DE FIÈVRES
Décès.
Décès
1>AR 1000 HAli.
Système diviseur. — I,e système des fosses mobiles doit ses avantages à la fréquence des nettoyages. Or l’opération de la vidange est toujours malsaine, et l’on a intérêt à la rendre le ])lus rare possible.
Le système diviseur, ainsi nommé parce (ju’il sépare les parties fluides des matières solides, pare aux inconvénients de la multiplicité des nettoyages. L’appareil employé se conqjosc d’une caisse métalliiiue. UneUe-fillre, séparée en deux compartiments jtar une plaque percée de trous. Les matières fécales tombent dans l’im des com|)artiments ; la plaijuc perforée laisse échapper les liquides, qui s’écoulent directement dans l’égont, et retiimt les matières solides; ces dernières re[)résentant la dixième ou la vingtième partie (suivant la jiroportion d’eau) de la masse liquide. La linelle-fillre doit être vidée rarement. En réalité, le système diviseur laisse tout passer, car les fèces, diluées dans l’eau, traversent les üiiverlures du (iltre (si les ouvertures
ÉLÉME^'TS IJ HYGIÈNE
étaient jietites, elles seraient vite obstruées et raj)[>areil ne laisserait pres(jue rien passer). C’est seulement au l)Out de plusieurs années, lorsque la pla(jue filtrante est bouchée, que les tinettes-filtres cessent de fonctionner. Au point de vue de l’évacuation des matières fécales, le système diviseur est un avantage, mais, d’après le IC Arnould, « c’est un tout à l’égout réel, sauf qu’on ne l’avoue pas, V hijpocrisie du tout à Végout, comme on l’a dit justement, avec cette circonstance fâcheuse qu’on n’a pas pris de dispositions en conséquence ».
Système du tout à l’égout. — L’évacuation des détritus de la vie, sauf les ordures ménagères, par les égouts, a donné lieu en France à des discussions qui depuis trente ans n’ont pas encore abouti. A l’étranger on n’a pas discouru, on a agi ; depuis quinze ou vingt ans, un grand nombre de villes anglaises et allemandes ont adopté le tout à l’égout, avec un système de canalisation que Paris pourrait leur envier.
Dans ce système, que la pratique a consacré, comme nous le verrons plus loin, on envoie immédiatement les eaux ménagères et les matières fécales dans les égouts, en les diluant dans une quantité d’eau suffisante pour les entraîner immédiatement et avec une pente convenable dans des collecteurs qui se déversent loin des villes.
On a proposé deux systèmes, fort peu différents d’ailleurs : l’un le système des égouts unitaires destinés à recevoir la totalité des liquides, aussi bien les eaux pluviales ou d’arrosage que les immondices des habitants : c’est le système employé à Londres, Berlin, Bruxelles. L’autre procédé consiste à construire deux canalisations.
CONDITIONS DE SALÜimlTÉ DE L'HABITATION.
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dont une à petite section reçoit seulement les matières excrémentitielles et les eaux ménagères, comme on le tait à Oxford et en Américjue ; ce système a aussi été installé dans quelques rues de Paris. Quoi qu’il en soit, il est indispensable de disposer d’une quantité d’eau considérable pour diluer les matières solides et entraîner immédiatement le tout, sans stax/nation, loin des villes. C’est pourquoi le tout à l’égout ne peut être adopté que dans les villes qui disposent d’une quantité d’eau suffisante pour établir dans les habitations et dans les rues, des réservoirs de chasse automatiques qui lavent sans cesse les égouts.
^ IV. — Destination des eaux d’égout
L’évacuation des matières excrémentitielles par les égouts soulève la question importante de la destination des eaux souillées. D’après ce que nous venons de voir, le tout à l’égout a de grands avantages, par la rapidité de l’évacuation, pour la ville où il est adopté, mais ces avantages peuvent disparaître si les eaux forment autour de la ville un foyer d’infection, soit pour elle-même, soit pour les localités voisines. Il faut donc faire disparaitre ou utiliser les eaux d’égout, sans qu’il en résulte aucun dommage au point de vue de l’hygiène pour les pays environnants. Plusieurs procédés sont employés :
1” Evacuation des eaux d’égout dans les lleuves et les rivières :
ÉLÉMENTS D’IlYGIÉiSE.
2“ Évacuation à la mer;
5° Enfin épandage sur les terrains livrés à la culture intensive : c’est-à-dire irrigation.
Déversement des eaux d’égout dans les rivières. — Le déversement des eaux imjnires dans les cours d’eau est le procédé le plus répandu et le plus ancien ; la plupart des villes ne connaissent encore que ce moyen économique de se débarrasser des résidus de l’industrie ou de l’activité humaine. Dans ces conditions, les eaux des rivières ou des fleuves sont souillées sur une étendue plus ou moins longue, au grand dommage des riverains. La souillure dépend de l’importance des villes et de la vitesse des cours d’eau, comme le montre le tableau suivant, exprimant le volume d’eau de rivière, exprimé en litres, dans lequel 1 litre d’eau d’égout est dilué :
Eau d'égolt. Eau de rivière.
Londres, o à 4 Oüü 000 lmb. (Tamise).
1 litre.
4 litres 40
Paris, 2 500 000 liai). (Seine). . . .
Munich, 200 000 hab. (îsar). . . .
Brcslau, 250 000 bab. (Oder).. . .
Francfort, — (Mein).. . .
Cologne, 150 000 bab. (Rbin) . . .
On voit que si la souillure est très faible pour le Rhin à Cologne, elle est 500 fois plus forte j)our la Seine à Paris, et à J.ondrcs 800 fois ])lus forte pour la Tamise. On coneoit donc (jue les hygiénistes allemands soient divisés sur cette (juestion, tandis que les hygiénistes français et anglais sont d’accord pour condamner une pratique (jui transforme les rivières en un
CO>il)ITIONS DE SALUBRITÉ DE LTIABITATIOX.
égout aux eaux empestées, comme cela a lieu pour la Seine au-dessous de Paris et pour la Tamise à Londres.
Il est vrai (jue dans les eaux courantes, sous l’action de l’oxygène, par la concurrence vitale des organismes microscopiques, les matières organiques sont rapidement détruites et que les eaux reprennent, tà une certaine distance des villes, leur pureté initiale. Nous avons vu, en effet (p. 197), ([u’après la ti'aversée de Paris, la Seine se purifie jieu à j)eu et ipi’à Vernon, à 120 kilomètres seulement, elle a repris sa teneur normale en oxygène. L’assainissement naturel des cours d’eau, lorsqu’il s’agit de souillures faibles comme celles du Rhin à Cologne, [leut donc être invoqué pour tolérer la pratique du déversement, mais il devient insuflisant dans les grandes agglomérations situées au voisinage de rivières à faible débit.
La purification des eaux d’égout s’impose donc avant le déversement dans les rivières, malheureusement les diverse méthodes proposées, la décantation, le traitement chimique (chaux, sulfate d’alumine, sels de fer, etc.), ne j)araissent pas avoir donné de résultats prati([ues et coûtent très cher.
Projection des eaux d’égout à la mer. — Ce procédé ne peut être employé à peu de frais que dans les villes du littoral telles (pie Londres, où l’on a renoncé à souiller la Tamise. Douvres, Naples, Marseille, Cannes, Menton, etc. L’inconvénient le plus grave consiste en ce que les marées amènent les ordures sur les côtes et les étalent le long du lâvage, rendant celui-ci inhabitalde. Même dans les villes où la marée est
ÉLÉMENTS UTIYÜIÉNË.
laible, comme sur le littoral méditerranéen, le mélange des eaux d’égout et de l’eau de mer se lait lentement; les côtes ou les ports sont infestés (Menton). La projection à la mer est donc peu avantageuse an point de vue hygiénirpic et elle détruit, sans profit pour l’agriculture, une quantité énorme d’engrais.
Épuration par le sol cultivé. — Irrigation. —
L’épandage des matières excrémentitielles dans les champs est un usage ancien que les agriculteurs n’ont cessé de réclamer, car il donne à des terres ])eu fertiles une valeur très grande au point de vue cultural. S’il y a des réserves formelles là faire sur l’épandage du contenu des fosses mobiles ou des tinettes fdtrantes, à cause de l’excès de matières organi(pics répandues sur les champs, comme l’a démontré M. Brouardel à propos de la récente épidémie de fièvre typhoïde au Havre (1887-1888), il semble que le déversement des eaux très diluées dans les terrains à culture intense ne présente, partout oïl il a été appliqué, que des avantages.
Les terrains favorables à l’irrigation doivent être nivelés en pentes très douces, creusés de rigoles pour l’amenée des eaux vannes et parfaitement drainés pour favoriser récoulcment des eaux filtrées et empêcher la stagnation. Le sable, la craie, parfois môme les argiles sablonneuses, conviennent parfaitement, pourvu que la nappe souterraine soit tà une certaine profondeur (2 mètres au moins).
La quantité d’eau varie suivant la nature des cultures
CONDITIONS DE SALUBIUTÉ DE L'IIADITATION.
r>ôi
et le degré de dilution des détritus; si, dans les fermes anglaises où l’irrigation est adoptée, on déverse 8 à 10 000 mètres cubes, par hectare et par an, on peut, dans certains cas, aller jusqu’à 100 000 mètres cubes. La destruction des matières organiques résulte, comme nous l’avons vu, de l’action simultanée des bactéries et de la végétation, mais elle nécessite une aération parfaite du sol.
On peut cultiver les plantes les plus variées sur les sols irrigués, il est ce})endant préférable d’employer les espèces qui se prêtent à une culture intensive, puisque, dans ces conditions, l’engrais est toujours abondant : les prairies de ray-grass, les céréales, la betterave, le chanvre, le colza et meme les arbres fruitiers (Berlin), les Heurs (Dantzig) et les légumes (Gennevilliers) donnent de belles récoltes sur les champs d’irrigation.
A Rugby, d’après les expériences de Lawes, les céréales se prêtent mal à rutilisation des eaux d’égout, le ray-grass (ivraie) et les prairies naturelles conviennent mieux; à Croydon, les coupes de prairies de ray-grass ont lieu quatre fois par an.
A Milan, les eaux d’égout sont employées dans les tei-rainsà végétation continue appelés marcites, où l’on récolte les fourrages (ray-grass et trèlle) tous les deux mois, de manière a obtenir 900 kilogrammes par hectare; à Valence, les champs d’irrigation (regados) créés par les Maures ont une valeur dix fois plus grande (pie les champs non irrigués.
Assainissement des eaux d’égout. — L’assainissement des eaux par ce procédé est indiscutable, comme
ÉLÉMENTS U’HYGIÈNE
le montrent les chidres suivants empruntés aux analyses laites par la ville de Breslau, où le tout à l’égout existe.
Substances uissoutes.
Proportion en centigr.