‹ Principes d'hygiène colonialeChapitre 49 sur 73 · HABITA T ION · texte numérisé non relu

HABITA T ION

Soomètrcs. Beaucoup de médecins déscoloniesfrancaises estiment que déjà une altitude de 2 à 3oo mètres suffit pour rendre la maladie infiniment moins active. Disons tout de suite que ce ne sont que des appréciations de circonstances n’ayant qu’une valeur relative. Il arrive en effet que dans les vallées du Niger, du Sénégal, du Congo et de leurs affluents, où le paludisme règne avec intensité dans certaines plaines envahies par les crues de l’hivernage, les Européens qui sont assez heureux pour être établis sur des collines de 2 à 3oo mètres en souffrent bien moins que ceux fixés dans les vallées. Envisagées à ce point de vue, on a raison de dire que ces altitudes, si modérées pourtant, sont un refuge contre le paludisme. L’expérience en a été faite au Soudan, et avait même servi de base aux propositions qui avaient été formulées vers 1891 pour construire un sanatorium à Ivita. Et en fait, les malades de cette région se guérissaient assez rapidement des fièvres contractées au bord du fleuve, dès qu’on les évacuait sur les hauteurs voisines.

La conclusion, c’est qu’en réalité il est utile de combiner à la fois l’altitude et l’éloignement des marais dans le choix d’un emplacement. En protégeant l’habitation contre l’influence de ceux-ci, l’altitude promet encore des avantages qui sont appréciables, savoir : la diminution de température, la ventilation plus efficace, l’abaissement de la tension de vapeur d’eau atmosphérique.

20 Préparation du terrain. — Il y a à peine quinze ans, c’était presque parler une langue nouvelle aux coloniaux que de leur prescrire de préparer le terrain à bâtir. Jusque-là, sauf de très rares exceptions, on se bornait généralement dans les colonies à niveler le sol, à le purger des racines qu’il pouvait encore contenir, à débroussailler les alentours immédiats de la future habitation. Les premières cases qui eurent des sous-sols utilisés en cave ou magasin passèrent pour des merveilles d'hygiène. Si elles étaient un progrès sur la paillotte

Hygiène coloniale.

posée ii plat sur le sol ballu el nivelé, pourtant elles no valaienl pas mieux, peut-être même valaienl-elles moins <|ue les cases élevées sur pilotis avec la large ventilation que ce système comporte.

La première condition à réaliser, c'est le drainage du sous-sol. Si l’habitation doit s’élever sur fond de sable, (mile précaution peut être laissée de côté, car le sable est essentiellement perméable ; et si la couche en est profonde, il n'v a pas d’humidité à redouter, aucune stagnation d’eau ne pouvait se constituer au voisinage immédiat des fondations. Celle condition existe dans un grand nombre de localités del’Iiido-Chine inférieure, ou l’allu vion moderne repose sur des couches de sable qui atteignent parfois une puissance de ao à 3o mètres et davantage. Mais, en Afrique, les assises d’argiles molles ou dures se montrent presque partout, à des niveaux différents suivant les régions, mais souvent rapprochées du sol et constituent la couche imperméable qui retient les eaux de filtration. Ainsi, à Dakar, le sol est formé immédiatement par une couche très peu meuble de sable argilo-ferruoineux couvrant une roche

de même nature dure et imperméable.

C’est sur ce fond que reposent les édifices publics et les maisons particulières de la ville. Or on a attribué, avec raison je crois, l’insalubrité de certains logements à l’absorption par les fondations de l’humidité organique du sous-sol. Au reste il n’y a pas de place pour d’autres hypothèses, la situation générale de Dakar sur la pointe du cap Manuel, entre deux mers, accessible à une large ventilation, réalisant les meilleures conditions possibles quant à l’atmosphère.

Il faut donc de toute nécessité remédier par un drainage profond au vice de l’imperméabilité du terrain d’assise qui résulte de l’existence d’une épaisse couche d’argile. C’est ce qu’à Dakar on a compris en établissant un réseau d’égouts. Malheureusement ce réseau ne parait destiné qu’à assurer l’écoulement à la mer des eaux

Page 1