C . Acides
D. Mousseux. .
Vins secs : Madère, Marsala.
Vins sucrés : Malaga, Lunel, Banyuls.
Vins de paille : Artois, Ermitage blanc. Avec bouquet : Ermitage rouge.
Sans bouquet : Cahors.
Avec bouquet : vins du Rhin.
Sans bouquet : vins de Gouct, d’Argenleuil. Champagne, Sainl-Péray .
II0 Classe. — Vins mixtes ou complets.
^ Bourgogne : Clos-Vougeot, Mont-Rachet.
A. Avecbouquet. \ Médoc : Château-Laroze, Saulerne.
v Midi : Langlade, Saint-Georges.
B. Sans bouquet. Bourgogne et Bordeaux ordinaires.
Considérés sons le rapporl de la richesse alcoolique, les vins se différencient de la manière suivante :
Vins.
Alcool pour
1 volumes
Porto
Sherry
Madère
Marsala
Roussillon
Bourgogne rouge . . .
— blanc. . . .
Bordeaux rouge . . . .
— blanc . . . .
Rhône rouge
(Ermitage, Montpellier, Pyrénées
Frontignan) .
Champagne
Moselle
Rhin
Hongrie
Italie
Syra, Corfou, Samos, etc., etc. . . i3
Les vins qui titrent le plus en alcool naturel ne dépassent généralement pas 17 p. 100, et encore n’exislentils que dans certains crus de l’Espagne ou du Portugal. Les vins de France ne dépassent pas le plus souvent
ALIMENTATION
8 p. ioo; au delà, s’agissant surtout de vins ordinaires, de ceux dont l’usage journalier et alimentaire intéresse vraiment l’hygiène, il y a probabilité pour l’addition d’alcool, et c’est, à ce titre, une notion utile à retenir.
En se plaçant au point de vue de la teneur alcoolique, et en se référant aux inconvénients que cette teneui implique aux pays chauds, il est évident qu il y aurait tout avantage à n’user que des vins de France, vins légers par excellence, et dont quelques-uns jouissent d’une réputation justifiée de propriétés toniques.
Malheureusement il arrive que, pour assurer la conservation du vin aux colonies, on remonte les vins en alcool de manière à les amener à titrer de io à 12 . Cette pratique ne s’explique évidemment que parce que la plupart des vins exportés aux pays chauds ne sont pas d’une bonne qualité de résistance, et parce que le plus souvent ils résultent de coupages opérés dans des conditions défectueuses. Car certains vins, ceux de Bourgogne et de Bordeaux, s’ils sont loyaux, c est-àdire de pur jus de raisin et de fermentation complète, non seulement supportent bien les pays chauds, mais encore s’y bonifient. 11 est vrai d’ajouter qu ils vieillissent très rapidement, condition même de leur bonification— et ils sont alors dans les meilleures conditions pour être consommés peu de mois après leur arrivée.
Le danger vient donc du vinage, c’est-à-dire de l’addition d’alcool faite au vin. Cette opération, qui, je le répète, quand elle ne sert pas à dissimuler la qualité mauvaise ou inférieure du vin d’origine, a pour but avoué d’aider au transport et à la conservation, s’opère de deux façons : mélange au moût, mélange au tonneau. La première méthode produit une incorporation plus intime de l’alcool au vin que la seconde. Mais dans un cas comme dans l’autre le résultat est l’abaissement de l’extrait sec, c’est-à-dire la diminution des qualités nutritives. En outre l’alcool introduit altère le bouquet, et communique au vin une force de
mauvais aloi. Si l’alcool versé dans la cuve ou dans le tonneau était de composition éthylique, le mal sérail moindre. Mais il s’en faut, et on le comprend de reste, que l’alcool de vinage ail cette origine. Ce sont les trois-six du Nord et de l’Allemagne, esprits mélangés de flegmes, caractérisés par des alcools toxiques, — amylique, propylique — (pii en font les frais. Les alcools s’incorporent mal, ne s’équilibrent pas dans le mélange, demeurent juxtaposés en quelque sorte et agissent à la façon d’alcools au tonomes plus ou moins dilués dans une solution aqueuse. On devine (pie de pareils vins ne diffèrent pas sensiblement, au demeurant, d’autres breuvages alcooliques, des apéritifs par exemple. Et même sont-ils plus dangereux par le fait de leur qualification de vins, puisque le renonçant aux apéritifs y retrouve sans le savoir les mêmes alcools qu’il a proscrits de son régime ; puisque, recourant à leur usage par compensation de ce qu’il abandonne par raison d’hygiène, il encourt les mêmes risques d’alcoolisation. 11 y a donc un intérêt de premier ordre à ce que le vin consommé aux pays chauds soit de nature franche, de bonne qualité non seulement commerciale et marchande, comme on dit habituellement, mais encore bromatologique. Les coloniaux devraient veiller avec un soin absolu à ce que les vins dont ils s’approvisionnent remplissent exactement toutes les conditions de loyauté. Pour une bonne part leur santé en dépend.
Le vin, en effet, s’il est tolérable dans l’alimentation aux pays chauds, — encore que son utilité primordiale ne soit pas démontrée — doit être l’objet d’une consommation sage et réfléchie. Sous le prétexte même de l’hygiène — et c’est là le point faible de ses tolérances — certains habitants des pays chauds usent largement du vin à table. Nul doute que les digestions stomacales ne s’en ressentent; et nous retrouvons ici les mêmes troubles que les solutions alcooliques ont pour règle de produire dans le milieu gastrique ; trou-