MOYENNE
Lyon 110,87
Genève, 578 mètres 9o,23
Zurich, 407 mètres 8o,0
Saint-Bernard, 2 478 mètres. . . . — to,2Ü
L’iiomme est donc exposé à des variations de teni- [)ératnre plus ou moins grandes suivant les régions ([u’il habite; en général, la température moyenne est [)lus basse ([ue celle du corps et ce dernier se refroidit sans cesse dans l’air (jui reuviroime.
Quand les écarts tbcrmomélriqucs ne sont pas très grands, riiommc peut lutter facilement contre ces variations, et empêcher le corjts de s’écbaulfer ou de se refroidir jtar divers moyens : 1" par l’alimentation ; ^2“ par l’exercice; 5“ à l’aide du vêlement. .Mais quand l’abaissement ou l’élévation de la température deviennent trop considérables, il se produit des accidents plus ou moins graves.
Influence de la chaleur sur l’organisme. — La température élevée qui règne dans certaines contrées, notamment sous les troj)i(pies, produit chez riiomme un ralentissement de la nutrition ; la digestion est atfaiblic, l’aj)pétit devient faible ou nul, les sécrétions de la
ÉLÉJIEMS D'IlYGl ÈNE.
pe;m süiil exagérées, mais, par contre, la sécrétion urinaire est alïail)lie, enlin le système nerveux est déprimé.
Quand l’action de la chaleur est brusque et passagère, ces elïéts ne durent ]>as longtemps, mais si l’élévation do la teiu|)érature demeure constante, l’amaigrissement ne tarde j)as à se produire par suite de rinsul'lisanco des restitutions journalières.
Accidents produits par la chaleur. — Outre le ralentissement général dans la réparation des pertes, la chaleur peut produire des accidents plus ou moins graves. Tantôt cette influence est locale et bénigne; elle se traduit par une irritation et une rougeur de la peau provoquée par les rayons solaires et désignée sous le nom iV érythème solaire ou vulgairement coup de soleil. Le plus souvent des accidents très graves, souvent mortels, se produisent, soit par l’exposition au soleil, soit par une marche forcée dans un milieu à température élevée ; les lésions les plus ordinaires sont une congestion des méninges du cerveau, des poumons et meme des muscles. Ces accidents, connus sous le nom à' insolation ou de coup (Véchaiiffement, s’observent fréquemment dans les troupes en marche, pendant la forte chaleur des jours d’été, dans les régions tempérées, ou pendant les marches de jour sous les tropiques.
On prévient ces accidents en supprimant les marches ou les manœuvres de dix tà quatre heures, en entraînant les troupes et en supprimant les boissons alcooliques qui, prises à forte dose, prédisposent beaucoup aux insolations.
Ajoutons enfin qu’une élévation de la température
l»t L ATMUSIMIEKE.
lavoiisc l’éclosion d’un certain nombre de maladies transmissibles : la fièvre j amie, le choléra asia/ique, le choléra noslras, etc., les fièvres telluriques, la dijsenlerie et la diarrhée clironique des j)ays chauds, etc.
Action physiologique du froid. — ^ Les abaissements de la température, môme lors(ju’ils sont considérables, sont beaucoup mieux su])portés par l’organisme que l’élévation de quelques degrés au-dessus de la tenq)érature du corps. Nous disposons en elïét de nombreux moyens d’empècber le refroidissement du corps : des moyens physiques comme la protection à l’aide des vêtements; des moyens physiologiques, tels que l’augmentation des oxydations internes par une nourriture plus abondante et un exercice prolongé.
Quand ces moyens sont insuflisants, le froid manifeste son action par une diminution dans l’activité de la peau, couq)ensée insuflisamment par l’activité du rein, car la proportion des substances solides diminue dans l’iirine ; en outre, la circulation péripbéri(juc est alfaiblie et te sang rellue dans les parties profondes ({ui sont congestionnées, bientôt des douleurs se produisent dans les membres, la tête, etc., les extrémités se raidissent et se congèlent, l’individu tond)c dans un engourdissement, puis dans un sommeil [)rofond et la mort survient bientôt.
Accidents produits par le froid. — Comme on peut le prévoir d’après ce ([ui précède, ces accidents sont locaux ou généraux.
Les accidents locaux, connus sous le nom de congélations, s’observent dans les organes périphériques :
ÉülMEISÏS I) IIVGIÈ.NE.
2iU
inemhrt's, nez, oreilles, eie., ils présentent une série d’états de plus en j)lus graves, qui coinmencent à l’engelure et linissent à la gangrène des parties congelées.
Les accidents généraux sont beaucoup plus graves et l’on doit mettre tous ses soins à empêcher les individus dont l’activité est déprimée par le froid, de succomber à l’engourdissement précurseur de la mort.
Quand les accidents locaux ou généraux ont commencé à se produire, le plus (jrand danger à craindre est la transition brusque du froid au chaud. Combien de soldats en Russie sont morts subitement frappés d’apoplexie foudroyante, ou ont eu les membres gelés, pour s’étre approchés du feu ou pour avoir pénétré dans une atmosphère tiède! Dans les régions froides, où la congélation des membres se produit fréquemment, les frictions avec la neige ou les bains d’eau glacée, sont les meilleurs remèdes <à employer j)our rétablir la circulation.
Les accidents produits par le froid seront toujours atténués par une bonne alimentation, des vêtements mauvais conducteurs de la cbaleur et un exercice régulier et constanl.
Humidité. — La (piantité d’eau renfermée dans l’aiiest variable, suivant l’abondance ou la fréquence des pluies.
La (piantilé d’eau <pii tombe annuellement varie beaucoiq) en France, puisque certaines régions (Meaux, Troyes, Mehm, etc.), ne reçoivent que 40 à 50 centimètres d’eau [)ar an, tandis que d’autres, les Pyrénées
DE I/ATMOSPIIÈRE.
aux environs de Gavarnie, les Alpes an nord de Gap, reçoivent plus de ‘2 mètres d’eau. La quantité d’eau tombée ne suftit pas seule à caractériser le climat sec ou humide d’un pays et la répartition des pluies possède, à ce point de vue, la plus grande iiii])ortance. En elVet, Londres avec ü50 millimètres de pluie annuelle, Paris avec 570 millimètres, ont des climats humides, tandis que Cannes, où les j)récipitations atmosphériques atteignant 898 millimètres, a un climat sec.
En général, dans les régions littorales, les])luies sont plus abondantes et plus unirormément réj>arties (pie dans les régions continentales ; c’est surtout dans les régions littérales ou dans les plaines basses, au voisinage des cours d’eau, que les brouillards sont Iréquents.
Action de l’humidité sur l’organisme. — L’action exercée par l’humidité est peu connue, car il est dit'licile de la séparer de celle de la chaleur; on ne peut donc pas fournir de données précises sur cette inlluence. Cependant il parait bien établi que l’excès d’humidité de l’air, coïncidant avec une température élevée, est beaucoup plus meurtrier que la chaleur sèche; cela tient à ce que dans l’air humide, la sudoriPication, qui est le plus puissant moyen de lutter contre l’élévation de la température, est entravée; d’autre part, l’humidité dans l’air froid est plus diflicilement suppoi'tée qu’une température plus basse de l’air sec ; c’est ce qu’on observe dans les pays brumeux pendant l’hiver; la moi1alité y est plus considérable (pie dans les régions où le froid est jilus vif, mais l’air relativement sec.
Si l’action nocive de rimmidité est mal connue.
lü
KLÉMKiNTS D'IIYGIK.M;.
nnlUicncü cxcrcéo [>ar les j)luies sur la salubrité est plus facile à élablii'. 1/air est purilié des poussières et des germes qu’il renferme et ceux-ci, déposés sur le sol, peuvent y périr rapidement ou y trouver un terrain de culture favorable. Ainsi la mortalité à Paris et à Berlin est plus faible pendant les mois secs: par contre les lièvres palustres en Algérie, le typhus exanthématique en Pologne, en Silésie et dans l’Inde, présentent une recrudescence après les pluies.
Vents. — Les vents jouent un rôle important dans la répartition des pluies et dans l’établissement de la température d’un lieu, ils ont aussi une influence considérable dans la purification de l’air des grandes agglomérations ; leur rôle dans la propagation de certaines maladies transmissibles, considéré autrefois comme très important, est presque négligeable, maintenant que l’on connaît mieux l’étiologie de ces maladies.
Pression atmosphérique. — La colonne de mercure qui, dans les baromètres, sert à mesurer la pression de l’air, montre des oscillations régulières et accidentelles. Les premières se succèdent régulièrement, soit pendant le jour, soit dans le cours d’une année ; elles mesurent les variations (Uurnes et nnmielles de la pression almospbérique ; les variations accidentelles s’observent an moment des orages, pendant les perturbations des courants atmosphériques. Pour un lieu donné, ces variations sont assez faibles, de 2 millimètres à f)7 mm. 9, et ne paraissent pas exercer d’inlluence appréciable sur l’organisme.
, DE l/ATMOSPHÈRE. 2i".
Variations de pression avec l’altitude. — Si l’on passe d’un lieu à un autre, la valeur absolue de la pression varie et décroît plus ou moins régulièrement avec raltit\ule; cette décroissance de la pression est assez rapide, comme le montrent les chiffres suivants, dus à Paul Bert.
Ai.tituuk.
PnESSION.
Oxygène
ramené à la pression de 760 milliin.
0 mètres.
700 millimètres.
20,9 pour 100.
La diminution graduelle de la pression et la diminution consécutive de la proportion d’oxygène dans un volume d’air constant, exercent sur l’organisme une influence plus ou moins heureuse.
Altitudes moyennes. — Le séjour dans les altitudes moyennes, qui ne dépassent pas 1 800 ou 2 000 mètres, et où la dépression est de 15 à 20 centimètres, produit une réaction favorable sur l’organisme. La diminution dans le taux de l’oxygène absorbé est compensée, d’après les observations des docteurs Jaccoud et Vacher, par l’accélération de la respiration et de la circulation; on a même constaté, chez les individus séjournant à Barèges, à une altitude de 1270 mètres, une augmentation de la circonférence thoracique.
Si l’on remarque que certaines maladies, comme la phtisie, sont inconnues au delà de I 500 mètres en Europe, on comprendra l’engouement du public pour
ÉLÉMENTS D’HYGIÈNE
certaines stations alpestres (Davos dans les Grisons, Saint-Moritz clans l’Engadine). Il convient d’ajouter, en outre, que l’air des régions élevées est très pauvre en germes et renfeiane relativcmenl peu d’humidité.
Altitudes élevées. — Mal des montagnes. — Lorsque l’on gravit des montagnes très élevées, dépassant 2000 mètres, ou que l’on s’élève en ballon à une hauteur assez considérable, on observe, à partir d’une hauteur variable suivant les individus, des troubles désignés sous le nom de mal des montagnes. D’après Paul Bert, les phénomènes morbides provoqués par le séjour à une altitude élevée se succèdent ainsi : au début, sensation de fatigue inexplicable, respiration courte, dattements de cœur violents et précipités, dégoût pour la nourriture ; puis bourdonnements d’oreilles, céphalalgie, angoisse respiratoire, éblouissements, vertiges, faiblesse croissante, nausées, vomissements, somnolence; enfin abaissement, obscurcissement de la vue, hémorrhagies diverses, diarrhée, perte de connaissance.
Ces divers symptômes sont aggravés par le mouvement, la course, le vent même faible; le repos les atténue.
La cause de ces troubles, établie nettement par Jourdanet et Paul Bert, réside exclusivement dans la raréfaction de l’air, c’est-à-dire dans la diminution de tension de l’oxygène ; l’oxygénation incomplète des globules amène rallaiblissement de la nutrition et plus tard l’asphyxie.
D’après Paid Bert, les quantités d’oxygène renfermées
DE L’ATMOSPHÈRE
dans le sang et correspondant aux diverses altitudes sont :
Les moyens employés pour faire disparaître ces malaises ont été longtemps des palliatifs (jui retardent seulement le moment où les premiers symptômes se manifestent : c’est ainsi qu’on devra s’entraîner avant de tenter les grandes ascensions, se nourrir convenablement, se protéger contre le froid; on ne devra point se hâter sur les pentes rapides et couper l’ascension par des haltes fré({uentes; on mangera peu et souvent. Mais le véritable remède est celui (ju’a préconisé Paul Bcrt : c’est V inhalation d'oxygène, destinée à compenser le déficit de l’air des hautes altitudes.
Dans l’ascension où Crocé Spinelli et Sivel périrent, ces aéronautes avaient emporté, sur les indications de Paul Bert, des ballons d’oxygène, mais, surpris par des synq)tomes de défaillance, en raison de la rapidité de leur ascension, ils ne purent s’en servir; seul M. Tissandier, qui les accompagnait, en fit usage et fut sauvé.
.\lT1TL'DE.
Oxygène dans le sang.
5U0 inètiTS 4 000 —
U ÜUO —
8 0ÜÜ —
t7,i0 pour tOO.