‹ Principes d'hygiène colonialeChapitre 58 sur 73 · A LIMES T A T 10. X · texte numérisé non relu

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blés moindres assurément et plus faciles a corriger que ceux produits par l’alcool en nature, mais néanmoins assez marqués pour constituer un état pénible et aboutir en fin de compte à ces dérangements de santé qui se rangent uniformément sous l’appellation de dyspepsie.

Le vin en excès entrave la chymification. Et l’excès est absolument relatif aux personnes ; un demi-verre pour l’un, un verre entier ou la demi-bouteille pour l’autre, tout dépend, celle fois, des prédispositions particulières. Il est bien évident qu’au colonial déjà atteint de catarrhe et de dilatation de l’estomac, avec fermentation acide et pyrosis, un demi-verre de vin c’est trop(i). Et combien, cependant, que l’existence de ces signes révélateurs n’arrêtent pas et qui continuent, par ignorance, par préjugé du vin ou esclavage de l’habitude à jeter journellement de l’huile sur le feu !

Le pyrosis, signe par excellence des fermentations acides de l’estomac au moment de la digestion, mais qui, je dois le dire, se montre également à jeun et, dans ce cas, paraît lié à l’existence d’un catarrhe muqueux de l’estomac, esL exaspéré par le vin. Il semble vraiment que le vin, arrivant dans l’estomac, subisse intégralement la fermentation acétique, comme lorsqu’il arrive, dans la fabrication du vinaigre, au contact du ferment acétique. En réalité il se forme une certaine quantité de cet acide, et en meme temps se développent d’autres acides organiques, dont la naissance provoque aussitôt cette abominable sensation de brûlure gastrique et œsophagienne que tant de dyspeptiques éprouvent. En somme cette sensation, c’est de la gastralgie, c’est la révolte nerveuse de l’estomac; et c’est aussi l’arrêt de la digestion, la pepsine ne

(r) À noter que l’œnocyanine, matière colorante du vin rouge, forme avec la mucine de l’estomac une sorte de laque qui isole la muqueuse et empêche la digestion des aliments : d’où fermentation (Gautrelet).

parvenant plus à transformer en peptones les gyntonines (acides albumines) formées (i).

Or, — car tout s’enchaîne logiquement dans les fonctions digestives — dès que la digestion se ralentit, et (pie les albumines non traitées séjournent dans l’estomac, et <pie l’ensemble du bol alimentaire suracidifié, mélangé d’acides butyrique, caproïque, acétique et autres encore, s’achemine lardivemeut dans l’intestin grêle, il y a une irritation à la fois topique et réflexe de cet intestin qui peut donner lieu, comme déjà je l'ai indiqué, à une sensation douloureuse ; c’est de la viscéralgie, de l’entéralgie. .Mais le phénomène nerveux ne fait que traduire l’incapacité où se trouve l’organe à traiter les aliments à demi digérés qui lui parviennent. Si la bile alcaline n’arrive pas à ce moment en quantité suffisante pour neutraliser l’hyperacidité anormale, la digestion intestinale ne se fera pas.

Et alors de deux choses l’une. Ou une poussée énergique de péristaltisme précipitera le bol vers le gros intestin et de là au rectum pour aboutir à la diarrhée lientérique ; ou l’intestin vaincu par le travail douloureux, ne pouvant plus se contracter, demeurera inerte, et alors ce sera la constipation, accompagnée de flatuosités incessantes. Il faut le savoir, la constipation est extrêmement fréquente aux pays chauds. D’autre part l’intestin y est prédisposé par une diminution dans ses sécrétions qu’entraîne normalement et par contre-coup l’exagération des sueurs; et, d’autre part, l’alimentation cuisinée des Européens et surtout l'usage des boissons alcooliques tend, par le processus indiqué tout à l’heure, à émousser l’activité nerveuse de l'intestin comme elle émousse et épuise celle de l’estomac.

Les divers auteurs qui ont eu à s’occuper des maladies des pays chauds et qui ont, par eux-mêmes, observé

(i) Viault et Joly et. Traité de physiologie, p. 107, 188g. Gautrelet, Urines (dyspepsies). 188g, p. 372-373, et les physiologistes.

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attentivement, étudié, recherché les causes prédisposantes à ces maladies, ont toujours noté que la constipation était comme de règle quasi invariable au premier rang des signes rencontrés dans la période d incubation. Cela signifie que, quel que soit 1 agent infectieux appelé à intervenir et a leur donner ultérieurement leur spécificité propre — hépatite, dysenterie, diarrhée, fièvre jaune, fièvre bilieuse hématurique, etc. — la constipation et surtout la constipation habituelle est une cause préparante à l’infection pathogénique. Cet état du milieu intestinal est en effet éminemment propice aux invasions microbiennes du dehors aussi bien qu’aux métamorphoses d'exaltation et de virulence des espèces microbiennes qui pullulent dans l’intestin de l’homme en santé.

Lorsque des matières encombrent l'intestin, il y a plénitude abdominale, stase du système veineux des parois, tension du réseau porte, tendance à la congestion hépatique et splénique. En outre de ces phénomènes d’ordre purement mécanique, le milieu humoral du tube digestif s’altère. Au lieu d’un suc intestinal alcalin, c’est une sécrétion acide qui se produit, ou, pour être plus exact, l’alcalinisation du bol stomacal ne s’y fait plus en raison de l’hyperacidité gastrique. Il en résulte, comme conséquence directe, de la constipation, une irritation chronique de la muqueuse ; et 011 peut noter l’existence fréquente, aux pays chauds, de cette forme d’entérite caractérisée par de la viscéralgie, par des débâcles accidentelles, et par la production de fausses membranes qui sont rendues avec les selles à laquelle on a donné le nom d’entérite muco-membraneuse. Peu de coloniaux, en dehors, bien entendu, de toute atteinte de dysenterie ou de diarrhée, échappent à cette affection. Cette situation, si générale qu’elle est pour ainsi dire une des conséquences de la vie aux colonies, entretient une irritation sur laquelle peuvent venir se greffer des maladies aiguës.

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La diarrhée des pays chauds, la dysenterie, sont évidemment les j » 1 1 1 s susceptibles de se développer sur un fond de celte nature. Les bacilles pathogènes de ces alléchons, — peut-être est-ce le pyocyanique trouvé par Calmctto à Saigon, — trouveront dès lors un terrain préparé pour leur culture. Et il en sera de môme pour les autres infectieuses tropicales, parce que l’organisme a perdu de sa résistance. Le milieu sanguin charrie des reprises intestinales chez les constipés, témoins, les peptones, le scatol, l’indican, la bilirubine, qu'on retrouve dans les urines. Aux colonies, d’autres poisons intestinaux, sécrétions bacillaires, ptomaïnes, dérivant de l’alimentation (gibier des forêts tropicales, poissons des marigots ou des arroyaux en Afrique et en Cochinchine, mômes les viandes ordinaires vite faisandées sous l'influence des hautes températures), infecteront le sano-,

Et l'on cherche inutilement bien loin, à travers les hypothèses telluriques et climatiques, pour trouver la raison de ces étals douteux, non encore maladies aiguës, où l'Européen se traîne des semaines et des mois, fatigué, pâle, sans appétit, dormant mal et toujours à la veille d’un embarras gastrique fébrile. Ce sont là les effets d’un troublé grave des fonctions intcs- ■ tinales, et la constipation en est la cause fondamentale.

« Voulez-vous me permettre un conseil? » me disait un jour un vieil amiral, homme de grand bon sens, au moment oïl je m’apprêtais à partir pour le Sénégal ; et il protestait en souriant que, tout docteur que je fusse, peut-être ce conseil me serait-il de quelque utilité et secours. « C’est, dit-il, de prendre avec vous des pilules contre la constipation. Croyez-moi, ajoutait-il, c'est à vrai dire un remède de bonne femme ; et la constipation, à vous autres grands médecins, peut vous paraître chose après lout bien négligeable : mais moi, j'ai passé bon nombre d’années à la côte d'Afrique et je sais par expérience qu’il n’y a rien de plus dangereux pour

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l’Européen. » Et il avait raison, et je le lui dis; seulement je n’en étais pas à l’ignorer.

. Oui, certes, cette maladie en quelque sorte banale, et qui, pour le public, n’en est pas une parce qu elle ne donne pas la fièvre ni n’oblige au lit, — cette maladie est extrêmement dangereuse aux pays chauds. Je pose en fait qu’elle est le premier et le plus grand péril pour l’Européen, parce qu’elle le livre à tous les autres.

Et si l’on suppose un Européen parfaitement réglé, digérant régulièrement, ayant les organes abdominaux en état absolument normal, je dis qu’en dehors des grandes épidémies de fièvre jaune et aussi du paludisme, cet Européen sera en vérité peu exposé et qu’il a toutes les chances d’accomplir une longue période coloniale sans contracter ni diarrhée, ni dysenterie, ni hépatite, ni fièvre bilieuse hématurique. Et encore estil permis d’affirmer que même à l’égard des épidémies amariles et du paludisme il sera mieux armé pour lutter. Car sait-on quel rôle jouent les voies digestives dans ces deux infectieuses? La science ne possède encore rien à cet égard, — sinon que certaines intoxications intestinales et hépatiques prennent parfois l’allure d’une fièvre intermittente; mais il est probable que les hématozoaires dans le paludisme, le bacille amariliigène dans la fièvre jaune, ne sont pas sans trouver dans l’état de l’estomac et de l’intestin des circonstances, suivant le cas, favorables ou défavorables à leur évolution pathogène.

Par conséquent l’intégrité des fonctions digestives est la principale, presque la seule défense de l’Européen contre les maladies tropicales. Et c’est pourquoi je place le maintien de cette intégrité au premier rang des mesures d’hygiène dans les pays tropicaux; et pourquoi aussi j’ai cru devoir insister tout spécialement sur les dangers de la constipation. Donc, tout ce qui dispose à la constipation et l’entretient doit être évité coûte que coûte, non pas seulement en emportant avec

Hygiène coloniale.

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soi aux pays chauds une provision de pilules laxatives, mais en remontant intelligemment aux sources causales, en s’étudiant soi-mème dans ses habitudes, en retranchant bravement de leur nombre celles qui tendent à ralentir, à entraver et à paralyser le travail complet des digestions.

Et le vin, par son mélange en quantité notable aux aliments, est susceptible de produire ce dernier résultat. Pour tout dire, ce n’est pas seulement l’alcool surajouté ou naturel qu’il contient qui est nuisible. C’est encore l’acidité, c’est le plâtre quand il s'y rencontre en proportion notable, c’est le bouquet — c’est-à-dire les éthers et parfums qui ont pu y être mélangés.

En résumé, au seul point de vue où je me place et d’où j’exclus tout ce qui a trait aux questions d’hygiène européenne que soulève la question du vin, la notion à retenir c’est qu’il faut en user aux colonies très légèrement, et ne consommer que des provenances de première qualité. Et j’ajoute qu’au cas de dyspepsie il y a lieu d’en cesser totalement l’usage, en se mettant résolument à l’eau ou au thé.

Si j’ai commencé l’hygiène de l’alimentation aux pays chauds par la question de l’alcool et du vin, c’est qu’à mon sens c’est elle qui domine. De toutes les différences qui séparent l’alimentation des peuples indigènes de celle des Européens aux pays chauds, c’est assurément le vin qui constitue la plus accentuée. Et ceci, je l’ai fait remarquer au début de cette étude.

Avec certains écrivains que le rapprochement a sans doute amusés, je ne dirai pas que la nature a refusé aux pays tropicaux la production du vin parce qu'il ne répond pas aux besoins primordiaux de leurs habitants. Car alors les épices tropicales, nous ne devrions pas non plus les consommer, puisqu’elles ne croissent pas dans nos climats d’Europe ! Mais je dirai que si les Arabes qui ont envahi le Soudan et imposé leur empire jusqu’au Comores à l’Est, jusqu’au Congo au centre et

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jusqu'au Sénégal à l’Ouest avaient été buveurs de vin, ils n’auraient pu s’adapter aussi complètement qu’ils l’on fait au climat de l’Afrique. Je dirai encore que si l’alcool de traite n’avait pas été répandu avec profu* sion parmi les nègres fétichistes de la cote occidentale, nous ne serions pas en mesure aujourd’hui d’observer avec quelle rapidité s’étiole et s’abrutit les masses des indigènes, nous donnant ainsi, par une contre-épreuve, la connaissance parfaite des dangers de l’alcool dans les climats tropicaux et équatoriaux même sur des races acclimatées.

On objectera sans doute que bien avant l’introduction de l’alcool apporté par les Européens les noirs africains, comme les Annamites de l’Indo-Chine, comme la plupart des Polynésiens, usaient de boissons fermentées, alcooliques par conséquent, et qu’ainsi la nature a donné à tous les peuples des pays chauds une appétence, un besoin réel pour l’alcool.

Rien n’est plus exact, il est vrai, que ce goût pour les boissons fermentées chez les indigènes des tropiques, et la liste en est curieuse et variée. En Afrique, c’est principalement la sève du palmier, puis la bière de sorgho, des jus de fruits de diverses espèces; dans l’Amérique du Sud, c’est le moût de patate douce, de manioc, seuls ou associés à des fruits ou à du jus de canne; aux Antilles c’est le /nabi, sorte de bière faite avec l’écorce de ce nom, infusée préalablement et mélangée pour la fermentation avec de la mélasse. En Polynésie, c’est le jus fermenté des racines du piper methysticum, etc. En Asie, Cochinehine, Annam, Tonkin, et Malaisie, c est déjà l’eau-de-vie de riz. Et j’en passe.

Certes, l’usage de cette dernière — arack ou choumchoum suivant le pays, — 11’est pas fait pour justifier l’innocuité de l’alcool. Les ravages causés par cette luneste drogue méritent toujours les reproches véhéments formulés autrefois par Bontius et renouvelés de nos jours parles médecins néerlandais. Mais quant aux

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bières, hydromels, vins de palmier et autres sèves ou jus fermentés de l’Afrique, on reconnaîtra que le faible titre d’alcool qu’ils contiennent n’est pas à comparer à l’eaude-vie que l’industrie européenne importe par milliers d’hectolitres à la côte. Ce sont des breuvages innocents par rapport à nos esprits d’exportation. Et, comme je l’ai déjà dit, la preuve est faite que la consommation ainsi entendue de l’alcool d’Europe n’est pas possible sans dommage pour les indigènes. Si l'on ne trouve pas un moyen de réglementer l’importation de nos alcools en Afrique, le plus précieux capital de ce continent, sa population, court de graves risques pour un avenir peu éloigné.

Loin donc de trouver une justification dans l’ancienne coutume des sucs fermentés de palmier et autres boissons de sorte analogue, l’usage de l’alcool européen et de ses combinaisons commerciales montre par les ravages qu’il produit sur les indigènes à quel degré il est nuisible à l’organisme dans les pays tropicaux. Si les indigènes périclitent, ont la dysenterie, l’hépatite, eux qui sont les hommes du pays, ataviquement constitués pour endurer le climat, que deviendront donc les Européens alcoolisants ? Poser la question, c’est la résoudre.

Examinons maintenant les autres parties de l'alimentation. Quels principes suggère l’étude du climat intertropical ? Doit- on chercher à établir une règle fondamentale de la nourriture, basée sur la ration d’entretien?

Sans doute il serait rationnel, et scientifique en même temps, de faire pour les pays chauds ce que les physiologistes ont tenté pour nos pays d’Europe. Mais je ne crois pas qu’il soit possible d’aboutir en ce sens à une formule précise, vraiment capable de satisfaire aux conditions essentielles de ce genre de calcul. Un tableau de la ration d’entretien et de celle d’activité au travail serait, en l’état actuel de la question coloniale, une conception purement hypothétique, une estimation sans base solide. Car s’il a été possible, dans les divers pays

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de l’Europe, d’arriver à calculer la quantité d’aliments nécessaire pour équilibrer les pertes de 1 organisme aux différents âges et pour les différentes professions, c’est qu’il s’agit de l’homme en santé et, de plus, de l’homme placé sous l’influence climatique qui lui est le plus convenable, puisque c’est celle à laquelle il est pleinement adapté. Il en est tout autrement aux pays chauds. Là, l’Européen, meme celui qui se dit ou se croit bien portant, n’est plus en réalité dans le même état d’équilibre physiologique. Sa nutrition générale est troublée : elle est troublée en divers sens, à des degrés variables, tantôt apparents et cliniquement appréciables, tantôt masqués et latents. Certains coloniaux opposent aux premiers effets débilitants du climat tropical une énergie morale qui peut durer assez longtemps pour dissimuler les causes d’affaiblissement des forces. Devra-t-on profiter de cette énergie, de cette bonne envie de vivre qu’ils ont, pour les pousser dans la voie des rations d’entretien ? Pas plus eux que les autres. Car on ne violente pas la nature organique, ou du moins il y a de grandes chances pour qu’on dépasse le but.

On sait que les rations d’entretien ou de travail, pour l’Européen adulte, ont été fixées par de Gasparin aux chiffres suivants :

Azote. Carbone.

Entretien 12, 5i 264

Travail 12, 5o I\S

Et au total, pour les deux rations combinées, pendant la période de travail :

Azote. . . 25,oi Carbone. . . 309

D’après Letheby, qui distingue entre le travail ordinaire et le travail intense, et qui établit dès lors une gradation progressive, les chiffres sont :

Azote. Carbone.

Repos 12,1 249,7

Travail ordinaire . . 20,7 373

Travail intense . . . 26,9 378,2

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, La ration d’entretien indiquée par MM. ViauJt et Jolyet comme permettant de réparer les pertes de l'organisme esl résumée par le tableau ci-après :

Azote. Carbone, gr. gr. gr.

Viande 3oo contenant io 44

Pain 600 — 6,48 177,50

Beurre et graisse . . Go — o,35 5o,o8

Haricots 5o — 2 21, 5o

Sel de cuisine. ... 16 — » »

Eau 2 800 — » »

Total 1 8 , 8 '3 293,08

Evidemment les rations européennes peuvent servir de point de départ pour l’estimation des rations coloniales. C’est en se plaçant à ce point de vue que les divers gouvernements d’Europe fixent la ration de leurs troupes aux pays chauds; et ces rations varient suivant l'état de paix ou l’état de guerre. MM. Bu rot et Legrand demandent 2.5 grammes d’azote et 3 5o grammes de carbone ; M. Gayet , que ces auteurs citent d’après un mémoire sur l’armée coloniale publié par ce médecin, demanderait 23 grammes d’azote et 370 grammes de carbone en temps de paix, et, en temps d’expédition 26 grammes d’azote et 38o grammes de carbone (1).

La ration des troupes du corps expéditionnaire de Madagascar, fixée par la décision ministérielle du 1 1 lévrier 189!) (Burot et Legrand) comportait les éléments ci-après :

Pain

grammes

Sel

Sucre

Café vert ....

Riz

Haricots ....

Julienne ....

Viande

Graisse

Thé

Vin

centilitres

Tafia

(1) Burot et Legrand. Les troupes coloniales, p. 34 et 30. Paris, 1898.

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