‹ Principes d'hygiène colonialeChapitre 53 sur 73 · DISTRIBUTION INTE RIE U RE · texte numérisé non relu

DISTRIBUTION INTE RIE U RE

Le nombre des pièces doit être évidemment en rapport avec celui des habitants ; et pourtant il est commandé dans une certaine mesure par les conditions mêmes de la vie tropicale. La dilatation de 1 air par la température, sa richesse centésimale en vapeur d’eau, l’absolue nécessité pour l’Européen de rayonner son propre calorique et d’exhaler le plus librement possible sa vapeur d’eau pulmonaire, autant de circonstances qui exigent un cube d’air considérable. Aux pays chauds, l’haleine de" l’homme, pour emprunter l’énergique expression de Pringle, est mortelle à l’homme. Pas de chambrée commune autant que possible, hors les cas d’absolue nécessité. Gomme cube d’air individuel, j’avais estimé il y a quelques années à ioo mètres cubes la capacité utile pour une chambre à coucher, en supposant closes les portes et fenêtres. Je n’ai rien à changer à cette estimation. Dès lors il est facile de calculer, d’après cette base, la dimension d’une maison coloniale. Certains détails demandent pourtant à être précisés.

Il est évident que les pièces communes, où on se tient durant la journée, bureau, salle à manger, salon, araarneraient en salubrité à être cubées largement. Néanmoins comme, aux pays chauds, ces pièces peuvent être l’objet d’une ventilation continue par le pcrsiennage en usage courant, rien n’oblige en réalité à leur donner des dimensions supérieures aux chambres à coucher. La multiplicité des fenêtres à claires-voies ou persiennes donne un coefficient de renouvellement d’air très suffisant, si même, comme il arrive en certaine saison-, ce coefficient n’est pas excessif et n’amène pas à restreindre la ventilation naturelle par la fermeture d’une ou plusieurs ouvertures.

La question de plus ou de moins, en matière d’aération, se règle, pendant la journée, par le nombre de fenêtres laissées ouvertes. L’énergie des alizés ou des moussons peut être, dans la plupart des pièces d’habi-

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tation diurne, utilisée au gré des occupants. IJ en va Joui différemment pendant la nuit, où je conseillerais plutôt, avec bon nombre de vieux coloniaux, la clôture des chambres à coucher; d’où pour celles-ci la nécessité urgente d'une bonne provision d’air.

Une seule condition commune, c’est la hauteur de plafond .

Il est nécessaire (pic celle-ci mesure 4 mètres au minimum. Et, si la maison n’a qu’un étage, comme il serait à désirer que cela fut pour ne pas aboutir, aux pays chauds, à la mode européenne des appartements superposés et loués à divers, il y aurait avantage à donner 4n\5o au plafond, de manière à reporter aussi haut que possible la zone d’éehauffement par la couverture. J’ai pu constater aux Antilles et en Afrique, dans des maisons à un étage où le plafond planchéié des chambres s’élevait à une hauteur variable de 3m,3o à 3ra,95, qu’à i heure de l’après-midi la main percevait nettement la chaleur de rayonnement propagée par le toit, lequel était élevé seulement d’environ i mètre au-dessus des plafonds. Il y avait une différence de 4 degrés centigrades entre le plancher et le plafond, et la température moyenne de ces pièces montait facilement à 3a° vers 2 heures de l’après-midi. J’ai dit plus haut que ces conditions pourraient être notablement améliorées par l’épaisseur et surtout la nature des matériaux composant les murs, en même temps que par l’adoption définitive d’un faux grenier spacieux largement ventilé.

Quant aux cloisons de séparation, il serait à désirer que leur surface fut revêtue, comme le mur principal, de carreaux vernissés, ou qu’elles fussent simplement construites en briques vitrifiées. 11 serait bon en outre qu’elles ne s’élevassent pas jusqu’au plafond. J’ai vu et habité aux Indes des pièces, pourtant spacieuses, dont les cloisons étaient interrompues à 1 mètre du plafond, ce qui permettait à l’air de circuler d’une pièce à

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