombreux climats régionaux.

Les climats régionaux sont naturellement variés, ainsi que la distribution des mers, continents et des îles le lait pressentir. Il serait difficile, dans une étude qui n a pour but que d’établir des principes et de donner une esquisse générale des régions tropicales, d’aborder la description climatique de chaque région en particulier. Le régime local des îles de la Malaisie et de la Polynésie, par exemple, exigerait à lui seul un volume de climatologie, même résumée. Quant aux autres îles de la mer des Indes, de Chine, des AnLilles, il faudrait évidemment en faire une étude très étendue, qui sortirait du cadre de cet ouvrage. Au surplus, autre chose est de fane de la climatologie essentielle, comme Borius 1 a lait pour le Sénégal, comme M. A. Lancaster vient de le faire pour le Congo belge, et autre chose de laii e de 1 hygiène coloniale. La plupart des auteurs qui se sont occupés de cette dernière se sont bornés à une étude globale du climat inter tropical.

Lt, en fait, cette etude suffirait pour donner une idée précise de la nature des tropiques et de ses influences sur l’homme.

Néanmoins, en vue de donner une explication plus

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précise île ces influences, j’ai voulu aborder ici, en notices successives, la description des principaux caractères de quelques climats régionaux choisis comme types. J’estime en effet — sous réserve des distinctions qui servent de préambule à cette description et qui s’appliquent à différencier le climat des côtes, le climat des continents et le climat des îles, — que la plupart, sinon tous les climats régionaux, peuvent rentrer dans la catégorie de ceux qui vont servir de modèles. Sans doute certaines particularités locales peuvent, dans les climats régionaux eux-mêmes, quoique se ressemblant étroitement, introduire certaines modifications climatiques : c’est en ce sens qu’agissent la hauteur des terres, le voisinage de courants marins, le régime des vents, l’existence des forêts, des fleuves, etc.; mais, au demeurant, bien faibles sont les différences ; et ce qui est dit du caractère des uns suffit amplement à caractériser les autres. Ceci surtout au point de vue de l’hygiène, car à partir des tropiques, on peut dire en effet qu’à l’égard de la constitution physique de l’Européen la climatologie est bien près de l’égalité d’action.

Caractères des climats régionaux. — On distingue les climats, d’après la configuration géographique des régions, en trois ordres qui empruntent leurs caractères différentiels à la manière dont s’exerce à leur égard l’influence des océans. Suivant qu’il s’agit d'une île, d’un littoral, d’un continent, les conditions climatériques changent, on le sait, aussi bien dans les pays chauds que dans les contrées froides ou tempérées. Toutefois ces modifications qu’entraînent le voisinage immédiat ou l’éloignement de la mer sont beaucoup plus sensibles et accusées dans la zone intertropicale que partout ailleurs.

Si l’on considère, en effet, les conséquences physiques qui résultent du voisinage de l’atmosphère marine pour

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les climats des latitudes tempérées ou froides des deux hémisphères, on constate qu’elles se manifestent surtout par une élévation de leur température pendant l’hiver. Or, à l’inverse des latitudes extra-tropicales, toute la zone géographiquement délimitée par le Cancer et le Capricorne, subit l’effet du voisinage de la mer dans le sens de la modération de sa thermalité générale et plus spécialement pendant la saison chaude. Comme le soleil se meut d’un tropique à l’autre, et que tous les points de cette immense portion de sphère le voient chaque année passer deux fois à leur zénith, la température de l’air y serait extrême, et probablement intolérable, si des masses considérables de vapeur d’eau n’étaient pas constamment jetées dans l’atmosphère et ne se répandaient pas, poussées par des vents réguliers, au-dessus des continents. Or, on sait que la vapeur d’eau joue dans l’air le rôle de compensateur thermique. Elle absorbe pour se former et se mêler à l’atmosphère énormément de la chaleur propagée par la marche des rayons solaires.

Les nappes liquides sont les réservoirs naturels qui alimentent sa production : mers, fleuves, rivières, lacs et marais. Mais, en outre, la rosée nocturne, si abondante aux pays chauds pendant la saison sèche, constitue une autre source d’évaporation; et ce n’est pas toujours la moindre. Dans ces conditions, le sol des régions tropicales, échauffé par le soleil, cède une notable partie de sa chaleur à l’eau dont il est pénétré. Celle-ci, passant à l’état de vapeur, absorbe à son tour du calorique ambiant, et rafraîchit ainsi l’atmosphère dont elle gagne, en se dilatant, les régions supérieures.

Ce phénomène n’est d’ailleurs pas aussi sensible dans les régions forestières ; car partout où une végétation luxuriante appelle des condensations de vapeur, celle-ci, en se précipitant, a plutôt pour effet de maintenir la température ambiante par dégagement de son propre calorique. C’est ce qui explique la tempéra-

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ture accablante de certaines localités subtropicales. Mais, d’une manière très générale, l’évaporation des nappes d’eau, les pluies suivies d’évaporation du sol, ont pour conséquence d’absorber la chaleur en excès dans l’air et diminuent ainsi la température de l’atmosphère.

Or, la source première de l’humidité des continents tropicaux, ce sont les courants marins. On connaît le

rôle que joue en Europe occidentale le courant du Gulf stream. Aussi n’est-il pas inutile de rappeler en quelques mots l’origine et la marche des principaux courants marins du globe.

Si l’on étudie la direction des eaux dans l’hémisphère sud, on constate qu’elles affluent toutes vers l’est, dans un mouvement circulaire qui concorde avec le mouvement de rotation du globe.

Cette masse en mouvement, venant de l’ouest, rencontre successivement les points avancés des grands continents : Amérique méridionale, Afrique australe, Australie et Nouvelle-Zélande. Entre le cap Horn et la terre de Louis-Philippe, le courant polaire est assez resserré, et à peine a-t-il doublé la Terre de Feu qu’il se détend vers l’E.-N.-E., où il vient se heurter au cap de Bonne-Espérance. Arrivé là, il longe la côte occidentale de la colonie du Cap, le Benguela, auquel il emprunte sa dénomination (courant de Benguela), le Congo, gagne l’équateur au niveau du Gabon, et s’infléchit vers l’ouest. Il marche alors parallèlement à l’équateur, de l’est à l’ouest sous le nom de courant sud-équatorial.

Durant son trajet ascendant du Cap vers l’équateur, le courant polaire s’est naturellement échauffé, mais au détriment de l’atmosphère des côtes, et en répandant sur toute leur étendue une masse considérable de vapeurs aqueuses. Celles-ci, ou bien donnent de la rosée pendant la saison sèche, ou bien renforcent les masses de vapeur venues de l’équateur, et contribuent de la sorte aux pluies abondantes de l’hivernage. Dans l’un et

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1 nuire cas, la météorologie de celte partie de l’Afrique sud-équatoriale, bord occidental, est influencée dans le sens d'une modération de la température atmosphérique.

En continuant sa marche rétrograde vers l’ouest, le courant polaire antarctique devenu courant du Bengucla puis courant sud-équatorial, rencontre la cote orientale de l’Amérique du Sud, à la hauteur de Pernambuco, au Brésil. Il dévie sur cet obstacle, fléchit en masse au Sud-Ouest, et longe toute la côté du Brésil. Il poursuit sa route descendante jusqu’à la latitude du Rio de Ja Pla ta, et là, repoussé par une branche froide du courant d’origine polaire qui monte le long de la Patagonie, il se dirige brusquement vers l’est pour rejoindre son point de départ au cap de Bonne-Espérance. En somme, il existe au sud de l’équateur, entre l’Amérique et 1 A fi iq ue, un courant parti des régions polaires, de direction circulaire, tour à tour froid et chaud. Ce courant, d'abord froid, rafraîchit les cotes d’Afrique par absorption de la chaleur atmosphérique autant (pie par expansion de sa vapeur d’eau, depuis Je Cap jusqu’au Gabon. Devenu courant équatorial et réchauffé pendant son ascension en latitude par la longue action du soleil, il redescend le long de l’Amérique méridionale n’offrant plus l’écart de température qui existait, à latitude égale, pendant sa marche ascendante, entre les eaux et l’atmosphère côtière d'Afrique. Il en résulte que la côte du Brésil a une température moyenne supérieure à celle qui lui fait lace à 1 autre bord de l’océan, mais surtout que les écarts moyens annuels sont beaucoup moins accusés en Amérique qu’en Afrique pour une même latitude (Pernambuco, Brésil, + 27° à -f 24°= Loanda (Afrique) + 2 5° à -f- 190).

Dans l’océan Indien, entre l’Afrique et l’Australie, le courant polaire obéit aux mêmes lois de distribution. Après avoir fourni à la côte occidentale du cap de Bonne-Espérance la branche montante froide qui prend

Hygiène coloniale. r

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le nom de courant du Benguela, il continue, sans remonter le long de la côte orientale, sa marche vers l’est dans la direction de I Australie. Arrivé a la rencontre de ce continent, le courant polaire détache une branche vers le Nord.

Celte branche (courant de l’Australie occidentale) agit connue son homologue du Benguela. El le rafraîchit la côte par différence en absorbant pour s’échauffer, de la chaleur atmosphérique; elle donne lieu en outre à des productions considérables de vapeurs qui se répandent sur le continent, et les eaux marines, en se transformant en cet état, absorbent encore une quantité sensible de chaleur; d’où refroidissement relatif de cette partie de l’Australie.

Parvenu au-dessus du tropique, le courant occidental d’Australie devient équatorial, marche vers l’ouest et vient baigner de ses eaux chaudes Madagascar et la côte du Mozambique. Cette distribution du courant équatorial le long des côtes orientales de l’Afrique rend compte de la différence des excès que présentent les écarts moyens annuels de la température observée dans cette région par rapport aux localités de même latitude de la côte occidentale (côte orientale de Zanzibar de 28° à +a5° ; côte occidentale Loanda de -j- a5° à

Aussitôt après avoir atteint la longitude de Melbourne le courant polaire fournit une branche secondaire aux côtes de la Nouvelle-Zélande et continue sans interruption sa marche vers le cap Ilorn. En ce point il détache une branche très importante qui longe la côte occidentale de l’Amérique méridionale, suit le littoral du Chili et du Pérou (courant de Humbold) et, arrivé à l’équateur, subit la loi commune d’inflexion vers l’Ouest. C’est alors le grand courant équatorial du Pacifique qui enveloppe de ses branches multiples les îles de la Polynésie, détache un courant secondaire d’eau chaude sur la côte orientale d’Australie et, poursui-

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vant sa marche vers l’Ouest, vient se perdre en s’incurvant vers le Nord-Est, le long des côtes des Philippines, de Formose et du Japon (courant de Kouro-Schivo). Pelle est, résumée à grands traits, la description des courants principaux de l’hémisphère sud. On sait que la masse principale des terres coloniales des pays chauds se trouve soumise aux influences de ces courants. Ce sont donc ces courants dont l’hygiéniste tropical a seulement à se préoccuper.

Une remarque générale s’impose, qui résume les observations présentées dans le cours de l’énumération des courants polaires et équatoriaux qui vient d’être tfaite; c’est que, tandis que des courants ascendants et 'froids (polaires) longent les côtes occidentales de l’Amérique du Sud, de l’Afrique et de l’Australie, ce sont, au contraire, des courants descendants et chauds (équatoriaux; qui longent les côtes orientales de ces continents.

On compiend des lors très aisément les différences climatériques qui découlent de cet état de choses. En Amérique, les côtes du Chili, du Pérou, de l’Équateur et de la Colombie sont moins chaudes que celles de la Plata, de 1 Uruguay, du Brésil, des Guyanes et du -Vénézuela. En Afrique, le littoral du Damara-land, du Benguela, du Congo, du Cameroun et des Guinées jouit d un climat relativement plus frais que celui du Mozambique, de Zanzibar et de Somali.

Ces variations de température, qui constituent en réalité un avantage au profit de toutes les côtes occilentales, ne sont pas les seules conséquences des collants marins. Une particularité des courants froids scendants du pôle vers l’équateur est de jeter sur les ôtes de certaines contrées des brumes épaisses que i engendrent pas les courants équatoriaux. Ces brumes ont surtout sensibles le long des côtes occidentales Amérique, où le courant de Humboldt est très puisant. Principalement le nord du Chili, la côte du Pérou

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loul entière, sont exposés à des brouillards épais qui rouvrent d'un voile parfois impénétrable la ligne des cotes et ne permet alors de les reconnaître que lorsque la brise est assez forte pour les chasser dans l’intérieur des terres. Ces brouillards rafraîchissent beaucoup l’atmosphère, et, en certaines localités, an Callao par exemple, tiennent lien de pluies ; « le matin et le soir, une brume épaisse (aguacero) plane presque toute l’année sur la rade et sur l’ile de San Lorenzo, et dérobe aux regards les terres noyées du Nord-Est. Le soleil a peine à percer celte brume qu’on voit persister quelquefois pendant l’hiver jusqu’à onze heures du matin ; les brises régulières du sud contribuent puissamment à dégager l’atmosphère de Callao, en chassant le brouillard vers les montagnes qui environnent Lima au nord. Pendant l’été, les brumes sont moins épaisses, bien que fréquentes et se dissipent plus facilement, les vents du sud se levant de meilleure heure. Il pleut bien rarement au Callao ; la brume y remplace la pluie (i). » La concordance de ces éléments météorologiques , courant de Humboldt et brises régulières, donne au Callao et à toute cette partie de la cote du Pérou, une température douce et agréable, avec des écarts mensuels peu accusés. Dès qu’on pénètre dans l’intérieur des terres, la température s’accroît, et les écarts s’accentuent (rayonnement, altitude). On observe également des brouillards intenses, de même origine, c’està-dire produits par l’ascension vers l’équateur du courant polaire, vers le golfe de Guinée, et en particulier vers la boucle du Niger, le Dahomey . Ces brumes produites par la vaporisation de la surface océanique de température inférieure à celle de l'air, sont refoulées et maintenues sur les côtes par l’influence contraire des brises de terre et de mer. La meme chose

(1) Contribution à la géographie médicale. Arch. de mcd. navale, t. 11. p. 18G.

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se passe à Panama (i). Partout ailleurs, sauf des exceptions locales peu nombreuses, les courants marins sont avant tout des causes de pluies; et la régularité de ces météores, liée, comme on le sait, à la marche du soleil, donne une physionomie caractéristique à chacun des climats tropicaux.

Ainsi que l’a fait remarquer M. le professeur Layet, de Bordeaux, dans ses études d’hygiène intertropicale publiée en 1877, dans les Archives de médecine navale , « relativement à leur étendue, les terres ont une influence assez grande sur la météorologie intertropicale pour justifier, ici plus que partout ailleurs peut-être, la distinction des climats en climats continentaux et climats insulaires ».

En effet, la répartition des pluies est très inégale sur la profondeur des continents. Le relief du sol, les hautes altitudes, les déserts, l’éloignement des océans, la direction des vents, autant de causes qui modifient cette distribution. Et ce n’est pas une des choses les moins curieuses de la nature que malgré la régularité astronomique de la marche du soleil sur l’écliptique suivie d’un déplacement non moins régulier de la masse des vapeurs équatoriales, et malgré la constance des alizés et des courants marins, le régime des pluies soit aussi inégal dans des contrées situées sous la même latitude. Ce n'est pas que l’on doive considérer la chute des pluies comme diminuant d’intensité, comme perdant aussi de sa régularité saisonnière, à mesure que les vapeurs orageuses venues de la mer progressent de la mer vers l’intérieur des terres. Au moins comme règle générale, cette conception serait radicalement erronée. Mais ce qui est vrai, c’est qu’à l’humidité excessive de la zone littorale ne correspond pas toujours une égale hygrométrie des régions centrales. Cette différence est

(1) Dr Nicolas. L'hygiène clans l'isthme de Panama. Bulletin de l'Acad. de med.y ?.5 mai 1887.

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sous la dépendance d'un certain nombre de causes, notamment de la configuration des côtes, la force du vent, la latitude.

Nous avons vu qu’une partie du littoral occidental de l’Amérique du Sud est exposée à de longues périodes dé sécheresse, et (pie certaines localités de cette zone, au Pérou par exemple, ne reçoivent quelquefois pas d’eau. Le meme phénomène s’observe dans le désert du Sahara, jusqu’aux extrêmes limites du Soudan. Ce n’est pas que les pluies y soient inconnues, contrairement à une opinion trop communément accréditée; mais elles y sont plutôt rares, certaines années même milles, et ce n’est qu’en se rapprochant des régions du Sénégal, du Niger et du Tchad, qu’elles tendent à se régulariser et à constituer une saison. Dans tous les cas il est constant que les terres situées sur la rive droite du Sénégal, et sur la rive gauche du Niger, c’est-à-dire celles qui appartiennent par4eur aridité sablonneuse à la région propre du Sahara, reçoivent beaucoup moins d’eau que le bas Sénégal, et incomparablement moins que la Sénégambie (i) . De même en Australie, les vastes régions de l’intérieur sont inégalement accessibles aux vents pluvieux du Pacifique et de la mer des Indes. Les moussons et les alizés épuisent en quelque sorte l’humidité dont ils sont chargés sur les montagnes et les collines des contrées maritimes; l’intérieur du continent reçoit peu de pluie et le désert de Victoria, en particulier est voué à l'aridité et à la sécheresse. Dans la Nouvelle-Galles du Sud, les pluies sont torrentielles pendant l’hivernage, mais elles sont plus locales que générales. A quelques milles de la côte elles sont à peine sensibles, alors que le littoral est couvert d’orages (2). En Afrique australe et

(1) Consulter u-Bartii. Travels and discorveries in Sortit et Central africa. 1849-1855; b. Borius. Climat du Sénégal; c. Roiiuf. Voyages et missions au Sahara et en Abyssinie.

(2) Bourse. Australie. Arch. de méd. navale, t. XXIV, p. 24.

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équatoriale la même inégalité s’observe dans la distribution des pluies. Les cotes y sont exposées directement, la saison humide y est longue et très accusée ; l’intérieur reçoit surtout des orages, entrecoupés de périodes de sécheresse beaucoup plus prononcées que sur le littoral.

Dans toute la zone intertropicale, il existe donc des différences marquées entre les régions côtières et les pays de l’intérieur. Sauf certaines particularités climatériques dues essentiellement à la configuration locale, toutes les terres riveraines des océans sont humides, l’atmosphère contient une quantité élevée de vapeur d’eau, et la température y offre des écarts moindres que dans l’intérieur. Ceux-ci sont naturellement d’autant plus accusés que l’altitude des localités est plus prononcée. Ici le phénomène se justifie aux pays chauds par les mêmes règles physiques que dans les latitudes tempérées. Toutefois, au lieu que les écarts de température qui résultent de l’élévation nuisent à l’acclimatation, ils la favorisent au contraire et donnent au climat des localités de montagnes ou de hauts plateaux un caractère de tolérance atmosphérique essentiellement profitable à la colonisation européenne.

Si les régions du littoral sous les tropiques se distinguent, par une plus grande égalité dans la température, des régions d’altitude de l’intérieur où le rayonnement nocturne, joint à une diminution considérable de la vapeur d’eau atmosphérique, amène non seulement un abaissement de la moyenne générale, mais encore des écarts plus sensibles entre les maxima etles minima, les régions insulaires ont pour caractère de résumer sur des espaces incomparablement moindres que ceux des continents les avantages des côtes et des altitudes continentales.

Si, en effet, la température des îles situées entre les tropiques, soit dans l’Atlantique, soit dans le Pacifique, soit dans la mer des Indes, est généralement élevée,

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elle esl cependant quelque peu inférieure à la moyenne des températures côtières des continents. Elle offre, il est vrai, une plus grande constance, de faibles écarts, a à 6° nycthéméraux, io à 120 annuels en moyenne; mais celte constance est mitigée par la brise de mer qui les bal incessamment dans un sens ou dans l’autre.

De plus, la constitution presque uniformément volcanique des îles o lire partout des reliefs montagneux dont quelques-uns sont d’une ampleur remarquable — Antilles, Tahiti, Réunion, Madagascar — et on a à peine quelques kilomètres à faire pour atteindre des altitudes qui compensent aussitôt les conditions de température habituelles aux régions tropicales.

Les îles sont, à vrai dire, au point de vue de l’acclimatation de la race européenne, les terres naturellement désignées par leurs propriétés climatiques. Si la puissance occupante savait toujours tirer parti des heureuses dispositions orographiques de colonies insulaires, si la colonisation était scientifiquement dirigée, et qu’aucun centre ne fut créé au rebours du bon sens, qu’il y eût une bonne voirie, une bonne amenée d’eau potable, des espaces largement ouverts à la ventilation naturelle, de sages règlements d’administration publique qui ne permissent pas la souillure du sol et la pollution du littoral, l’encombrement ou la malpropreté des maisons, je ne vois pas quel obstacle naturel s’opposerait au développement et à la prospérité des établissements.

Malheureusement ce n'est pas toujours le tableau qu’ils présentent. Sans trop s’étonner de la mauvaise hygiène observée dans certaines localités européennes des Antilles et de l’Amérique du Sud, où l’unique cause d’insalubrité réside dans le mauvais état du sol urbain, dans la malpropreté des cours et des rues, dans l'entassement inconsidéré des maisons sur un petit espace, dans des ports souillés par des égouts, cl souvent, trop souvent, dans la stercoralisation traditionnelle des péri-

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