‹ Principes d'hygiène colonialeChapitre 31 sur 73 · COCU INC III NE · texte numérisé non relu

COCU INC III NE

bâtie, même luxueuse dans scs installations publiques et privées, ayant un drainage du sol bien entendu, possédant des quais bâtis sur l’emplacement des anciennes berges vaseuses, dotée de vastes rues plantées et ombreuses, tel est le Saigon actuel.

Partout des routes ont été construites, les arroyaux entretenus, les rizières mises en cultures, les jetées réparées et l’écoulement des eaux autrefois stagnantes assuré dans tout le périmètre des principaux centres de la colonie. En même temps le bien-être matériel a été en quelque sorte créé par l’élève du bétail et le développement de la culture maraîchère, ainsi que par l’introduction du confortable dans toutes les demeures. Aussi la morbidité générale est-elle aujourd’hui incomparablement inférieure à ce qu’elle était il y a vingtcinq ans, et pour ceux qui observent une hygiène personnelle et ne se livrent pas aux écarts de régime qui sont le danger de tous les pays chauds, on peut dire que le risque de maladie n’est pas de beaucoup supérieur à celle qu’ils courraient en Europe.

Au reste il convient d’observer que les affections communes de nos pays tempérés, les bronchites, les pneumonies, les pleurésies, sont rares en Cochinchine, et que les seules affections endémiques à redouter, celles des organes abdominaux, — diarrhée, dysenterie, hépatite — sont plutôt dues aux imprudences individuelles, à des causes d’infections évitables qu’a des influences météorologiques.

A cet égard, il reste un desideratum important à combler en Cochinchine, celui de l’eau potable. Certes, on a encore réalisé de ce chef, notamment à Saigon, d’importants progrès.

La recherche d’eaux potables qui peut aboutir, semble-t-il, en descendant au delà de certaines couches de sable superficielles, jusqu’à la rencontre des sables compacts et des argiles dures qui forment le fond solide de la plupart des localités de Basse-Cochinchine,

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doivent être mulipliées, en vue de d de bonnes eaux I alimentation publique. Celles qui sont utilisées dans la plupart des localités proviennent soit des cours d’eau, soit des puits, soit des citernes qui recueillent l’eau de pluie.

M. Lapeyrèrc, pharmacien principal de la Marine qui a publié dans les Archives de médecine navale un travail très important sur l’hydrologie des postes militaires de la Cochinchine a signalé comme caractéristiques fondamentales de ces eaux leur pauvreté en acide carbonique libre, en air et en sels calcaires.

Il a en outre établi qu’elles contiennent toutes des matières organiques, et qu’elles se décomposent avec rapidité.

On sait que les Annamites clarifient et purifient les eaux de puits et de rivières en les alunant, c’est-à-dire en y agitant un petit morceau d’alun à l’aide d’un morceau de bois. C’est à ce procédé que M. Lapeyrère a proposé de recourir à raison de 200 grammes d'alun pour 1 5oo litres d’eau à clarifier, en l’associant au décantage et au filtrage sur amiante (1).

D’autres hygiénistes ont proposé l’ébullition, et il convient de dire que ce procédé offre toute la sûreté désirable, puisqu’il est le seul qui puisse, au point devue microbien, produire la stérilisation de l’eau. Depuis, d’autres méthodes de stérilisation par la vapeur, produisant les mêmes effets que l’ébullition, ont été inventées et mises en pratique, qui relèguent au second plan tous les autres procédés. La question de l’eau potable n’en demeure pas moins pour l'alimentation publique en Cochinchine ainsi qu’au Tonkin un problème non résolu, et de la plus haute importance (2).

(1) Lapeyrère. Arch. de méd. navale, 1879, t. XXXII.

(2) MM. Bréaudat et Turié, pharmaciens des colonies, viennent de publier dans les Annales d'hygiène et de médecine coloniale, mars 1899, des analyses bactériologiques d’eaux de puits à Hanoi qui ont révélé dans ces eaux servant à l’alimentation publique la présence du staphylocoque pjogène et

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