‹ Principes d'hygiène colonialeChapitre 35 sur 73 · S O LD A N · texte numérisé non relu

S O LD A N

cause puissante de maladies endémo-épidémiques <} Car alors la pollution de toutes les eaux stagnantes est considérable. Tous les médecins qui ont observé et écrit sur le Soudan ont insisté sur ce fait que les villages d’indiQ'ènes évacuent leurs ordures sur le territoire d’alentour et plus spécialement dans les ravines au bord des marigots, sur les berges des fleuves et de leurs affluents.

Déjà Loupy, en 1809, dans sa thèse de Paris, décrivant l'hygiène d’une colonne opérant dans la Falémé, déplorait que les cantonnements eussent toujours lieu sur l'emplacement des villages conquis. Il montrait qu’aussitôt que les Européens prenaient la place précédemment occupée par les noirs, couchant dans leurs cases ou stationnant dans leur périmètre immédiat, des fièvres graves à allure typhoïde se manifestaient dans leurs rangs. L’histoire des opérations de guerre au Soudan n'est qu'une longue suite d’erreurs de ce genre. Partout, en effet, où se trouvent des agglomérations de noirs, le sol est profondément stereoralisé par suite de l’habitude traditionnelle qu’ont les indigènes de ne pas s’écarter de leurs cases et de jeter toutes les immondices dans de petites fosses contiguës. On conçoit qu’advenant la saison des pluies et les inondations qui en sont la suite, les terrains détrempés deviennent fébrigènes et donnent naissance à des maladies infectieuses pour les Européens.

Au point de vue de la température, le Soudan est un pays torride, infiniment plus intolérable que les régions équatoriales durant la saison des pluies.

Pendant la saison sèche, de novembre à mai, la température du matin, prise à 6 heures, est, à la vérité, assez basse : elle descend parfois à et par exception à i2°; mais dans la journée, vers 2 heures, elle monte à 33, 34, 35, 36° pour, à huit heures du soir, redescendre à 18, 19° au plus bas.

Voici, pour quelques postes du Soudan, un tableau

co.xd/tio.xs sA.xrr.nn/:s des climats région acx

do température donné par le J)‘ Lafibnt {Ave h. de méd. navale, travail cité) :

THEKMOMlVriU:

Oh. m.

8 li. 5 s.

novembre .

Kayes. . .

Ier

décembre .

Bafoulabé .

janvier . .

Ivita. . . .

Niagassola .

Signiri. . .

icr

février . .

Niger . . .

mars. . .

avril . . .

Niagassola

Ivita. . . .

Bafoulabé .

Pendant la saison des pluies la température ne présente plus d’écarts considérables ; elle tend à s'uniformiser dans une moyenne élevée. Le thermomètre accuse en juin, 27 à 28° à 6 heures du matin, 4o, 42> 44 à 2 heures de l’après-midi, de 29 à 32° le soir, suivant lés circonstances et les localités. On traverse alors des périodes de chaleur étouffante qui donnent à l’Européen des nuits sans sommeil, où l’agitation et l’énervement alternent avec de lourdes et fatigantes somnolences. Une pareille thermométrie, jointe à la tension électrique qui est surtout des plus pénibles au moment des tornades et combinée avec l’élévation extrême de la tension de la vapeur d’eau atmosphérique, prédispose à la débilitation générale de l’organisme. L’appétit se perd, les digestions deviennent languissantes, difficiles', et

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