‹ Principes d'hygièneChapitre 69 sur 94 · DISTRIBUÉE EN · texte numérisé non relu

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ÉLÉMENTS D’HYGIÈNE

§ 111. — Éloignement des immondices

Les détritus et les excrétions produits par les hommes et les animaux peuvent rapidement devenir des foyers d’infection ; il est donc indispensable de les faire disparaître au plus vite. Nous examinerons successivement les procédés les meilleurs pour évacuer : 1° les ordures ménagères ; 2“ les eaux ménagères ; 5® les matières excrémentitielles.

Ordures ménagères. — Le procédé primitif, trop souvent employé dans les campagnes et même dans certaines villes, comme Marseille et Toulon, est Icjetaifc an ruisseau ; un autre procédé, tout aussi défectueux, consiste à creuser des trous dans le sol et à y jeter des pierres volumineuses; c’est dans ces trous, appelés éponges, que toutes les eaux sales et les immondices s’accumulent. Il n’est pas nécessaire d’insister sur le danger de pareilles coutumes, qui devraient depuis longtemps être interdites.

Dans les villes plus soucieuses de la salubrité, les ordures sont déposées sur la chaussée et enlevées dans la matinée ; mais comme ces amoncellements séjournent trop longtemps dans les rues, ils peuvent être dispersés et souiller les ruisseaux et les égouts ; aussi à Paris, dc])uis ({uclques années, un arrêté préfectoral a-t-il interdit le déversement des ordures sur la voie publique; celles-ci doivent être déposées dans des caisses placées sur le trottoir, au moment du passage des tombereaux ;

CONDITIONS DE SALUBRITÉ DE L’HABITATION

renlèvement est rapidement exécuté et la voie publique reste propre. Ce procédé, très pratique, devrait être employé partout.

Eaux ménagères. — Les eaux ménagères, remplies de malières organiques, se putréfient avec une grande rapidité; elles ne doivent jamais être déversées dans les ruisseaux, comme cela se pratique encore dans un grand nombre de villes. Celles qui sont munies d’un système d’égouts emploient des conduites qui y amènent directement les eaux ménagères. Dans les babitations insalubres, on voit encore \csplombs, sortes d’entonnoirs métalliques, largement ouverts sur le tuyau de décharge sans cesse parcouru par des courants, qui font refouler dans les appartements les gaz putrides résultant de la décomposition des matières organiques ; c’est là une disposition très défectueuse que l’on doit prohiber ififf. Tl, 1).

Les éviers doivent être pourvus d’apjiareils destinés à intercepter toute communication entre tes ,q)parte-

Fifç. 27. — I, Évier iiifaliihre; les eaux coulent directement dans le conduit b par un tuyau droit n.

II, Évier .salubre ; le tube a est fermé par un obturateur (111) et muni d’un sipbon qui déboticbe dans le conduit b ; c, tuyau d’aération du siphon.

III, OI)turateur à cloche.

IV, Modèle de sipbon; a, orilice destiné à nettoyer le sipbon ; b, orifice de ventilation.

ÉLÉMENTS D’HYGIÈNE

ments et le tuyau de décharge, de manière à empêcher le refoulement des gaz putrides. Ce sont V obiuraleiir a cloche {/ig. 27, 111), (pii ferme rorificc d’écoulement, et le siphon. Le siphon est un tulic recourhé en S, placé au-dessous de l’orilice d’écoulement, de manière que l’eau emjdissant l’une des courbures intercepte complètement la communication entre l’air du tuyau de décharge et l’air des appartements (fig. 27, IV). Ce siphon est muni de tampons que l’on dévisse pour procéder au nettoyage, quand les chasses d’eau sont insuftisantes pour enlever les détritus solides accumulés dans la courbure.

Matières excrémentitielles. — L’urine et les matières fécales représentent les produits les plus dangereux et doivent être évacués aiissitcH que possible ; en temps d’épidémie, leur voisinage est un danger public. Au point de vue hygiénicpie, les cabinets d’aisances doivent être soustraits aux émanations provenant des tuyaux de décharge et maintenus dans un état d’excessive propreté.

Tous ceux qui ont visité de nombreuses villes savent combien l’organisation des cabinets d’aisance est défectueuse, trop souvent même primitive. Dans les campagnes, par exeiu|)le, on se contente de ei'euscr un trou dans la (erre et l’on dispose au-dessus, des planches ou des })ierres jH'rcécs d’une ouverture. Les matières excrémentitielles accumulées dans ces trous liltrent [)eu à peu dans le sol et contribuent sonvent à souiller la nappe souterraine qui alimente les puits.

Dans les villes, on dispose les latrines à la tunpie.

CONDITIONS UE SALUBRITÉ DE L’HABITATION

formées par une pierre percée d’un trou eu son milieu. Par l’orilice béant, il s’établit un tirage qui renvoie dans l’air les gaz putrides et empeste les cours ou les habitations. C’est ordinairement dans les cités ou dans les casernes que ces installations défectueuses se rencontrent ; chaque latrine servant à un grand nombre d’individus et se trouvant dans un état de malpropreté révoltante, ne contribue pas peu à l’insalubrité des habitations ou des casernes.

Pour soustraire les habitants à ces émanations fétides autant que dangereuses, les cabinets devront être d’abord disposés dans un endroit d’aération facile et où la lumière pénètre lacilement. On donnera la préférence aux latrines pourvues d’un siège en porcelaine ou en bois ciré, sur celles qui en sont dépourvues, et le tuyau de décharge sera muni d’un siphon semblable à celui que nous avons décrit à propos des éviers, pour intercepter toute communication avec les fosses ou les égouts ; enfin on devra, autant que possible, disposer d’une certaine quantité d’eau pour laver chaque fois les tuyaux de décharge ; cette dernière nécessité n’est compatible d’ailleurs qu’avec le système des tinettes filtrantes ou du tout à l’égout.

Dans le système des fosses fixes ou des tinettes mobiles, les propriétaires, j)lus préoccupés d’alléger leurs charges que de la santé des locataires, empêchent souvent l’introduction de l’eau et contribuent à augmenter l’insalubrité des habitations.

Évacuation des matières fécales. — Il ne suffit pas d’intercepter la communication des chambres habitées

ÉLÉMENTS IJ'HVEIÈNE.

avec les dépôts d’immondices, il faut encore empêcher ces détritus de souiller le sol et, par suite, les nappes d’eau souterraines, ou de former, par leur accumula'' tion, des foyers d’infection dont l’innuencc pernicieuse se révèle surtout en temps d’épidémie. 11 est donc né» cessaire de passer en revue les divers systèmes eni' ployés ou proposés pour résoudre cette importante question au mieux des intérêts de l’hygiène.

Nous mentionnerons d’abord, pour en signaler les graves inconvénients , les réceptables d’immondices qu’on appelle puisards ou bétoires dans le nord ou l’ouest, éponges dans le midi ; ce sont des trous plus ou moins profonds où se déversent les eaux ménagères et les matières excrémentitielles ; tantôt ils sont creusés à même dans le sol, tantôt maçonnés d’une manière défectueuse. On les vide de temps à autre, mais le plus souvent on ne prend pas cette peine, soit que, par suite de la filtration, les immondices disparaisssent peu à peu, soit que l’on en creuse de nouveaux quand les anciens sont remplis. En tous cas, les substances qu’ils renferment souillent les nappes d’eau souterraines comme cela a lieu à Douai, ou bien, si récoulement est lent, l’arrivée d’une grande quantité d’eau de pluie fait déborder ces puisards et dissémine partout les matières organiques et les déchets, propageant souvent la fièvre typhoïde et la dysenterie. Signalons à cet égard, d’après le D" Arnould, l’épidéinie de fièvre typhoïde de la garnison prussienne de Mayence en 1845-1844, attribuée au débordement des fosses d’aisances.

Les inconvénients des puisards sont universellement

CONDlTIUiNS DE SALUDIUTÉ DE L'HABITATION.

reconnus et le Comité consultatif d’hygiène a demandé depuis longtemps leur suppression.

Fosses fixes. — Les fosses d’aisances fixes sont des espaces en maçonnerie, situés dans le sous-sol des habitations et dans lesquels aboutit le tuyau de décharge des cabinets d’aisance ; ces espaces sont hermétiquement clos, ne présentant, avec l’oritice d’arrivée, que le tuyau d’évent, destiné à évacuer l’air et les gaz putrides résultant de la fermentation.

La première condition à remplir pour les fosses fixes est Y imperméahüilé absolue. Cette condition est facile à réaliser au moment de la construction ; mais au bout d’un certain temps les parois étanches s’altèrent ou se fendillent, des infiltrations se produisent et peuvent souiller le sol et les nappes souterraines. Le cas est extrêmement commun à Paris et la plupart des fosses reçoivent, sans se remplir, un volume de matières double ou triple de leur capacité. On peut s’assurer du fait par l’analyse du sol autour des fosses et l’on doit s’estimer heureux quand l’éclosion d’une épidémie plus ou moins meurtrière ne vient pas compléter la démonstration.

Outre l’inconvénient d’une étanchéité douteuse , les fosses fixes ont encore celui de dégager des gaz putrides (sulfhydrate d’ammoniaque, hydrogène sulfuré, etc.), résultant de la fermentation qui se produit sans cesse. La quantité de ces gaz est parfois si considérable, qu’ils causent des accidents , mortels au moment de l’ouverture des fosses (plomb des vidangeurs). On remédie à ce danger par la ventilation des fosses et des

ÉI>ÉMKNïS D'IlYGIÈiNE.

tuyaux (le décliargo qui viennent s’ouvrir au-dessus des maisons; l’hygiène ne gagne pas l)eaucoup à cela, car l’air extérieur est souillé. On a essayé de supprimer la lérinentation ])ar des substances stérilisantes comme le hichlorure de mercure, dangereux et coûteux, ou par des substances désodorisantes comme le sulfate de fer, qui a été très vanté, mais ces moyens sont des palliatifs souvent imprati(îables et, en tout cas, ne diminuent pas les causes de contamination, puisque les germes des maladies transmises })ar l’eau résistent à l’action de la plupart des substances proposées.

Un dernier inconvénient des fosses lixes est la nécessité fréquente du nettoyage ; si dans quelques grandes villes la vidange s’opère avec des appareils perfectionnés qui réduisent au minimum les causes de souillure, il est trop fréquent de voir cette opération se produire avec des moyens primitifs.

Les fosses fixes sont donc à condamner, et dans beaucoup de villes d’xUngleterre elles ont disparu entièrement.

Fosses mobiles. — Les fosses mobiles constituent un progrès considérable lorsqu’elles sont établies clans de bonnes conditions. En elfet, l’exiguïté des récipients et leur mobilité, permettent de les enlever souvent et par conséquent de vérilier leur étanebéité. Les seuls inconvénients qu’elles présentent sont d’empècber l’arrivée de l’eau et, par suite, d’interdire les lavages si importants dans les tuyaux de décharge ; les fosses mobiles doivent être l’objet d’une surveillance très sévère pour éviter le débordement des matières et la souil-

CONDITIONS DE SALUBRITE DE L’HABITATION

lure du sol, car elles paiTiciperaient alors des inconvénients des fosses fixes. Dans les villes où les fosses mobiles ont remplacé les fosses fixes, on aurait constaté, d’après Scaton, cité par le D'' Arnould, une notable amélioration de la santé publique.

Ainsi, à Noüingliain, Soaton a comparé deux périodes égales, l’ime de 1868 à 1872 avant, l’autre de 1875 à 1878 après le remplacement des fosses fixes par les fosses mobiles, et il a obtenu les

résultats suivants :

l'OPULATIO.S.

Cas

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