II A DIT A TI OA
el des immondices provenant des rues. Il est donc insuffisant et devra être tôt ou tard complété parle drainage souterrain des maisons et de leurs dépendances.
C’est cette opération qui devrait être faite tout d’abord, dès qu’on se décide à bâtir; or elle s’impose surtout en Afrique, pourles raisons géologiques indiquées plus haut.
En conséquence, nulle construction ne devrait être autorisée, si elle doit servir à l’habitation, sans que les conditions ci-après fussent remplies.
Le sol sera parfaitement asséché. S’il existe de la terre végétale, elle devra être enlevée, en raison des substances organiques qu’elle renferme. Le plan de l’excavation devra recevoir un lit de béton très dur, d’une résistance calculée à l’aplomb des murs pour supporter les fondations. En outre, la surface sous-jacente devra être soigneusement drainée. A cet effet, des drains seront disposés en séries croisées et superposées l’une à l’autre, chaque drain étant séparé du plus proche par un maximum de 2 mètres. La direction finale de ces drains suivra, avec une pente suffisante, celle de l’écoulement des eaux de superficie et ils devront aboutir au collecteur de la rue. S’il s’agit d’une habitation isolée à la campagne, factorerie, poste militaire, habitation d’exploitation agricole, comme il n’y a pas d’égout voisin pour recevoir les eaux recueillies et drainées au-dessous des fondations, il conviendra de les acheminer par un ou deux drains collecteurs jusqu’à une certaine distance de 1 habitation. Le mieux serait, dans ce dernier cas, qu’on pût disposer soit d’une pente assez rapide du terrain permettant de jeter les eaux recueillies sur la pente elle-même, soit du voisinage d’un cours d’eau où on pourrait naturellement le faire aboutir. Quel que soit le procédé employé, résultant d ailleui s lui-méme de la nature des lieux, le drainage profond du sous-sol des habitations est une véritable nécessité de l’hygiène. Indispensable en Europe et reconnue comme telle par les autorités sanitaires de
UKGI.ES D'HYGIENE DRIVÉE ET PUBLIQUE
toutes les nations, elle l’est peut-être encore plus dans nos colonies; elle l’est au plus haut point en Afrique, en raison de l’activité des fermentations dont le sol de ce continent est le foyer redoutable dès le milieu de la saison des pluies. A ce moment en effet, toutes les terres sont détrempées, pénétrées par les solutions organiques de toute nature qui filtrent de la superficie vers la couche imperméable. Rien d’étonnant à ce que, dès la fin de l’hivernage, et aussitôt l’évaporation commencée à la surface, les murs de fondation aspirent à leur tour l’humidité profonde, et que, par inhibition progressive des matériaux hygroscopiques des murs, les germes véhiculés n’envahissent les parties habitées. Il existe au Sénégal et aux Antilles des maisons anciennement construites, dont les fondations plongent sans sous-sol jusqu’à la nappe aquifère, et où les murs de rez-de-chaussée attestent par des lisérés accusateurs l’ascension de l’humidité. Ces rez-dechaussée sont extrêmement malsains, et les épidémies de fièvre jaune y ont toujours sévi avec fureur. Ce vice de construction doit donc absolument être évité dans les établissements à venir.
3° Orientation de la maison. — Le sous-sol ainsi préparé, l’habitation doit s’élever d’après un plan d’orientation que dictera presque toujours, aux pays chauds, la marche apparente du soleil. C’est plus encore, en effet, cette condition que la direction des vents régnants qui doit guider en zone tropicale. Et combien de fois est-elle méconnue ! J’ai vu dans une colonie une caserne dont les pignons étaient orientés Nord et Sud. Elle offrait ainsi successivement sa façade Est au soleil levant et sa façade Ouest au soleil couchant; de telle sorte que ses surfaces principales étaient constamment chauffées et que les chambres y étaient de véritables fournaises. A peine construite, on s’aperçut de l’erreur de principe commise. Elle dut être évacuée par les troupes européennes pour lesquelles on l’avait édifiée et