‹ Principes d'hygiène colonialeChapitre 47 sur 73 · QUATRIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

QUATRIÈME PARTIE

Habitation. — L’habitation de l’Européen doit réaliser beaucoup de confortable. Les misérables masures en paillotte, en pisé, ou en coffrage de bois monté suidés de pierre que l’on trouve en trop grand nombre encore dans les colonies, sont la honte de la colonisation. Elles en sont aussi le danger. Elles constituent en ellet des foyers de fièvre, d’anémie pernicieuse, et c’est dans ces barraques que les maladies infectieuses, fièvre jaune, fièvres bilieuses, hépatites, diarrhée, dysenterie, exercent leurs plus cruels ravages. Il n’est pas de période épidémique où l’on n’ait été obligé d’en détruire. G est ce qu'on fut obligé de faire notamment au Soudan, pendant le cours des années de lièvre jaune, en 1879-1882, et en 1892; et l’on ne peut que regretter que des considérations économiques aient empêché d'en brider davantage.

Quiconque a visité les établissements des Européens sous les tropiques n’a pu qu’être péniblement impressionné par la pauvreté des installations prises dans leur ensemble. On sent qu’il a manqué quelque chose a leur création, soit la foi dans la durabilité de l'occupation, soit les moyens financiers d’exécution. Ce n est que tardivement, à mesure des progrès accomplis malgré tout, que certaines colonies en sont arrivées a une amélioration assez sensible. 1 els la Cochinchine et le Tonkin. Au début, comme le -disait déjà, en 1864, le

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I)1' Richaud, médecin en chef à Saigon, on commit la faute de construire à faux frais les logements européens, paillolles sur bâtis de bambou, à l'imitation trop servile des indigènes. Ces cabanes, érigées sur un sol marécageux, non préalablement drainé, furent des nids d’infection. Et les médecins de bi marine, débordés par le nombre croissant des malades, dénonçaient ces paillolles à l’autorité coloniale. Malheureusement leur voix ne fui guère entendue que dix ou quinze ans plus tard. Le provisoire de 1861-1864 devait en effet durer jusque vers i8ja, et coûter des milliers d’existence.

Et aujourd’hui encore, malgré les incontestables progrès réalisés, les centres européens un peu étendus représentent un ensemble composite d’édifices confortables, parfois somptueux, perdus dans des pâtés de bicoques, qui rappellent les premiers jours de la conquête, et continuent d’être un danger pour la santé publique. Fièvre dengue, diarrhée, dysenterie, choléra, tous les fléaux transmissibles habitent les banlieues asiatiques ou africaines, comme les fièvres éruptives, la diphtérie, nos faubourgs de grandes villes en Europe.

C’est qu’il y a eu, dès l'origine, non seulement la faute des premiers habitants qui n’ont su ni voulu observer les règles fondamentales de l’hygiène de la maison, mais encore le désintéressement fâcheux ou l’ignorance blâmable de l’administration supérieure qui les y a encouragés en les laissant faire.

Certainement, étant donnée l’influence prépondérante qu’exerce le logement sur la santé de l'Européen aux pays chauds, l'autorité avait pour devoir, non pas seulement de tracer un plan de rues, mais de régler, au nom de la salubrité publique, le dispositif même des constructions à y faire, tant privées que publiques, A une époque oii rien n’existait encore, il eût été facile d’astreindre à un plan minimum capable à la lois

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