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d’ Ambre. A noter que les écarts nycthéméraux sont de beaucoup plus importants, comme c’est la règle dans les pays de montagnes. En somme on retrouve à Madagascar, aussi bien au Nord qu au Sud , partout où 1 on s’élève à plusieurs centaines de mètres au-dessus de la nier, toutes les conditions de température et d’humidité qui sont liées à la cote d’altitude et à l existence de bois abondants, et qu’on observe plus spécialement dans les Antilles, par exemple. A côté d’une certaine uniformité dans l’élévation de la température des plaines du littoral, constituée et maintenue par l’enveloppement maritime — fait spécial au climat des îles — on note des variations en baisse sur les hauts plateaux, absolument comme dans l’intérieur des continents; la seule différence à signaler et imputable encore ici à 1 influence de l’atmosphère maritime, c’est l’extrême humidité des hauteurs. Dans l’intérieur des continents, à latitude et
altitude égales, cette humidité est absorbée par l’air des plaines, air asséché par le rayonnement. Dans les îles, au contraire, comme on le sait déjà, les courants atmosphériques maritimes jettent sur les montagnes des localités insulaires d’énormes masses de vapeurs qui s’accumulent d'autant plus sur les hauts plateaux qu’elles sont retenues et comme condensées par l’épaisse végétation des forêts.
Aussi observe-t-on fréquemment sur ces hauteurs des maladies dues au refroidissement humide des nuits, telles que des angines, des bronchites, des pneumonies, des dysenteries, et ce n’est que par une disposition hygiénique de l’habitation, combinée avec déboisement rationnel des lieux voisins qu’on peut obvier à ce sérieux inconvénient.
A Madagascar comme dans tout autre climat d’altitude intertropicale, il est indispensable d’y remédier si l’on veut tirer de l’établissement des Européens sur les hauteurs toutes les conséquences favorables qu’il comporte en principe pour l’acclimatement.
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Eu résumé, le climat de Madagascar, envisagé dans les parties centrales et élevées de cette île, offre des conditions plutôt avantageuses pour l’avenir de la colonisation européenne. C’est, au moins sur les hauts plateaux, une terre de peuplement possible. Elle est certainement comparable à une notable partie de la colonie anglo-hollandaise du Cap; elle possède, d’autre part, d'étroites analogies avec les deux îles voisines de Maurice et de la Réunion. Nul doute qu’avec des moyens de communication entre les postes de la côte et le plateau central, permettant aux immigrants de ne pas stationner trop longtemps sur un littoral insalubre et les mettant à même de se transporter rapidement dans la zone colonisable, Madagascar ne soit appelé à un avenir qui datera dans les périodes heureuses de la colonisation européenne.
Dans le voisinage de Madagascar et considérées géographiquement comme politiquement dans ses dépendances, il existe un certain nombre d’iles qui depuis longtemps déjà sont le siège d’établissements coloniaux. C’est, d’une part, au N. -O. et à l’entrée du canal de Mozambique, le groupe des Comores qui comprend la grande Comore, Mohéli, Anjouan et Mayotte, puis à l’entrée de la baie de Passadama et proche de la côte de Madagascar Pile de Nossi-Bé ; d’autre part, sur la côte orientale, au Sud de la baie d’Anlongil, l'ile de Sainte- Marie de Madagascar. Ces îles participent des conditions climatériques générales de la grande terre. Néanmoins , comme il existe un courant d’affaires que l’exploitation de Madagascar ne peut pas faire disparaître entièrement, il est utile d’en dire quelques mots et d’en apprécier, d’ailleurs très brièvement, les caractères hygiéniques.
L’ile Sainte-Marie est constituée par une bande de terre très étroite, courant parallèlement à la côte de Madagascar et dirigée du S. -S. -O. au N.-N.-E. Un bras de mer de 7 milles environ la sépare de la grande terre.
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Elle est longue de 48 à 5o kilomètres et en atteint 5 clans- sa plus grande largeur. Le littoral qui regarde l'Océan indien est couvert de récifs formés- par une ceinture ininterrompue de polypiers. Cette ceinture contourne l'ile, mais s’échancre sur la côte occidentale, dans le chenal qui le sépare de la cote de Madagascar, pour former une baie où les navires- trouvent un excellent mouillage. Cette disposition des lieux influera sans doute dans l’avenir sur les destinées de Sainte-Marie qui parait devoir conserver une certaine importance comme port.
Au point de vue de la climatologue, cette petite lie passe pour insalubre. Pourtant les épidémies y sont rares ; on note que le choléra qui a sé\i a Maur ice et à la Réunion l'a toujours épargnée, mais le paludisme y règne, entretenu par des marécages qui entourent le principal centre de l’ile, et qu’on na rien lait pom assainir.
La température moyenne annuelle est de a5u,5. Les écarts annuels les plus élevés ne dépasse ni pas 1 1 , les mensuels 90, et les diurnes 8°. O11 peut donc considérer que Sainte-Marie jouit d une température assez égale, et qu’elle résume sous ce rapport les propriétés habituelles aux climats insulaires. D ailleurs, sous le rapport des saisons, l’analogie est encore plus étroite, rnalgré l extrème rapprochement de la grande tene. La saison sèche, qui est tranchée a Madagascar, 1 est beaucoup moins à Sainte-Marie; elle compte des jouis de pluie assez nombreux pendant les mois de septembre, octobre et novembre. Au reste, le régime des pluies, tout à fait insulaire, y est très abondant. Borius donne comme moyenne i56 jours de pluie par année durant une observation de cinq années, avec une moyenne de hauteur d’eau tombée = 2,n,646. Il en résulte donc que Sainte-Marie, comme les îles en général, est à la lois caractérisée par des pluies abondantes, parfois excessives, et par une température a peu près constante et
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uniforme. En somme, le climat de celle petite i le n’est ni meilleur ni pire que nombre de climats insulaires de la région intertropicale, el ne s’en distingue par aucun caractère particulier.
Sur la cote occidentale de Madagascar, à l’opposé de Sainte-Marie et sensiblement plus au nord qu’elle, se trouve bile de Nossi-Bé. C’est une petiLe Lerre de
22 kilomètres de long sur 16 de large dont la superficie totale n’atteint pas 3oooo hectares. Son importance, qui n’a d’ailleurs jamais été considérable et qui résultait uniquement de l’établissement que nous y entretenions, disparaît presque entièrement devant le fait de la prise de possession de la grande terre. Cependant Nossi-Bé est cultivée, elle possède des exploitations agricoles assez prospères, et les intérêts économiques qui s’y attachent justifient la mention qui doit en être faite. Sa climatologie, tout à fait incertaine, malgré l’extrême proximité de la cote de Madagascar, se caractérise par une température annuelle moyenne de 26°, 3. Le thermomètre donne en mai, juin, juillet et août, une moyenne de 24°, 5, et en décembre, janvier et février 28°, 1, avec des ascensions accidentelles et diurnes dans la saison sèche, jusqu’à 3o° (Léon). Les matinées et les soirées sont fraîches, les nuits reposantes durant la saison sèche, lourdes au contraire et pénibles à supporter pendant la saison des pluies, en raison de l’extrême humidité qui se combine alors à une température oscillant à peine entre 32° et 270, 5. « Le trait dominant de la thermométrie à Nossi-Bé, a dit M. le professeur Léon, c’est la petite amplitude des oscillations nycthémérales et même saisonnières et annuelles; la différence diurne dépasse rarement 6°, et l’écart maximum annuel n’a été que de i2°,3, le minimum s’étant produit le
23 juillet à 5 heures du matin, avec i9°,5 et le maximum le 8 janvier avec 3i°,8. Cette constance dans la hauteur thermométrique donne un cachet bien spécial au climat de cette région ; on ne la retrouve pas sur les grands conti-
nents ; elle est au contraire assez fréquente sur les terres insulaires, et elle constitue la règle a la surface des océans. Elle restreint singulièrement le cadre nosologique des régions où elle domine, et si elle favorise l’éclosion et la diffusion des miasmes paludéens, elle rend, sinon inconnues, au moins très rares toutes les affections dues aux variations brusques et considérables de la température, si fréquentes dans nos possessions continentales d’Afrique et d’Asie (i). »
Telles sont les conditions climatériques de Nossi-Bé. Rapprochées de celles de Sainte-Marie de Madagascar et de Diego-Suarez , elles donnent assez exactement la formule sanitaire de tout le littoral de la grande île africaine. En résumé, l’élévation de la température, la forte humidité de la saison chaude, l’existence de marécages jusqu’ici abandonnés à leur état naturel, caractérisent le climat du littoral dont ces petites îles dépendent. Ce n’est qu’en s’élevant à l’intérieur de Madagascar, vers les vastes plateaux qui dominent File et en occupent une part considérable — assez considérable d’ailleurs pour satisfaire aux plus légitimes besoins de la colonisation européenne — qu’on rencontre enfin les conditions générales que réclament les exigences de l’ acclimatement.
Quant au groupe des Comores, situé en plein canal de Mozambique, le climat des îles qui le composent est uniformément caractérisé par l’élévation de la température. Celle-ci, pendant la saison sèche, qui va de mai à octobre, a pour moyenne 270 environ ; pendant la saison des pluies, de novembre à mai 3o°. Les écarts, dans l’une et l’autre saison, sonL relativement faibles, et ne dépassent pas 8 à 90. Les vents y sont réguliers, les ouragans tout à fait rares et exceptionnels. Le baromètre y accuse une fixité remarquable, aux environs de
(1) Dr A. Léon, médecin en chef de la marine en retraite ; extrait du Bulletin de la Société de Géographie commerciale de Bordeaux, 1894.
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760 millimètres-. La salubrité de ces îles a été tour à tour très décriée cl exagérément vantée. En lait, sauf la variole qui y est assez souvent importée de la cote ferme de Mozambique par les Loutres arabes caboteurs, 011 n’y observe pas d’épidémie. Mais à Mayotte, comme dans les autres îles du groupe, comme dans toutes les contrées insulaires ou continentales de la zone intertropicale, le, paludisme y exerce ses ravages. Mais là aussi comme ailleurs 011 y englobe et confond fréquemment des lièvres qui lui sont étrangères, comme la fièvre typhoïde et les embarras gastriques. Au surplus il existe a Mayotte, Mohéli et à la grande Comore, de nombreuses localités exemptes de marais et où le paludisme essentiel est rare. Et là où les terres sont livrées a une culture méthodique, la salubrité est aussi bonne qu’elle peut l’être dans des régions tropicales assainies et oïi l’on 11e compte plus que le climat météorologique comme adversaire.