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mètres, — toutes circonstances (|u’expliquent l’ignorance et l’incurie des fondateurs, ainsi que la lâche aujourd’hui conteuse d’y remédier, — on ne peut que déplorer (pie les nouveaux établissements tendent à consacrer les mêmes erreurs. On s’installe au plus près, aux embouchures de rivières, au fond de quelque crique où l’eau stagne, sur des alluvions de formations récentes cl en pleine fermentation, sans trop se préoccuper des marécages voisins, ni des vents régnants, ni des ressources en eau potable. La colonie fondée, on s’aperçoit que tout manque à la fois, égouts, eau potable, demeures confortables.
Cependant le peuplement se fait ; le courant d’affaires nouvelles amène des négociants, des colons, des fonctionnaires. La localité grandit, l’encombrement se fait ; le paludisme, le typhisme, aidés d’un régime le plus souvent défectueux et dépourvu de toute hygiène, créent des endémies, et voilà pour longtemps une colonie insalubre.
A vrai dire, c’est là le procès aussi bien des colonies continentales et côtières, que de celles des possessions insulaires. Mais la critique de ces dernières se justifie toujours par la faculté qu’on eût eu, dès le principe, de s’établir sur une des hauteurs qui ne font jamais défaut dans une île, au voisinage même des ports ou rades.
Quoi qu il en soit, à égalité d’inconvénients inhérents à la nature des lieux ou même des fautes d’organisation commises, le climat insulaire intertropical est de beaucoup supérieur aux climats du littoral et surtout de l’intérieur des continents.
Plus influencé encore que les côtes continentales par le régime des vents, puisque ceux-ci, avec leurs propriétés d’asepsie et de tonicité investissent et balaient les îles de tous les côtés, le climat insulaire se distingue à la fois par une température moyenne inférieure et des différences extrêmes moins tranchées, par une véritable constance dans l’uniformité de la thermométrie
7 \ CONDITIONS SANITAIRES DES CLIMATS RÉGIONAUX
moyenne annuelle, par un renouvellement incessant <le l'atmosphère et, enfin, par des saisons moins accusées.
Pour résumer en une impression graphique les différences lhermométriques qui caractérisent les trois ordres de climats insulaire, littoral, continental, voici, traduites en courbes et comparées entre elles sur un
même tableau les moyennes des extrêmes de trois localités correspondant chacune à un climat type : climat insulaire, Guadeloupe; climat littoral, Saint-Louis du Sénégal; climat continental en plaine, Dagana (Sénégal, intérieur) (i).
On voit que la courbe de la Guadeloupe (climat insulaire), est fortement tendue, avec de très faibles oscillations mensuelles. Au contraire la courbe de Saint- Louis (climat de littoral) est brisée, avec des écarts très accentués, mais moins toutefois que celle de Dagana
(i) Moyennes de la Guadeloupe empruntées à Dutroulàu, Loc. rit. Moyennes de Saint-Louis et de Dagana données par Bornes. Loc. cit.
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(climat continental). Or ces trois localités sont situées (à peu près sous la meme latitude.
La température, il est vrai, est influencée par des circonstances géographiques un peu spéciales à Saint- Louis et à Dagana, comme du reste dans la presque généralité du Sénégal et du Soudan. En raison de l’aridité du sol et de la sécheresse des vents d’Est, (die offre des écarts considérables entre les rninima et les maxima de l’année. Mais c’est là le propre du climat continental d’offrir plus de sécheresse par évaporation, plus de calorification directe par absence d'écran humide, plus de radiation calorique vers les espaces célestes dès l’arrivée de la nuit. C’est en quoi diffèrent fondamentalement les climats insulaires, remarquables par l’uniformité et la modération des moyennes, conditions qu’ils doivent exclusivement à l’humidité des vents océaniques, à l’enveloppement de vapeurs aqueuses qui les couvre. Et ces caractères différentiels s’accusent encore davantage si l’on considère respectivement les vastes plateaux du centre africain, par exemple, et les îles semées dans le canal de Mozambique, Mayotte, Nossi-Bé, Anjouan, etc.