STÉRILISATION
Destruction des germes ou des virus. — Avant (pie l’on conm'it la nature des g(‘rmes de certaines maladies transmissibles et leur résistance jiarfois très grande aux causes de destruction, on attribuait aux émanations putrides affectant désagréablement l’odorat l’origine des épidémies. Quand on avait fait disjiaraître ou corrigé, au moyen de substances chimiques a[ipelées désinfcctanls, ces émanations désagréaliles.
ÉLÉMExMS D’HYGIÈNE.
on croyait avoir purifié l’air et détruit les germes des maladies épidémi(jues : erreur funeste, que la recrudescence des maladies a trop souvent démentie.
Ce ne sont pas les mauvaises odeurs qui sont à redouter par elles-mêmes, mais bien le foyer d’infection dont elles révèlent l’existence et qui peut être la source d’épidémies plus ou moins graves. Aujourd'hui on ne recherche plus les substances destinées à corriger les mauvaises odeurs, les désinfectants comme on les nommait, mais bien celles qui détruisent d’une manière certaine les germes des maladies transmissibles : ce sont les stérilisants.
Deux procédés sont employés pour détruire les germes : 1“ ou bien on ajoute aux matières on aux objets contaminés des c’est-à-dire des substances
qui tuent les germes ou empêchent leur dévcloj)pement ;
2“ Ou bien on soumet les objets souillés à l’action d’une température suffisamment élevée pour détruire les matières virulentes.
Stérilisation au moyen des antiseptiques. — Le
nombre des substances dites antiscj)tiques est considérable, mais il n’en existe qu’un petit nombre qui soient réellement efficaces.
Le sublimé corrosif [bichloriire de mercure) et la chaux en suspension dans l’eau doivent être signalés en premier lieu.
Le sublimé corrosif employé en solutions inégalement diluées de 1/1000® à 1/10 000® est rantiseptique par excellence, il est enq)loyé maintenant dans tous les
LES MALADIES TKAîiSMISSIDLES.
liôpitaiix soit pour faire des lavages, soit })Oiir réaliser des pulvérisations
Le lait de cliauxà 20 [)Our 100, réceiiiment préparé, s’est iiioiitré [)lus actif ([ue le sublimé, car, d’après MM. Richard et Cliautemesse, il stérilise d’uue manière complète, au bout d’une demi-heure, les déjections des typliKjuesetdes dysentériques, tandis (|u’après 48 heures les selles additionnées de sul)limé sont encore capables de fournir des colonies; malhenrensement l’emploi du lait de chaux est restreint ii la désinfection des déjections, des crachats, ainsi qu’à lapurihcation de certaines eaux.
Ou emploie aussi dans le même but, quoiqu’ils se montrent bien moins actifs, les sels de cuivre, principalement le svlfale (Je enivre à 2 ou 5 pour 100, Vdcide pliéni(jue, Vaeide J)oriqne, Vedun, le lanin, les naphtols a et Viodoforme, etc.
Parmi les désinfectants gazeux, le elüore, XeJn'ome et Vdi'ide siilfnrenx, sont encore souvent cmj)loyés, mais ils ont l’inconvénient d’ii riter les muqueuses et de désorganiser rapidement les tissus; d’ailleurs, loin- action antiscpti(|ue est loin d’étre aussi grande (pi’on l’admettait. Il résulte en cllèt des ex|)éricnccs du docteur Thoinot (|ue, si l’acide sulfureux délriiit, à la dose de 00 grammes de soufre brûlé par mètre cube et en vingt-(piatre heures, les bactéries suivantes : Ijactéries de la morve, de la tuhercvdose, de la fièvre ty[)hoïde, de la diphtérie, du choléra, il reste sans action, même à haute dose, sur
1. Il ne l'aut pas oulilier (|iic le sublimé corrosif est un poison violent; on ne doit remployer <|u’en lotions ou lavages externes.
ÉLÉMEMS D liYGIÈ.NE.
les s])ores du vibrion septique, du charbon syiiq)tomati({ue et du charJ)ou })actéridieu. Néaniiioius ce gaz peut i-eudrc de grands services dans certaines circonstances. Rappelons que l’acide sulfureux, en présence de l’air et de riuunidité, dans les corps poreux, se transforme rapidement, par oxydation, en acide sulfurique qui désorganise à la longue les tissus.
Le chlore est employé à l’éfat de chlorure de chaux, qui, sous l’intluence de l’acide carl)onique, dégage peu à peu le chlore gazeux; on l’enqjloie en solutions à 12 ou 5 pour lUO.
Stérilisation par la chaleur. — Les observations ([ue nous avons faites sur les j)ropriélés générales des bactéries montrent que l’emploi de la chaleur est le procédé le j)lus cflicace pour la destruction des germes ou des virus. Spallanzani employa pour la première fois la chaleur, pour tuer les germes, dans les expériences qu’il avait entreprises pour démontrer que la génération s])ontanéc n’existe pas; mais c’est à M. Pasteur que l’ou doit les données les plus précises sur ce j)rocédé de stérilisation des milieux.
C’est à l’état de vie ralentie, à l’état de spores, que les bactéries sont le plus résistantes aux causes de destiaiction ; assez réfractaires à l’action de la chaleur sèche, elles succoiuheut beaucoup j)his vite à l’action de la chaleur humide; mais la température de l’ébullition à 100 degrés n’est ]>as toujours suflisante, il faut porter les spores à la températiirc de 115 à 120 degrés pour stériliser les milieux d’uuc manière absolue.
Pour obtenir ces températures, on emploie aujour-
LES MALADIES THAASMISSIDLES.
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d’hui des étuves à va|)cui* sous [)i‘essioii, qui periiietteiil de stériliser les objets les plus divers sans détérioration, après uu séjour de 15 minutes. D’après les observations du docteur O. du Mesnil, l’étuve tà désinléctiou de MM. Geneste et llerscber, la plus employée aujourd’bui, stérilise après 15 minutes à 106 degrés les germes du rouget du porc, du choléra des |)oules, du choléra asiatique, de la maladie charbonneuse; à 108 degrés les bacilles de la septicémie, et enlin à 1 15 degrés, le Bacillus siibtilis et le bacille du cbarlion synq)loniati(juc, germes les plus résistants (pie l’on connaisse.
L’enqiloi des divers procédés de stérilisation varie suivant les circonstances et il n’est pas possible d’indiquer, à cet égard, de règles lixes, mais il huit être bien convainen que la stérilisation par la vapeur d’eau snrebaunée à 115 ou D20 degrés est de (ous les modes employés le plus effleace, et l’on devra y recourir toutes les lois (|u’on pourra l’utiliser'.
1. Voyez à la lin du livre, dans rappondice, « les liislruelions propliylaeliques eoiilre les maladies épidémi(|ues et Iraiismissihles ».