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I. — Maladies duoduites i*ar les eaux d’ali.memaïion

Les eaux servant à la boisson |)envent être souillées par des bactéries on des (l'iifs d’aniinaux (|ui se dévelo[)pent dans le corjis de riioniiiuï et y causent des désordres jibis on moins graves, (ies accidents se ramènent à deux causes bien dillérentes : tantôt les eaux apportent dans le corps les omts on les larves d’im certain nombre de parasites qui ont besoin, jxnir accomplir tout on partie de leur évolution, d’baliiter le corps de riiomme; ce sont les parasites proprement dits, appartenant au groupe des Vers. Plus souvent, les ('aux introduisent dans rorganisme des bactéries patbogènes et transmettent avec une glande rajiidité les maladies contagieuses : la fièvre typhoïde, le choléra, la dysenterie.

VERS P RASITES

Les [)arasit('s, introduits par l’eau dans le corps de rhouime, appartiennent surtout au groupe des vers. Signalons jiarmi les Trématodes, les Dislomes et le Hilhnrzia honnatohia -, jiarmi les Nématodes, V Ascaris lumbricoïdes, VOxynre vermiculaire, le Tricocephalas Hominis, V Uncinaria daodenalis, les Pilaires et enlin, [larmi les Aimélides, la Sangsue de Llu'val.

ÉLÉMENTS D'IIYCIÈNE.

Douve du foie {Dislonia hepalicnni). — Ces animaux i-essenil)leni à un anneau de ténia (//[/. hi), et leurs (eufs évacués dans l’eau y subissent une série de translbrinations complexes. J/œuf éclos donne un embryon mobile qui pénètre dans le corps d’un mollusque, la Lymnée {Lyinnca truncaluJa) et se change

l'if;. 1:2. — Di.slonio du foip. A ffaïu'lio, animal adiilli'; à droilo, a, Ilùdic Iransl'onnép on un sac roinpli de (lercaircs. b. Cercaire isolée très frrossie.

en un sac (Sporocysle) dans lequel se Ibrment par bourgeonnement les Rédies ; devenues libres, les Rédics vont SC fixer dans le foie et, par un mode de sporulation analogue à celui des sporocystes, jieuvent jiroduire des Ccrcaires, larves ovoïdes garnies d’un appendice caudal, d’une ventouse abdominale et buccale et d’un aiguillon frontal {fiy. 12). Au moyen de cet aiguillon, les Ccrcaires |)erforent les tissus de leur bote et s’écbap-

peut à l’extérieur en se lixanl à la siirlacc d’un corps submergé, notamment sur les plantes aquatiques, où elles s’enkystent; elles peuvent aussi être déposées sur les lierl)es, au bord des mares ou des étangs.

Les Cereaires enkystées sont avalées, avec les berbes, par des herbivores tels (jiie les moutons; le kyste est dissous et les larves devenues libres pénètrent de l’intestin dans le canal cholédoque, puis remontent dans les canaux et la vésicule biliaire où elles prennent la forme sexuée.

Ces parasites provo(juent chez les moulons, les bœufs jeunes, la maladie connue sous le nom de cachexie aqueuse. Chez riiomme, les larves de Cereaires peuvent être introduites directement ou avec les Lymnées par l’eau ou par des plantes aquatiques telles que le Cresson, qui, comme on le sait, est souvent consommé au naturel.

Le Distome lancéolé existe aussi quelquefois chez rhomme sans produire d’accidents graves; ses métamorphoses s’acconq)lissent dans le corps d’un autre gastéropode, le Planorhis marqinala.

Signalons aussi le Distoma Sinense qui habite aussi le foie, il est assez fréquent au .lapon; le Distoma Rinqeri ({ui vit dans les poumons de l’homme et occasionne une toux avec crachats que l’on a souvent confondue avec la tuberculose.

Bilharzia Hœmatobia. — Ce j)arasite ne se rencontre heureusement pas en France, mais il est fréquent sur toute la cote orientale d’Afrique, en Egyj)te, en Abyssinie où la moitié de la population adulte est

ÉLÉMENTS D'IIVfilÉM'..

infestée, par suite de la consommation de l’ean impure des citernes ou des mares. Le parasite (//r/. 15) vit dans

la veine porte et scs ramifications, dans les veines de la rate, des intestins, de la vessie ; peu dangereux, par lui-méme, ce sont surtout ses œufs volumineux, pourvus d’un éperon, qui causent les plus grands dégâts. En eflét, ils sont entraînés par le sang, s’arrêtent dans les capillaires et déterminent des inflammations ; c’est dans les voies urinaires que

Fier. 13. — Bilhnrzia hœrna- feS désOl'drCS SOUt IcS pluS graVCS, tobin, a, groupe de doux i , i •

la rupture des vaisseaux provoque une hématurie , c’est-à-dire l’émission du sang avec l’iirine. On ne connaît pas encore le développement complet de ce parasite.

animaux adultes do graudeur naturelle; h, les mêmes plus grossis montrant le suçoir ; c, œuf.

Nématodes. — L’eau peut introduire aussi dans l’organisme un certain nombre d’œufs ou de larves de Nématodes.

Ascaride. — L’yl.srni’/.s linubricoïdes, très fréquent dans l’intestin grêle de l’homme, est reconnaissable à ses œufs volumineux garnis d’une coque hérissée de tubercules arrondis {/içj. 14, d); on ne connaît pas l)ien encore les phases de son évolution et l’on suppose que Eeau est le véhicule de ce parasite pour l’homme. C’est surtout chez les enfants qu’il provoque

DE I/EAU

(les accidents graves : convulsions, congestion cérc‘- 1 traie, etc.

Oxyure vermiculaire. — Extnnncment trc(|uenl dans le gros intestin et l’intestin grêle, l’oxyure se présente sons l’aspect de vers tiliformcs ou un peu enroulés, de K) niilliinètrcs environ (//r/. In); il est amené dans

l’intestin par les eaux, sans avoir besoin d’un hôte intermédiaire.

Anchylostome [Anchiflostoma (hiodeyinlis) . — Celte espèce forme, dans l’intestin grêle, des veis de 10 à 15 millimètres de longueur (//r/. I(i), ayant nne armature buccale formée de (piatre dents, en forme de crochets, au moyen destpiclles l’animal perfore la mu- (jueuse intestinale, déchire les capillaires et provofjue ainsi une petite bémorrbagic pour se nourrir du sang. On com;oit (pie si ces parasites sont nombreux, ils

Fi", li. — Asenris lumbricoïdeii.

a, tête vue de prolil ; b, vue de face et moiitraiit la bouclie ; c, e.vtréinilé caudale avec les sjiiculcs ; d, œuf.

Fi", lo. — Oxjiure veriniculaire. a, grandeur naturelle ; b, uii des individus grossi 10 fois; c, œuf avec cinbryoïi grossi.

KI.ÉMfiNTS

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pciivenl. (lélcTininor une anciiiie grave, désignée en Egypte, sons le nom de chlorose écjyplienne.

Les œufs expulsés avec les matières excrémentitielles, tombent dans l’eau on dans la boue, ils éclosent et donnent naissance, api-ès (piebpies métamorphoses, à

des larves qui |)assent en état de vie ralentie et séjournent dans la vase ou dans la boue pendant longtemps, souvent plusieurs mois. C(i sont les objets souillés jiar l’eau vaseuse ou la boue qui, portés à la bouche, transmettent le parasite à l’homme. L’anchvlostome duo-

dénal est par suite répandu chez les ouvriers qui travaillent dans la terre ou la vase argileuse, tels que les briquetiers, tuiliers, ])otiers, ainsi que les ouvriers des rizières, des mines et des tunnels.

On l’a signalé chez les mineurs de Saint-Étienne, d’Anzin, de Commentry, du bassin bouiller de Liège, dans les mines d’or de Chenmitz et de Kreumitz en Hongrie; on l’a rencontré aussi chez les ouvriers du tunnel du Saint-Gotliard.

Ce parasite est beaucoup plus commun dans les pays chauds, en Egypte et dans l’Amérique intertropicale (Brésil, Pérou, Guyane, etc.). On a pu facilement le faire disparaître des mines en empêchant les mineurs de disséminer les excréments dans les galeries, de

Fig. -16. — Anchylostonic duodénal. a, grandeur naturelle; b, l’un des individus grossi ; c, lè(e montrant les mâchoires ni.

DE L’EAU

manière à éviter la coulamiiialion de la terre, de la boue qui couvre le sol, ou des eaux de boisson.

Trichocéphale ( Trichocephalus (Uspar). — Ce ver présente uuc partie antérieure très mince, capillaire, et une région postérieure quatre ou cinq fois plus épaisse, cylindrique {fUj. 17): il habite le côlon, le cæcum et

Fi". 17. — Trichocôplialo de l’honiine. a, fçrandeuriiafurellc; b et c, individus {rrossis, dont l’un c est lixé par son extrémité eflilée dans la muqueuse inleslinale; t/. eeuf grossi.

raj)|)endice cæcal : cbez riiomme, on le trouve enfoncé plus ou moins jirofondémcnt, par sa ptirlic eflilée, dans la muqueuse. H est assez commun en Europe, où riiomme le reçoit directement de l’eau.

Pilaire de Médine (Filaria Medinensis). — Dragonneau. — Ce jiarasite se rencontre dans les contrées tropicales de l’ancien monde, surtout en Afrique. A l’épotpie dela])out(' des omis, les femelles, disséminées

ÉLÉMEiSTS D’IIYEIÈNE.

dans le tissu conjondir, éinigTent sous la peau où elles atteignent jusfju’à 80 centiiuètres ; elles produisent aloi’s des abcès (]ui s’ouviaïiit et expulsent le ver par fragiueuts, avec une rpiautité considérable d’einbryons [fig. 18). Quand on veut enlever ces parasites, on incise la tn-

nieur et l’on enroule le ver (‘Il tirant lentement pour éviter la rupture , autrement les embryons se répandraient dans la jilaie en occasionnant des douleurs très vives, une longue supjiuration et souvent de la gangrène. Les embryons, expulsés par l’ouverture des abcès, tombent sur le sol et peuvent, si les conditions d’bumidité ne sont |ias favorables il leur dévelopjiement, passer en étal de vie ralentie. La période des |iluies provoque leur réveil et ils nagent dans l’eau sous l’aspect de corps üliformcs grêles [fig. 18, i>). Ils rencontrent de jietits crustacés, les Cgclops, dont ils perforent la carapace et, arrivés dans le corps de ces animaux, y accomplissent leurs métamorpboses. HientiU la larve subit un arrêt de développement, jnsipi’au moment où les Cyclops infestés sont introduits avec l’eau de boisson dans le canal digestif de riiomme. Là, après des transformations mal connues, les femelles émigrent dans le

Fiff. 18. — Filairede Médine, a. individu adulle loinelle de prandenr nalurclle; b, embryons 1res grossis.

DI-: L'EAU

tissu conjouclir et après 18 mois ou ans, elles apj)araissent sous la peau, à la cheYille notamment. Le dragonneau, connu encore sous le nom de ver de Guinée, ver (lu Congo, etc., est commun en Egypte, au Sénégal, sur les cotes de Guinée.

Pilaire du sang de l’homme [Filaria hominis sanguinis). — (ies vers, longs de 88 à 155 millimèti'cs, vivent à l’état adulte dans les vaisseaux lymplialicjues : les larves ne se rencontrent dans la circulation ])éripliérique (pie pendant l’état de sommeil, comme on jieut le constater par l’examen du sang provenant des doigts, du lobule de l’oreille; jiendant la veille, ils disparaissent de la circulation péripliériipie et s’accumulent dans le tissu conjonctif ou dans les gros vaisseaux.

Le parasite est introduit par un mécanisme très singulier : les embryons sont puisés dans le sang par un h(')te intermédiaire, le moustique femelle* qui pique le malade pendant son sommeil, c’est-à-dire au moment où les embryons envabissent la circulation péri|)bérique ; puis cet insecte se lix(î au bord de l’eau, tandis que les jeunes blaires, introduites avec le sang, se développent dans son corps et prennent l’état larvaire. llient(')t le moustiipie pond ses œufs et meurt, les jcuues blaires dévorent ses tissus et s’écbap[)ent dans l’eau, d’où elles peuvent à nouveau s’introduire dans l’intestin d(> riionune et de là dans tes vaisseaux.

C’est un parasite redoutable qui cause les maladies les plus diverses : élépbantiasis, abcès lympbatiijues

1. C’osl la foincllc soulo qui se nourri! de sang, le niàle vil du neclar des Heurs.

ÉLÉMEMS D'HYGIÈNE.

(les muscles, liémalLirie intertropicale, etc. Il est très lré([iient aux Indes, eu Chine, au Brésil.

Anguillules. — Ou trouve souvent des augiiillules dans l’intestin grêle, principalement dans le duodénum : mais elles paraissent sans danger, et les troubles qu’on a constatés chez les individus qui hébergeaient ces animaux paraissent dus à une tonte autre cause.

Sangsue de cheval. — Nous pouvons enfin signaler, jiarini les Annélides, un animal qui, sans accompli]son évolution dans le corps de l’homme, jieut s’introduire accidentellement dans la partie aniérieure dn tube intestinal et y causer des troubles assez graves. C’est la Sangsue de cheval [Ilirudo sampnsuga) frécjuente en Tunisie et en Algérie dans les mares, les citernes ou les abreuvoirs. Cet animal ne peut, à cause de la faiblesse de ses mâchoires, perforer la peau des mammifères, mais il s’attaque aux muqueuses de la bouche, du pharynx et des fosses nasales, qu’il peut atteindre quand il est ingéré avec l’ean non filtrée, ha Sangsue de cheval est très commune en Espagne, on Portugal, dans le nord de l’Afrique; on l’a rcnconirée aussi en Sicile et dans le midi do la France.

On voit, par l’énuméralion qui jirécède, combien sont nombreux et j^arfois i-edoutables les jiarasites (pie hi'audc boisson peut introduire dans l’organisnie. C’est surtout dans les campagnes qu’ils exercent leurs ravages, à cause de la l’unesle habitude (pi’ont les paysans de boire l’eau non filtrée des fontaines, des puits ou des citernes exposées aux souillures les plus grossières.

UE L’EAU

Il est très facile de préserver l’homme de ces parasites, en ne faisant usage que d’eau liltrée par les procédés les plus simples : filtres en terre poreuse, filtres au charbon, etc.

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