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On voit que l’eau qui a filtré sur le sol cultivé a perdu presque tout l’azote à l’état d’ammoniaque ou de matières albuminoïdes et s’est enrichie en nitrates et en nitrites, résultant de la nitrification; elle renferme un peu d’oxygène et une proportion considérable d’acide carbonique, qui faisaient défaut dans les eaux vannes.

Dans la ville de Croydon (Angleterre), la comparaison des eaux vannes et de l’eau des drains a donné les résultats suivants :

Kilogramme de matière par mètre cube.

Eiuix vannes. Eaux des drains.

Matières minérales 0,091 0,555

Matières organiques 0,747 0,054

.\mmoniaquc 0,090 0,005

Ces chiffres montrent que les matières organiques et

les sels ammoniacaux ont presque disparu ; la purifica-

CONDITIONS DK SALUBRITÉ DE L’HABITATION

;ir>r)

lion est si grande que les truites, qui recherchent comme on le sait, des eaux très pures et oxygénées, vivent dans les fossés où s’écoule l’eau des drains.

Au point de vue bactériologique, la numération comparée des micro-organismes donne, d’apres M. Miquel, pour les eaux d’irrigation do Gennevilliers, les résultats suivants ;

Bactéries par cent. cube.

Eaux d’égout de Paris lô 800 000

Eaux des drains de la ^ Drain d’Asnières. . -410

presqu’île de Genne- f Drain d’Argenteuil. . 0 7-45

villiers (après la fil- ( Drain delà (iarenne. 7 045

tration) ’ Drain d’Épinay. . . 14 705

Mais si l’épuration est manifeste en ce (jui concerne les matières organiques soluhles et la phqtart des hactéries inoflcnsives, comment se comportent les bactéries pathogènes? A cet égard, nous manquons de données positives; les seules espèces dont la conservation des spores à la surface du sol est démontrée sont la bactépidie du charbon et le vibrion septique; en ce qui concerne les autres espèces pathogènes, les recherches entreprises jusqu’ici n’ont pas donné de résultats. Nous pouvons cependant répondre à l’objection tirée de la présence des germes des maladies transmissibles, par l’examen de l’état sanitaire des régions irriguées.

État sanitaire des régions irriguées. — Les statistiques ont été établies dans plusieurs pays où l’irrigation par les eaux d’égouts a été adoptée depuis un certain nombre d’années ; les résultats publiés dénotent que 1a mortalité reste stationnaire ou, 1e plus souvent, di-

minue.

ÉLÉMENTS U’IIYGIÈNE.

Localités.

Mortalité pour lÜOO.

lleubudc (Irrigation de Danzig) . . .

Norvvood ) Croydon ^

(Angleterre ).

üennevilliers (Eaux d’égout de Paris)

^ Avant les travaux.

^ Après id.

Domaines d’irrigation de Berlin (Vagabonds et libérés de prison)

A Gemievilliers en particulier, la fièvre typhoïde a disparu depuis longtemps, le choléra ne s’y est pas développé en 1884, le charbon et la septicémie n’ont pas été observés; la fièvre intermittente, assez fréquente au début d’après le D''Lagneau, était due à l’insuflisance du drainage et à la stagnation des eaux; elle est devenue très rare depuis que l’on a assuré la perméabilité du sol.

On peut donc conclure que le système du tout à l’égout, avec irrigation dans des terrains appropriés, est actuellement le meilleur moyen d’assainir les villes en respectant l’hygiène des agglomérations voisines com^ promise par la souillure des eaux de rivière. 11 faut seulement exiger que tes champs d’irrigation soient éloignés des na})pcs souterraines fournissant l’eau d’alimentation, que les villes ou les villages situés au voisinage de CCS champs soient approvisionnés en eaux de source ou, à leur défaut, en eau filtrée.

Influence des travaux d’assainissement sur la salubrité. — Le problème de l’assainissement d’une ville est double : « elle doit recevoir, en quantité suffisante, une eau potable à l’abri de toute souillure ; elle doit

CONDITIONS DE SALUBrOTÉ DE LTIABITATION. 7)55

écouler, sans arrêt ni stagnation possible et rejeter au loin, avant toute rernientation, les matières impures et les eaux usées de la vie et de l’industrie \ »

C’est en Angleterre, surtout depuis la création du Local Government Board, véritable direction de l’assistance et de l’bygiène publiques, que les travaux d’assainissement furent entrepris avec une décision et une persévérance que la France aurait dû imiter. Les résultats ne tardèrent pas à se faire sentir.

MoniAI.ITÉ GÉNÉBAI.E POUR lüOü.

Washington

( Avant les travau.\.

\ Après —

Glasgow

t Avant —

^ Après —

Lincoln

^ Avant —

1 Après —

Eastbourne. — Ville construite

il y a ‘20 ans, d’après les

données de l’hygiène. . .

Londres

La fièvre typhoïde, que l’on considère avec raison comme la maladie caractéristique des villes insalubres, a été diminuée dans une proportion considérable par

1. Rapport sur l’assainissement des villes, par M. le D"^ A. Proust. Comité consultatif d’hygiène, 19 août 1889. — C’est à ce Rapport que nous empruntons les chill'res inscrits plus haut.

r>r)6 ÉLÉMEISTS D'IlYGIÈiNE.

les travaux

elfectués, de 1850 à 1860, pour

les villes

suivantes :

Décès dus a la fièvre

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