‹ Principes d'hygièneChapitre 22 sur 94 · VACCINATION · texte numérisé non relu

VACCINATION

L’observation capitale qui a servi de point de départ h la découverte de la vaccination, est la constatation de la non-récidive d’un certain nombre de maladies transmissibles lorsqu’elles jirésentent une forme bénigne. Jenner découvrit le vaccin de la variole pai- une heureuse inspiration, mais cette découverte, malgré son importance, resta un fait isolé, car elle ne s’appuyait pas sur l’étude du iléterminismc de la variole. M. Pasteur, au contraire, a créé une métbode générale de

LLS MALADIES TUAASMISSIDLES.

recherches et de culture des vaccins, extrêmement l'cconde, j^arce qu’elle est la conséquence rigoureuse de ses études expérimentales sur les maladies transmissibles. Il y a dix ans, on n’eût pas osé sou|)Çonner les merveilleux résultats de ces études, et cependant, tlepuis cette époque, nous connaissons le vaccin du choléra des poules, de la maladie charhonneuse , du rouget du porc, du charbon syuq)tomati({ue, de la rage, etc. Dans cette voie suivie par les élèves et les émules de M. Pasteur, où chaque jour est marqué par des découvertes importantes, nous pouvons envisager l’avenir avec conliancc.

Ce n’est pas ici le lieu d’entamer le récit des discussions, à peine écloses, sur le mécanisme au moyen du(|uel les vaccins conl’èrcnl, [)our un temps variable, rimmunité comj)lètc. Nous nous bornons à résumer les laits les plus iiu[)ortants.

Vaccins vivants, vaccins inertes. — Nous avons vu que les bactéries pathogènes, en se déveloj)pant dans le coi‘[)s, y exercent leurs ravages de deux façons : soit en |)ullulant dans les tissus, soit en sécrétant des substances toxiques ({ui dilVusent dans l’organisme et y provoquent des désordres plus ou moins grands.

Dans ses [)remières expériences, M. Pasteur a emj)loyé des vaccins vivants, c’est-à-dire des cultures dans les(juelles la virulence des bactéries était atténuée sous des inlluences diverses (action de l’oxygène, de la chaleur, des antiseptiques, etc.). On emploie deux ou un [)lus grand nombre de vaccins (jusqu’à lU dans la rage) de virulence variable et on les inocule successivement

ÉLÉMENTS irilVElÈ.NE.

à clds intervalles réguliers, de manière que les vaeeins les plus virulents soient inoculés les derniers. Ces vaeeins eonlèrent une iininimité ])lus ou moins longue, rigoureusement établie pour la bactéridie du cliarbon, le choléra des poules, etc.

Depuis quelques années, on emploie des vaccins inertes, c’est-à-dire les liquides de cultures privés des cellules vivantes, })ar une élévation de température sullisante ou par la filtration à travers la porcelaine dégourdie. Ces vaccins inertes renferment les substances vaccinantes ou toxiques, qui font de l’organisme un milieu impropre à la végétation de la bactérie qui les a sécrétées.

Les vaccins inertes paraissent se distinguer des vaccins vivants, parce qu’il faut en injecter une assez grande quantité pour conférer rimmunité. Nousjjouvons signaler comme excnq)le le vaccin de la septicémie découvert j)ar MM. Roux et Cliamberland.

C’est l’organisme spécifique de la maladie qui confère ordinairement l’immunité, soit par lui-même quand sa virulence a été atténuée, soit par les produits de son activité ; on connaît ce|)endant un ou deux cas de vaccins constitués ])ar les [)arasites d’une alfection différente de celle pour bupicllc ils diminuent la réce])tivité. Ainsi, !(' ])arasite de W’visiipèle , inoculé à des lapins, les rend réfractaires à la maladie cbarboimeuse. C’est peut-être aussi le cas de la vaccine, si l’on arrive à démontrer (pi’elle constitue une maladie différente de la variole, pour laquelle elle confère rimmunité.

La vaccination précède ou suit l’invasion des

LES MALADIES TRAiNSMISSlDLES.

germes ou des virus. — J^’inoculation du viicciii de la maladie charbonneuse, du choléra des ])Oules, etc., doit avoir lieu avant l’invasion des tissus par les produits virulents, sinon la vaccination est incl'ticace. Dans certaines affections cependant, les vaccins peuvent être introduits dans l’organisme après l’inoculation des virus et, néanmoins, ils le protègent contre les effets nocifs de ces derniers. C’est ce qui a lieu normalement pour la rage, car on ne vaccine (jue les individus mordus, et accidentellement pour la variole, dont les effets peuvent être atténués par la vaccination pendant la période d’incubation. Dans ce cas, il y a, pour ainsi dire, lutte de vitesse entre le virus et le vaccin ; quand ce dernier arrive premier au lieu d’élection du virus, la maladie est enrayée ou revêt une forme l)énignc.

L’efficacité des vaccinations a été suffisamment établie à propos de chacune des maladies pour lesquelles ce moyen de préservation est employé (voyez pages 54 et 74) pour que nous nous dispensions d’insister sur ee sujet.

Page 1