‹ Principes d'hygiène colonialeChapitre 52 sur 73 · HABITA TI ON · texte numérisé non relu

HABITA TI ON

parois de fa rade, répond suffisamment aux besoins de l'hygiène tropicale.

Mais la véritable maison hygiénique doit etre en maçonnerie, à laquelle on peut adjoindre des fermes métalliques de renfort, en pays sujets à tremblement de terre, comme aux Antilles par exemple. Et c est ce qui, je crois, a été fait, lors de la reconstruction récente de Fort-de-France, après l’incendie qui a détruit, il y a peu d’années, la moitié de la ville.

La maçonnerie peut d’ailleurs employer des matériaux trouvés sur place, s’il existe des calcaires suffisamment durs et secs. En Afrique, sauf en terrains d’alluvion ou de sable, il sera toujours facile de trouver des matériaux solides. Quant à la brique il sera toujours aisé d’en fabriquer, l’argile étant partout en abondance. La brique bien cuite, dure, est excellente pour la construction. Elle se prête à toutes les exigences, et l’on peut avec elle donner aux murs toutes les conditions d’épaisseur et de sécheresse qui conviennent pour lutter aux pays chauds contre ces deux facteurs perpétuels d’insalubrité, — l’humidité et la chaleur.

La véritable condition de confortable dans les régions tropicales c’est de réaliser à l’intérieur de l’habitation une température fraîche par rapport à la température extérieure. 11 s’en faut de beaucoup qu’avec les logements bâtis en hâte et avec une économie mal entendue qui existenL dans nombre de localités coloniales, on ait jamais obtenu ce résultat. Je parle de la généralité, car évidemment il y a des exceptions. Mais à l’ordinaire la petite maison du colon n’est pas fraîche ; souvent meme il règne à l’intérieur une chaleur lourde, pénible, d’autant plus énervante aux heures chaudes de la journée que la ventilation y est mal comprise. Les murs, — quand ils sont maçonnés, n’ont pas l’épaisseur suffisante, leur échauffement est rapide ; et longtemps encore après le coucher du

soleil la température des pièces conserve la chaleur emmagasinée. Dans le jour, une épaisseur de 5o centimètres, surtout si le mur est bâti en matériaux ordinaires et homogènes, est absolument insuffisante. Pour ne pas atteindre une épaisseur exagérée et coûteuse, il serait bon de faire une paroi extérieure de 3o centimètres, en briques dures, doublées à l'intérieur d'un revêtement de 20 centimètres de briques creuses où l’air circulerait. Je crois que ce serait un mode de construction excellent. 11 rappelle le système Tollet pour les constructions d’hôpital. Un complément utile serait de mettre à l’intérieur, faisant paroi des pièces, un revêtement de briques vitrifiées ou de carreaux silicatés ou vernissés. Faisant corps avec les murs, ce revêtement aurait l’avantage appréciable de pouvoir être lavé ou essuyé suivant les besoins. Il assurerait en outre l’imperméabilité absolue des cloisons. Inutile d’ajouter que tous les jointoiements de la maçonnerie, extérieure et intérieure, aussi bien que de fondation, doivent être faits au ciment. Enfin, une bonne mesure à adopter et à rendre générale, c’est le carrelage des pièces d’habitation. Gela donne de la fraîcheur, et le lavage permet d’entretenir la propreté la plusrigoureuse- Le mode de couverture de la maison coloniale a donné lieu à bien des essais, et je dois dire que la plupart ont été malheureux. J’ai vu employer le zinc, le plomb, après le bardeau et la paillotte : c’était à regretter ces derniers. Sous l’influence des pluies torrentielles de l’hivernage alternant avec un soleil torride, les plaques de zinc ou de plomb se gondolaient, se plissaient, se crevassaient finalement, en laissant passer des nappes d’eau. Sans compter que par les ouvertures ainsi faites par le jeu des intempéries le vent s’engouffrait par rafales, soulevant des portions entières de toiture, et parfois les emportait mettant ainsi l’immeuble en péril. Les couvertures de cette sorte que j’ai pu voir en service sur les baraque-

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ments militaires à Guet-en-Dar près de Saint-Louis du Sénégal, ont dû être depuis abandonnées par 1 administration. Mais rien ne dit que des habitants ne soient tentés de s’en servir, en raison de l’appropriation facile du. zinc et du plomb Or, c’est un procédé déplorable et qui doit être absolument laissé de côté.

On a également employé les tôles de fer ondulées et galvanisées. Si encore on avait eu la précaution d’appliquer ces toitures sur de faux greniers, peut-être les résultats eussent-il été régulièrement bons. La tôle en effet se prête comme le zinc ou le plomb à toutes les combinaisons de surface. Elle répond toujours au devis; aucun danger de plissement ou de rupture par gondolements alternatifs. Seulement, elle est éminemment conductrice de la chaleur, comme bien l’on pense, et son inconvénient fondamental est de transformer en fournaise le logement sous-jacent. Tout invraisemblable que cela paraisse, cette propriété évidente fut perdue de vue au début de l'introduction de la tôle dans la construction de maisons aux pays chauds; et voici un fait qui résume tous les dangers qui peuvent résulter de l’oubli de cette notion élémentaire.

Il y a quelques années on fut obligé, dans une colonie, de construire un casernement pour une troupe d’artillerie que des raisons d’hygiène tirées de l'existence d’une épidémie de fièvre jaune dans la garnison du littoral obligeait à cantonner sur les hauteurs de l’intérieur du pays. Le fonctionnaire chargé de cette construction arrêta le dispositif suivant : Rez-de-chaussée en maçonnerie, divisé en magasin, devra recevoir le matériel delà batterie; au-dessus un seul étage, à parois simples, en bois, protégées par des vérandahs ; l’étage, sans plafond, recouvert immédiatement par la toiture en tôle ondulée.

Or, il n’y avait pas quatre jours que la troupe avait pris possession de ce casernement que les malades abondaient. La dysenterie sévissait, et aussi, chose

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< 1 i i i parut tout d'abord incompréhensible, des affections comme on n’en voyait pas dans le pays, des maladies habituelles à l’Europe, des angines, des laryngo-broncliites, des pneumonies, des pleurésies, des rhumatismes articulaires.

On lil évacuer la caserne et on procéda à une enquête. Celle-ci révéla la situation suivante : Pendant le jour, le soleil dardait sur la toiture et celle-ci rayonnait à l’intérieur de la chambrée une chaleur intolérable. Les hommes, en allant se coucher le soir, vers 8 heures et demie ou 9 heures, trouvaient l’atmosphère si étouffante cpie le plus grand nombre dormaient tout nus sur leur lit, incapables de tolérer même le drap.

Mais, depuis le coucher du soleil, la tôle rayonnait en sens inverse, et vers 3 ou 4 heures du matin, le refroidissement était tel dans la chambrée cpie la rosée précipitait sur les parois. Les hommes endormis étaient saisis de froid, d’où les malades a frigore observés en si grand nombre. On remédia à cet état de choses par une modification bien simple. On fit un plafond, la toiture fut relevée un peu, et on laissa dans l’intervalle un faux grenier largement ventilé. Du moment où le local fut clos, et où la tôle ne fut plus en communication directe avec lui, il n’y eut plus de malades.

11 est donc indispensable de prévoir ce dispositif avec l’emploi de la tôle comme couverture. Et il est certain qu’elle peut alors rendre de bons services. Pourtant il serait préférable d’employer les tuiles plates dont l’usage est maintenant si répandu. Elles s’échauffent bien moins, peuvent être remplacées facilement, et, au total, si leur pose a été solidement laite, elles assurent très convenablement et très sûrement la résistance de la couverture.

Distribution intérieure. — Que dire de la division de la maison sinon qu elle doit être réglée d après 1 usage auquel on la destine ?

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