ROUGEOLE
La rougeole, inij)ortée d’Orient comme la variole, est très fréquente, mais heureusement bénigne en général. Elle est essentiellement contagieuse, et n’épargne que très peu d’individus, on peut même l’observer plusieurs fois chez la même personne. C’est par le contact des malades, la cohabitation, que cette maladie se propage, et cela d’autant mieux que pendant toute sa durée, depuis le début jusqu’à la desquamation, elle reste contagieuse. On ne connaît pas d’ailleurs, plus que pour la variole et la scarlatine, la nature de l’agent contagieux.
Malgré le chiffre élevé des décès (de 1 000 à 1 500)
ÉLÉMENTS IVMYGIKN’E.
qu’elle cause à Paris chaque année, la rougeole est une maladie bénigne, si l’on songe que tous les enfants en sont atteints. Il n’est pas nécessaire de recourir à des mesures de préservation aussi rigoureuses que celles qui doivent être prises contre la variole et la scarlatine; il faut seulement se raj)peler que l’état de débilité qu’elle entraîne, fait de l’organisme un excellent terrain de culture pour d’autres maladies contagieuses : la diphtérie, la tuberculose, etc. Elle nécessite donc un traitement sévère.
§ IV. — Fièvre typhoïde
La lièvre typhoïde est une affection très grave, beaucoup plus meurtrière que la variole et même que les
dernières épidémies de choléra qui ont envahi l’Europe. Une première atteinte ne confère pas l’immunité absolue, car la maladie récidive parfois, mais dans ce cas quoique grave souvent, elle n’est pas mortelle. L’origine parasitaire de cette maladie n’a pas pu être établie rigoureusement par l’expérimentation chez les animaux, car elle est spéciale à l’homme. De nombreux faits la rendent cependant probable et l’on a même pu isoler une bactérie, le bacille typhique ou bacille (V Eberth , x\\\o, l’on considère comme le germe de cette maladie {fiy. 5).
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Fig. 5. — Bacille typliiqwc en bâtonnets ou en chaîne.
LES MALADIES TRANSMISSIBLES
Cet organisme ne se rencontre, en eiïet, que dans l’intestin on dans les déjections des personnes atteintes d’nne lièvre typhoïde. MM. Cliantemesse et Vidal ont, il est vrai, provoqué des accidents mortels chez les souris, en inoculant dans le péritoine l centimètre cube de culture de bacilles typhiques; ils ont même retrouvé chez ces animaux quelques-unes des lésions observées chez les personnes mortes de la lièvre ty[)hoïde, mais ces résultats sont trop peu nombreux pour établir définitivement l’étiologie de cette alïection.
La fièvre typhoïde est endémique dans les grandes villes et y jirend jiarlbis, par son extension, un caractère épidémifpie ; la mortalité duc à cette maladie est très grande; d’après M. Brouardel, elle cause en France environ 20 000 décès par an. Voici d’ailleurs quelques exemples de la mortalité dans diverses villes de France pour les années 1880 et 1887.
DÉCÈS DUS .V LA FIÈVRE TYPHOÏDE (Annécs 188G-1887) (pour 10 000 habitants).
Lille
Bordeaux
Tourcoing. . .
Avignon
Orléans
Perpignan
I^yon
Brest
Grenoble . . . .
Toulouse
Dijon
Alontpellier . . .
Rennes
Lorient
Paris
Marseille
N’anev
dette .
Toulon
Le Havre
La comparaison de ces chitTres avec ceux de la mortalité dans les garnisons de France montre que les
ÉLÉMENTS D’HYGIÈNE
ravages de la fièvre typlioïde sont bien plus considérables dans rarinée que dans la population civile.