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ÉPURATION EN GRAND DES EAUX POTABLES

L’épuration des eaux est une des questions les jiliis importantes de l’assainissement des villes. Deux procédés ont été proposés : 1“ la fUtrntion, employée déjà dans les temps anciens cliez les Grecs et les Romains ; ’’2° V cpuralion chimique.

Filtration. — Le |)roblème de la liltration des eaux, facile à résoudre autrefois, parce qu’on se proposait seulement de débarrasser celles-ci des matières en suspension, est devenu singulièrement compliipié depuis la découverte des bactéries pathogènes.

Dans la liltration des eaux en grand, le sol joue un

ÉLÉMEMS iJ’lIYGlÉiNE.

rôle imporlanl établi par lluinpliry Davy : ce physicien découvrit la proj)riété que possède le sol perméable des champs de culture, non seulement de retenir les particules en suspension dans l’eau, mais de purilier rapidement les eaux les plus impures. Pour démontrer ce fait il arrosait le sol avec le purin, liquide brun et fétide qui s’écoule du fumier, et recueillait, à une certaine profondeur, de l’eau incolore, inodore, presque entièrement dépourvue de matières organiques, retenues par le sol avec la plupart des sels. Cette expérience fut le point de départ de tous les essais tentés depuis pour assainir les eaux des rivières ou pour utiliser les eaux ménagères des villes.

La purification des eaux n’est pas réalisée également par tous les sols ; les plus actifs sont ceux qui renferment les matériaux constitutifs de la terre arable : sable, calcaire, argile et matières liumiques ; viennent ensuite les calcaires et en dernier lieu les sables siliceux ou porphyriques, qui sont seulement des libres mécaniques.

Si l’on sait depuis longtemps comment se comportent les ditférents sols vis-à-vis des matières solubles renfermées dans les eaux qui les traversent, on ignorait, il y a quelques années, l’action qu’ils exercent sur les microorganismes qu’elles contiennent; cette action est assez eflicace pour que la libration soit employée, dans beaucoup de villes, comme moyen de purbication des eaux.

Elle est réalisée, soit dans des bassins en maçonnerie où l’eau est amenée, soit dans des puits ou galeries fdtrantes creusées à proximité des fleuves.

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Bassins filtrants. — Ils ibnclionneiiL à Berlin, à llamhourj^, à Rotterdain, à /Airicli et servent à piirilier l’eaii des lacs ou des rivières. Ce sont de grandes cases en maçonnerie l)ien cimentée, an fond desquelles on dispose des drains, c’est-à-dire' des tubes en terre [)oreuse, et une couclie de cailloux lavés, surmontée de gravier et de couches successives de sable de plus en |)lus lin, constitué [>ar du sable (piartzeux lamlermaut une faible quantité de carbonate de chaux. Dans ces filtres, l’espace libre laissé entre les grains est environ le tiers du volume total.

Pour mettre ces bassins en activité, on les remplit d’eau par la base, de manière à chasser l’air emprisonné et, (piand ils sont pleins, on maintient l’eau à une hauteur déterminée, suivant le débit <pie l’on veut obtenir. Au début, le filtre laisse passer toutes les bactéries renfermées dans l’eau; bien plus, le nombre de ces organismes est augmenté, ce (|ui démontre (|u’ils végètent dans l’eau. Peu à peu le filtre est obstrué : à la surface du sable, il se forme une couebe grisâtre gélatineuse, formée de l)actérics et d’algues diverses, enveloppant les grains quartzeux ; (juand ce voile glaireux est constitué, le bassin commence à fonctionner, l’eau est |)lus liuq)ide et moins chargée de bactéries : on dit alors (pie le filtre est inih\ A ce moment, les bactéries sont inégalement réjiarties : (>n faible ([uautilé dans les couches inférieures, leur nombre augmente jusipi’à la surface où elles pullulent. I/a[)pauvrisseuient des bactéries tient à la diminution de l’oxygène dans les couches profondes, à l’oxydation

KLÉMEINTS D'HYGIÈNE.

(les iiialièrcs organûjucs, très énergique à la surface, de sorte que l’eau ne renferiiie que des inalériaux im- [H’opres à la végétation des micro-organismes.

On peut se rendre compte de ces faits par le tableau suivant :

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