‹ Principes d'hygiène colonialeChapitre 68 sur 73 · CARACTÈRE ET AVENIR DE LA · texte numérisé non relu

CARACTÈRE ET AVENIR DE LA

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indigènes, il Faut pouvoir reconstituer à peu linge de corps usé ou déchiré.

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CARACTÈRE ET AVENIR DE LA COLONISATION

Au point où nous en sommes, avec l’expérience déjà acquise, pouvons-nous conjecturer l’avenir de la colonisation européenne dans la zone intertropica e . Existe-t-il des statistiques susceptibles de nous offrii une base solide, qui nous permette d'en augurer favorablement ? C’est ici le cas de distinguer. Que veut-on d'abord? Savoir si la population européenne, très réduite d’ailleurs, qui se trouve éparpillée dans cette zone, est en progrès démographique, si elle se maintient au moins ?

A ce point de vue les statistiques n’existent pas. Mais nous savons que, même dans les vieilles colonies européennes, l’importance de la population blanche diminue régulièrement, soit que des causes économiques interviennent, qui provoquent des retours en Europe, soit que, faute de nouveaux apports qui le renforce, 1 élément d’origine blanche ou perde progressivement sa résistance au climat, on tende à se fondre dans les éléments ethniques qui l’entourent.

Savoir au contraire si la mortalité est menaçante ? Quel taux elle atteint? Quelles chances de duree un Européen peut avoir devant lui aux pays chauds ? A ce point de vue il y a quelques rares lambeaux de statistiques. Elles peuvent cependant, quoique bien incomplètes et sujettes à caution par le mode même de leur établissement, donner une idée approximative de la salubrité de certaines colonies. Malheureusement elles ne peuvent donner que cette notion, utile sans doute, mais totalement insuffisante pour répondre à la question fondamentale que nous nous sommes posée.

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La plupart de ces statistiques onl, en effet, un vice radical. Elles englobent dans leurs chiffres la mortalité des campagnes de guerre ou des périodes de forte occupation militaire. Toutes affectent par conséquent un caractère excessif au début ; et comme, avec les années, la période d’occupation paisible survenant, les causes de mortalité étrangères au seul climat disparaissent d’elles-mômes, il en résulte un abaissement marqué du taux de mortalité et de morbidité qui fait conclure à première vue à une amélioration sanitaire. Elle existe, ce n’est pas douteux ; mais elle esL amplifiée singulièrement par l’opposition et le contraste de conditions qui ne peuvent véritablement pas entrer en ligne de compte.

Prenons un exemple. Voici la statistique de la Cochinchine que M. le D1' Bonnafy, médecin en chef de la marine, a publiée dans le Recueil des Archives de médecine navale (n° de mars 1897). E 1 1 c a été dressée avec un soin particulier, et son auteur a justement pris soin de faire ressortir l’influence des expéditions ou des épidémies. CeLte statistique porte sur une période de vingt-huit ans.

Mortalité pour mille dans la Cochinchine française, de 1861 à 1888.

DÉCÈS

DÉCÈS

ANNÉES

p. 1ÜOO

ANNÉES

Expédition :

choléra

Expédition : dysenterie 5o

Guerre : relève retardée 4 5

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Deux observations se présentent. La première, c est que de l’élément colon la distinction n est pas laite dans ces chiffres. Ils englobent pêle-mêle militaires, fonctionnaires et commerçants. La répercussion sur la mortalité globale, soit des expéditions, soit des epu emies plus meurtrières dans le groupe militaire que dans le oroupe civil ajoute à l’obscurité qui résulte de cette confusion. La seconde observation, c’est que cette statistique ne semble pas comprendre les décès survenus en mer, sur les navires de rapatriement, ni dans les ports à l’arrivée en Europe. Et cependant ces décès, causés par les maladies contractées en Cochinchme devraient y figurer pour donner à une statistique de la mortalité coloniale sa véritable valeur.

Malheureusement les statistiques de nos possessions outre-mer reposent sur la même confusion. En sorte qu’il est impossible d’en tirer une conclusion quelconque en ce qui concerne la morbidité et la mortalité de l’élément vraiment colonial, c'est-à-dire en ce qui touche les Européens civils résidants, soit dans le commerce, soit dans l'agriculture.

Elles ne peuvent servir qu’à donner une indication sur la salubrité générale, et encore cette indication estelle sujette à réserves, puisque les années les plus chargées se trouvent être des années d’expédition ou de mouvement de troupes. Vouloir se laire une idée scientifique de la valeur sanitaire d’une colonie en comparant entre eux des éléments statistiques aussi différents, et aussi peu rationnel que de faire entrer en ligne de compte, pour l’appréciation du climat de Madagascar, l’énorme mortalité qui a frappé le corps expéditionnaire de cette île lors de la conquête.

On ne fera quelque chose de bien, en matièie de statistique coloniale, que lorsqu on la fera porter, pai sections séparées, sur les divers groupes des résidants. Il faudrait d’un coté, prendre les soldats, calculer exactement leurs effectifs, les évacuations et les renouvel-

lements ; prendre d’un autre côté les fonctionnaires civils, les ranger en catégories par durée de séjour, chiffrer pour chaque catégorie la morbidité et la mortalité; prendre enfin les colons, négociants, agriculteurs, etc., les suivre annuellement dans la durée de leur résidence, de beaucoup plus longue que celle des soldats et des fonctionnaires, et établir le bilan sanitaire aux diverses périodes de leur séjour.

G est, il semble, ce que l’on a fait dans la colonie allemande de Cameroon (côte occidentale d’Afrique).

La statistique suivante, est en tous les cas, intéressante.

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