CLIMATS
Les dévelo|)pcmenls qui précèdent nous ont montré que l’atmosplière est sans cesse modifiée dans ses propriétés physiipies par la température, riiumidité, les vents, la pression, le sol, etc.
Si certaines variations, considérées isolément, paraissent être sans inllucnce sensible sur l’organisme, leur
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ensemble réagit sur nous d’une manière tellement intime, qu’un changement de résidence dans des pays souvent peu éloignés amène des perturbations plus ou moins graves dans l’économie. On donne à l’ensemble des variations atmosphériques qui réagissent sur riiomme et les animaux le nom de climat. Ouand les fonctions s’acconqilissent de manière à rendre minima l’intluence nocive des variations atmosphériques, l’individu est adapté an climat ou, comme l’on dit, acclimaté. Dans le cas contraire, des troubles locaux ou généraux surviennent plus ou moins rapidement chez les individus nouvellement arrivés dans une région ; lors même que le changement de pays n’amène pas de troubles graves, la débilitation de l’organisme livre l’homme sans défense aux maladies endémiques. On sait, en eflet, ([u’en temps d’épidémie les nouveaux arrivants sont toujours plus durement frappés que les habitants; que, dans les pays chauds, la lièvre jaune, la dysenterie, frappent surtout les Européens et épargnent les indigènes.
On a [)i‘oposé de nondjreuses classilications des climats, et, comme il est diflicile d’enfermer dans une formule simple et concrète l’ensemble des variations du milieu dans lequel nous vivons, on a souvent créé des divisions climatériques artificielles, en prenant jiour base l’un des facteurs les plus importants, tels que la température, l’humidité, la pression barométrique, etc.
La classification la plus rationnelle paraît être celle de Weber, dans hupielle on distingue deux grandes classes : les climats maritimes et les climats continentaux. Les
ÉLÉMENTS D’HYGIÈNE
climats maritimes se divisent en plusieurs groupes : 1“ climats maritimes humides et à température très élevée (les îles Canaries, Madère) ; 2“ climats maritimes humides à température modérée (les Hébrides) ; 5° climats maritimes de moyenne humidité (île de Wight, Alger, Ajaccio) ; 4° climats maritimes chauds et secs (la rivière de Gênes, depuis Ilyères jusqu’à San Remo).
Les climats continentaux se divisent en climats de plaine (Pise, Pau, Amêlie-les-Bain^, etc.) ; climats de montagne (l’Engadine).
La connaissance des climats a pris depuis quelques années, et avec raison, une grande importance dans la thérapeutique. Un grand nombre d’affections sont en effet déterminées ou aggravées par le climat de certaines régions ; ainsi, les climats humides des plaines sont très défavorables aux rhumatisants qui doivent préférer les climats secs ; au contraire, les asthmatiques trouvent souvent la guérison dans les régions fatales aux rhumatisants.
Ce sont surtout les affections du poumon (jui se trouvent dans une étroite dé})endance avec le climat, soit que ce dernier précipite ou retarde la marche de la maladie, comme dans le cas de la phtisie, soit qu’il aggrave ou guérisse complètement les bronchites chroniques, l’asthme, le catarrhe pulmonaire.
En ce qui concerne la phtisie, l’influence bienfaisante du climat a pris une grande vogue, et suivant les formes si nombreuses que revêt la tuberculose, tel ou tel climat convient mieux. C’est ainsi qu’on a constaté depuis longtemps ics excellents effets du séjour au bord
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de la mer chez les scrofuleux; d’autre part, les stations d’altitude à climat froid et sec, comme l’Engadine, conviennent aux personnes prédisposées à la tuberculose ou aux tempéraments lymphalicjues chez lescpiels la tuberculose se développe lentement ; on sait, en effet, qii’audessus de 1 500 mètres la tuberculose est inconnue.
Enfin, chez les phtisiipies, le séjour dans les climats chauds et humides, comme Madère, les Canaries, provoque des améliorations notables, car, d’après M. Williams, on compte 52 pour 100 malades améliorés,
14.7 pour 100 stationnaires et 55,5 pour 100 aggravés, et dans les climats chauds et secs, comme les villes de la rivière de Gênes, d’IIyères à San Remo, la Corse, Alger, on compte 58,5 pour 100 malades améliorés,
20.7 pour 100 stationnaires et 19,0 pour 100 aggravés. C’est surtout dans les climats très secs de l’Égypte, de la Syrie, du Cap, que l’amélioration est grande, car elle s’élève à 01,8 pour 100. Malheureusement les conditions d’installation sont trop souvent défectueuses dans ces dernières contrées.
On conçoit condjien il est difficile de formuler des règles j)récises au sujet des avantages on des inconvénients du climat, puisque clnujue individu apporte, avec des habitudes propres, un tempérament particulier inégalement influencé par les variations atmosphériques.