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CHAPITRE I

LES MALADIES TRANSMISSIBLES

^ I. — CoKSIDÉR.VriONS GÉNÉRALES SUR LES BACTÉRIES

Avant d’aborder l’étude des maladies parasitaires, transmissibles on non, et l’examen des règles d’hygiène qui découlent de cette élude, nous devons examiner brièvement les caractères généraux des Bactéries, car elles représentent, parmi les parasites, les germes des alïéctions les plus redoutables jiour l’homme ou les animaux.

Les Bactéries forment un groupe d’Algues filamenteuses ordinairement dépourvues de chlorophylle, qui peuvent, comme les Cdiampignons, vivre dans les matières organiques ou dans le corps des êtres vivants; dans le premier cas, elles sont saprophytes, dans le second, elles sont Ces algues sont formées de cellules rondes, cylindriques ou en forme de bâtonnets; leur taille est toujours très faible, le diamètre est souvent d’un millième de millimètre (ce (jue l’on appelle un g), parfois moins ; la longueur est trois ou (juatre fois égale à leur largeur. Chaque cellule renferme une masse protoplasmique granuleuse où l’on ne distingue pas de

ÉLÉIIEMS D’HYGIÈNE.

noyau difiërencié et une mcml)ranc formée d’une couche externe gélatineuse et d’une couche interne résistante. A l’état de liberté, les Bactéries peuvent être inirriohiles ou se mouvoir avec une grande ra])idité. Les formes qu’elles revêtent se ramènent à trois principales : tantôt rondes, ce sont les Microcoques {fiq. 1 , A, B) ; ou en

Fi". 1. — Formes diverses des liacférics. A, Micrococcus aceti. B, Micrococcux letragenns^ dans la salive, les crachais. C, Sorcina ventriculi, dans l’eslomac de l'homme. D, Bacillus septicus (vibrion sepliqne). E, Bacille du lait bleu {Bacilln^ syiicynmut) : forme végétalive; h, spores; c, forme de

zoogléc. F, Siiirillum de la lièvre récurrente [Spirillum Obermeiri) dans le sang : g, globules; s, spirilles. G, Sph'illuin pUcntilc.^ dans l’eau stagnante renfermant des détritus de ])lantes. Le grossissement est indiqué ])ar l’échelle micrométriqnc dans la(iucllc un représente un millième de millimètre.

forme de bâtonnets, ce sont les Bactéries proprement fûtes ou les Bacilles {fig. 1, D, E) ; tantôt enfin plus ou moins coudées et affectant même la forme de tire-bouchons, connues sous les noms de Spirillum ou de Spirochæte {fig. 1 , F, G).

Quand on cultive ces plantes dans un liquide nutritif, elles végètent plus ou moins rapidement et, comme

LES MALADIES TUANSMISSIliLES.

conséquence, on observe une division qui peut servir de mesure à l’activité de la végétation. Parfois les cellules se séparent aussitôt après la division, niais souvent aussi elles restent accolées de manière à former des colonies de forme variable. Quand la segmentation est transversale, les colonies forment des filaments plus ou moins encbevctrés, comme on l’observe pour les Bacilles ou les Bactéries. Dans certains Microcoques, la segmentation a lieu suivant deux, ou plus rarement suivant trois directions, les colonies sont plus ou moins massives : les Sarcina [fiq. 1, G) sont des exemples de colonies massives résultant de la division suivant trois directions perpendiculaires, ba formation des colonies est favorisée par la substance gélatineuse qui constitue la région extérieure de la membrane et ((ui agglutine les cellules, de manière à former parfois une masse volumineuse, désignée sous le nom île zooglée {fig. 1, B, E) ; les zooglécs peuvent acquérir la grosseur d’une noix ou du poing.

Ces généralités étant connues, examinons le déveloj)peinent de quebpies espèces très communes et d’ailleurs inolfensives.

Bacille du foin {Ikicillus snbtilis). — Quand on fait bouillir pendant ipielques minutes du foin sec dans l’eau, et (pie l'on filtre ce liquide, il ne tarde pas à se troubler, si la température est maintenue au voisinage de 5U". On voit, un jour ou deux [>lus tard, à la surface du Ibpiide, un voile membraneux plus ou moins épais; si l’on recueille une goutte de l’infusion et ([u’oii l’examine au microscojic {fig. "2, a), on

ÉLÉMENTS DTIVGIÈNE.

aperçoit des bâtonnets cylindriques, à extréniités arrondies de 4 à 5,5 [i de longueur sur 0,7 à 0,8 g. de largeur. Ce sont des bacilles qui oiïrent des inouvements d’abord très vils ; ils se présentent souvent en longues chaînes possédant un inouvenient [)lus lent et onduleux.

Au bout d’un certain temps, les tilainents deviennent innnobiles et montrent une tache sombre en leur milieu, c’est l’indice de la formation des spores; ces taches grandissent, deviennent ovoïdes et atteignent 1,2 p. de longueur avec un diamètre un peu plus faible que le bâtonnet dans lequel elles ont jiris naissance {fiç/. 2, b, (\ d). Bientôt, les membranes des bacilles se dissocient et les s])ores tombent au fond du liquide.

Le Bacillus siibtilis est très avide d’oxygène: c’est pour cela (jiie ses colonies forment, à la surface des liquides, un voile ])lus ou moins é()ais; en l’absence d’oxygène, les bâtonnets meurent très vite après avoir ])ei‘du leur mobilité ; les spores résistent, mais ne ])cuvent germer.

Le Bacille du foin est donc le tyj>e des espèces aérobien, c’est-à-dire ayant besoin du contact de l’oxygène pour se développer ; la chaleur tue rapidement les bâtonnets en voie do végétation, mais les sj)ores résistent longtemj)s à la température de l’ébullition.

Fig. 2. — Bacille tlu foin {Bacillus siiblilis). a, forme végétative mobile ; b, bâtonnets avec les s])ores formées; c, spores; d, spores grossies (lu double des formes précédentes, l'une est en voie de germination (L’écbelle microméfrique no correspond jias à cette dernière figure d).

LES MALADIES TUAASMISSIBLES.

Le Micrococcus aceti, qui Iransfoniie l’alcool en acide accti([ue et qui est l’agent de la fahrication du vinaigre, est un aérobie eoiiune le Bacille du loin; il végète à la surface des liquides alcooliques et y forme un voile désigné sous le nom de mère de vinaigre.

Bacillus Amylobacter. — Si on jilace des graines de Haricot ou des fragments de Radis, dans un flacon rempli d’eau et que l’on bouche bermétiijuement eu laissant passer, à travers le bouchon, un tube de dégagement rempli d’eau, on observe au bout do quelques heures, à 55 où 40", une fermentation énergique. Au sein du liquide en fermentation, les tissus végétaux sont dissociés ; en même temps il se dégage do l’acide carboni([ue, de l’hydrogène et l’on perçoit une odeur désagréable où domine celle do l’acide butyri({ue. Un fragment de tissu examiné au microscope, se montre farci de bâtonnets cylindriques animés d’un mouvement d’oscillation rapide {fig. 5, a), c’est le Bacillus Amglobacler, ainsi nommé parce (pi’au moment où les spores vont se former, les bâtonnets renferment une substance amylacée dispersée dans la masse protoplasmique. A l’inverse du Bacille du foin, le Bacillus Aimjlohacter est tué par le contact de l’oxygène de l’air, et la mort est précédée de l’immobilisation : cette Bactérie est donc anaérobie ; c’est pour éviter rintîuence nociv(>

n 10 tou.

Fig. 3. — Bacillus Amylobncler. n, forme végêlalive; b, spores en voie de forinaliou; e, spores formées.

ÉLÉMENTS D’IIYGIÈ^E.

(le l’oxygène, (|iie nous avons renij)!! d’eau le flacon clans lec|uel nous avons voulu cultiver celle espèce. Les liâtonnets forment des spores tanl()t au milieu, souvent à l’une des extrémités ; mais l’endroit où elles doivent se former est toujours indic{ué par un renflement [fuj. 5, h, c). Les spores, dès cju’elles sont formées, résistent à l’action de l’oxygène c{ui tue les l)àtonnets en voie de végétation. Cette Bactérie joue un rôle très important dans la dissociation et la putréfaction des tissus; elle est extrêmement répandue.

Les deux exemples qui viennent d’étre cités et que l’on pourrait facilement multiplier, nous montrent cpie les Bactéries se présentent ordinairement à deux états : 1" à l’état de vie active; 2® à l’état de vie ralentie.

A l’état de vie active, lorsque les conditions de milieu sont favorables et la nutrition abondante, les Bactéries forment des cellules arrondies en forme de b.àlonnets qui s’accroissent dans le milieu nutritif et se multiplient par division. Le nombre des individus formés ainsi augmente très vite, de sorte (ju’im liquide organicpie s’altère rapidement en leur présence; ainsi, dans l’eau de la Vanne, qui constitue cependant un liquide peu nutritif, M. .\li(piel a trouvé les nond)res suivants par centimètre cube.

Iininédialcment. .

Deux heures après Uu jour après . .

Deux jours après .

Trois jours aj)rès .

48 haclérics.

58 OOÜ —

A l’état de végétation.

les Bactéries sont très sensi-

LES MALADIES TDANSMISSIRLES.

ir.

blés aux actions extérieures ; une température peu élevée, (le 00“ à 8Ü“, les tue, ainsi (pie l’excès ou la pi ivatioii (le l’air, pour les esjièces anaérobies et aérobies; diverses solutions minérales : l’eau de chaux, les sels de mercure, de cuivre, etc., les tuent ra|)idemeut ; souvent meme les produits de leur activité ralentissent ou arrêtent la végétation.

A l’état de vie ralentie, les Bactéries se présentent sous l’aspect de granules très fins appelés spores, qui sont particulièrement résistantes aux causes de destruction : la dessiccation, l’action de l’oxygène, l’abaissement de la température, l’élévation jusqu’à 80“. Pour les détruire, il faut les exposer à une teuqiéi’ature de 100“ et même de 120“ dans un milieu luuuide; les spores du Bacille du foin résistent même à la température de l’eau bouillante pendant une demi-heure. C’est donc par le passage à l’état des spores, que la survivance des Bactéries est assurée ; ce fait est particulièrement remarquable pour les Bactéries anaérobies, comme le liacillus Amylobacter, le Bacillns septicus, dont ou rencontre partout les spores dans le sol et dans l’eau.

Le n'de des Bactéries dans la nature est immeuse.La plupart vivent dans les substances organiques qu’elles décomposent et transforment jiar hydratation, l’éduction ou oxydation, en composés ebimiques de moins en moins complexes à mesure que les végétations se succèdent ; de sorte qu’au bout d’un temps relativement court, les corps organiques l'entrent dans la circulation générale à l’état de substances minérales : eau, acide carbonique, ammoniaque, acide nitrique, a/ote. Elles constituent

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ainsi, avec les Champignons, les agents essenliels de la circulation de la matière, qui va sans cesse du monde minéral au monde organique et inversement.

Lorsque les Bactéries vivent dans les substances organiques et y accomplissent leur évolution, on les appelle saprophytes; les transformations qu’elles produisent sont souvent désignées sous le nom de fermentations, telles sont par exemple les fermentations acétique, lactique, butyrique, visqueuse, etc. ; dans ce cas, les organismes spécifiques (Bactéries ou Champignons) reçoivent le nom de ferments; à ce titre, beaucoup de Bactéries sont pour nous d’une grande utilité. Malheureusement un certain nombre d'entre elles sont nos ennemis d’autant plus redoutables qu’elles sont invisibles ; tantôt elles vivent en saprophytes dans les substances alimentaires et les détériorent; tantôt elles peuvent s’introduire dans le corps et y vivre en parasites. Ce sont ces dernières que nous allons voir à l’œuvre, en étudiant les principales maladies parasitaires.

§ II. — Type de maladie transmissible

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