TYPHOÏDE
POUR lüOÜ IIAD.
Villes.
Population en 18G1.
Avant los travaux. .Vprès les travaux.
Bristol. .
Leicestor.
Cardilf. .
Croydon .
Carlisle. .
Newport .
Dover . .
VVarwick.
L’impulsion donnée depuis 20 ans à l’hygiène publique et privée en Angleterre, a fait passer la mortalité générale de 22,52 pour 1000 (1801-1870) à 19,08 (1880-1889), réalisant ainsi un gain de 5,44 pour 1000.
Si des mesures analogues étaient prises en France, elles économiseraient à notre pays 150 000 existences chaque année !
Cimetières. — Le choix et l’installation des terrains destinés à renfermer les cadavres intéresse aussi la salubrité des habitations. L’incinération des morts est certainement plus hygiénique que l’inhumation, mais les croyances ou les coutumes conserveront longtemps encore ce dernier mode, qui appelle l’intervention de l’hygiéniste, surtout dans les grandes villes.
Les conditions dans lesquelles l’inhumation a lieu (profondeur minima des fosses, écartement des tombes, etc.) ontété réglées par la loi du 15 novembre 1887, de manière à donner toute satisfaction à la santé publique ; nous n’avons donc pas à insister sur ce point.
CONDITIONS DE SALUBRITÉ DE L’HABITATION
Uciiiarqiions seulement (jiie le danger des émanations des cimetières, si souvent incriminées, est maintenant chimérique; dans les cas d’épidémies, l’atmosphère des cimetières dans lesquels l’inhumation est réalisée conformément à la loi, n’intervient jamais pour propager la maladie; les organismes microscopiques que M. Miquel a rencontrés et isolés dans l’air du cimetière Montparnasse, par exemple, sont ahondants, non parce qu’ils ont été recueillis au-dessus d’un cimetière, mais parce que ce dernier est situé au milieu des habitations.
Si l’atmosphère des cimetières est sans influence sur l’hygiène des habitations voisines, la souillure des nappes souterraines, par la décomposition des matières organiques, est réelle et exige une grande surveillance, car elle peut compromettre la santé des habitants du voisinage. Le rapport de MM. Brouardel et du Mesnil a fixé les conditions suivantes d’installation des cimetières ; le terrain devra être meuble et de })référcnce sablonneux; si le sol est argileux, il sera drainé et les eaux de drainage épurées. Dans tous les cas, le cimetière devra être aussi éloigné que possible de la nappe d’eau souterraine qui alimente les populations voisines et sans communication possible avec elle; les caveaux de famille, qui emprisonnent les produits putrides et toxiques, seront bien ventilés et désinfectés.
ÉLÉMENTS D IIYGIÈNE.
§ V. — La maison d’école
La maison d’école, les lycées, les collèges ou les pensionnats doivent être l’objet d’une surveillance très étroite à un double point de vue : l" les enfants y séjournent plus ou moins longtemps pendant la période critique de la croissance ; 2“ ils présentent une grande réceptivité pour les affections contagieuses. Toute installation défectueuse, en modifiant ou en interrompant le développement de l’enfant, laisse une trace indélébile sur son organisation et transforme un enfant vigoureux en un adolescent malingre et anémié, le plus souvent impropre au service militaire.
Nous n’aurons pas à insister longuement sur l’installation matérielle des écoles ou des lycées, car tout ce que nous avons dit à propos do l’habitation, de l’exercice, des soins à donner à la peau, s’applique aussi à ces établissements.
Disposition des salles de classe. — Les salles de classe ou d’études devront être assez grandes pour que chaque élève dispose d’environ 1 mètre carré de surface, la hauteur n’étant pas inférieure à 4“,50. Les murs seront lisses, aux angles arrondis d’après le système, aujourd’hui très répandu, de l’ingénieur Tollet, revêtus do peinture à l’huile ou mieux peints à la chaux, sauf sur une hauteur de 1“,50. Les salles seront planchéiées, et l’on devrait exiger que le plancher lut huilé et ciré comme dans heaucoup d’écoles étrangères.
C0N1)1TI0^■S DE SALUBIUTE DE L'HABITATIOA.
pour habituer les enfants à la propreté. L’usage d’un parquet bien verni et dont les joints sont bouchés permet d’enlever facilement toutes les poussières avec un linge humide. Dans le plancher brut que l’on lave de temps à autre, les poussières et l’humidité pénètrent sous les lames du parquet, où elles se conservent plus ou moins longtemps en causant, comme on l’a vu parfois, des épidémies graves.
Eclairage. — L’éclairage naturel doit se faire par des haies latérales, jamais en avant ou en arrière des élèves; l’éclairage par en haut au moyen de toits en dents de scie peut avoir des inconvénients au point de vue de la ventilation et il est triste, car les murs des classes sont pleins et ne laissent pas voir le ciel et les arbres. L’éclairage latéral est celui qui convient le mieux, qu’il soit unilatéral et par conséquent à gauche, ou qu’il soit bilatéral. Autant que possible, l’exposition ne doit pas être au midi pour (pie le soleil ne pénètre pas toute la journée. On ne doit pas craindre d’ailleurs l’abondance de la lumière, elle n’est nuisible qu’avec un éclairage défectueux et avec des surfaces réfléchissantes aux couleurs trop vives ; toutes les parties doivent être assez éclairées pour (pie l’on puisse lire, de chacune d’elles et sans difficulté, de fins caractères, à une distance de 0"‘,.53 centimètres.
La commission chargée de rédiger, en 1881, les instructions relatives à l’installation des écoles, a demandé que, de la place la moins éclairée, l’on pût toujours apercevoir une étendue de ciel d’au Inoins 0'",50 à partir de la limite supérieure de la f(înètre.
ÉLÉMENTS D’IIYÜIÈNE.
Ji’éclairagc doit, d’après le règlement français, être réalisé au moyen de fenêtres ayant les deux tiers de la profondeur de la salle; il serait même préférable, d’après M. Javal, (pi’elles en eussent la moitié. Les fenêtres seront disposées de manière que le boi d supérieur soit le plus près possible du plafond, et le bord inférieur à une assez grande distance du plancher, 1 mètre à J“,5Ü.
Éclairage artificiel. — L’éclairage ailificiel n’est indispensable que dans les écoles primaires supérieures, les lycées et les collèges, où le travail du soir est régulier.
Il est ordinairement installé, même dans certains établissements modèles, dans les conditions les plus défavorables.
C’est l’éclairage au gaz qui est le plus employé, l’éclairage électrique avec des lampes à incandescence, qui donne de si bons résultats au lycée Montaigne (ancien Petit Lycée Louis le Grand) est coûteux, mais il a de grands avantages sur l’éclairage au gaz, car il supprime l’élévation do température, si préjudiciable à la santé des élèves.
L’installation des lampes éleclri([ues ou des becs de gaz est le plus souvent défeclueiise ; ces appareils sont placés à 1 mètre, l“,5ü et même "i mètres des tables de travail, do sorte que l’êlève est obligé do faire des clforts considérables d’accommodation pour lire ou pour écrire; ce sont ces eflorts qui déterminent l’augmentation du degré de myopie. L’éclairage, pour être convenable, exige que les becs soient à 0"’,40 au j)lus de la table de travail; on n’a pas à craindre, avec les
CONDITIONS DE SALUBRITÉ DE L’HABITATION
lampes électriques, le dégagement de chaleur, et on peut l’éviter avec les becs de gaz à flamme renversée ou munis de ventilatenrs. En tous cas, les réllecteurs seront disposés de manière à soustraire les yenx à l'action directe de la source lumineuse.
Matériel scolaire. — Pendant longtemps défectueux, le matériel scolaire est devenu l’objet d’une attention que justitie son importance, car c’est à la mauvaise installation des tables et des bancs qn’il faut attribuer les déformations si nombreuses observées chez les enfants des écoles ainsi ([ne le développement éxagéré de la myopie.
Les tables et les bancs employés aujourd’bui sont mobiles ou inséparables ; dans ce dernier cas, le plus ordinairement adopté, on emploie dans le canton de Zurich, un certain nombre de modèles ; jusqn’à huit pour des tailles oscillant entre 1™,Ü7 et l'",ir), et senlement cinq en France pour des tailles oscillant de 1 mètre à r\50 (arrêté de 1880). La table-banc se comj)osc : 1° d’une table noircie ayant nne partie horizontale de 10 centimètres environ et nne partie, inclinée de lu à *20 degrés, d’une longuenr de 25 à 55 centimètres; 2“ d’un banc dont le bord antérieur est sur la même ligne verticale que le bord postérieur de la table; 5“ enfin d’un dossier légèrement incliné. Ordinairement les tables-bancs sont à deux places.
Livres et cahiers. — Les livres et les cahiers employés dans les classes doivent être l’objet d’une surveillance très active, surtout dans les classes enfantines, puisque, comme nous l’avons vu, c’('sl à jiartir de cinq
ÉLÉMENTS D'HYGIÈNE
ans, lorsque la vision binoculaire commence à s’exercer, que la myopie se développe.
Les enlants ne doivent pas lire ou écrire à une distance plus faible (pie 50 centimètres; cette condition exige non seulement un bon éclairage, mais encore des livres et des cahiers à caractères assez gros, formés sur du papier légèrement teinté en jaune; on devrait refuser tout livre qui, éclairé à la distance de 1 mètre par une bougie, ne peut être lu, avec une vue normale, à une distance de 80 centimètres.
On a beaucoup critiqué l’écriture anglaise et allemande à cause de l’inclinaison des caractères à 45 degrés, parce qu’elle oblige l’enfant à prendre des situations vicieuses (torsion du tronc, inclinaison de la tète à gauche) puisque l’on exige que le bord du cahier soit parallèle au bord de la talile. Le seul remède à ces inconvénients a été adopté par la commission française de 1882 : « Pendant le cours élémentaire et le cours moyen, on obligera les enfants à se conformer à la formule de George Sand : « Ecriiure droite sur papier droit, corps droit. »
Durée des classes. — Ventilation. — La dimension des classes est varial)le, ordinairement on la calcule de manière que cha([ue élève dispose de 7 à 8 mètres cubes d’air; c’est là un maximum qu’on n’atteint même })as, le cube d’air étant le plus souvent de 4 à 5 mètres cubes.
La durée des exercices ne dépassant pas une heure ou une heure et demie, il n’y a pas d’inconvénients graves à encomhrer les classes et à ne laisser que 4 ou
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5 mètres cubes d’air, parce que pendant la récréation de dix minutes ou d’un <piart d’heure, on peut ventiler largement en ouvrant les portes et les ténctres ; la ventilation ainsi réalisée est la meilleure que l’on [)uisse adopter.
Dortoirs. — Dans les dortoii's, le cube d’air doit être plus considérable, puisque les enlants ou les jeunes gens y séjournent au moins pendant dix heures, sans (jue l’on puisse renouveler l’air au moyen des portes et lenêtres. Après le lever des élèves, on ventilera toujours parles fenêtres ouvertes ; depuis quelques années, on a disposé, en plus des fenêtres normales, un grand nombre de petites fenêtres, situées au ras du plancher; elles permettent de renouveler l’air tout autour et audessous des lits et d’envoyer partout la lumière; il est alors plus facile de veiller à l’entretien et à la propreté des dortoirs.
Soins de propreté. — C’est surtout dans les grandes agglomérations d’enfants ou de jeuues gens que les soins de propreté doivent être l’objet d’une surveillance rigoureuse. Dans beaucoup d’écoles, on dispose des lavabos et un vestiaire à l’entrée des classes, et, dans certains pays, chaque enfant est tenu de se laver le visage et les mains à l’entrée et à la sortie; cette habitude devrait être prise partout. C’est dans ces établissements (pie l’on pourrait établir les bains-douches dont nous avons parlé, car généralement, dans les villes ou les campagnes, les enfants pauvres (pii fréquentent les écoles publiques ne se doutent pas de la nécessité des bains.
ÉLÉMENTS D’HYGIÈNE
On examinera fréquemment la chevelure des enfants pour écarter ceux qui sont atteints de la teigne, de la gale, etc. Dans les établissements renfermant des pensionnaires, on veillera à ce que chaque élève ait, pour son usage rigoureusement personnel, les éponges, les brosses, les peignes et les coiffures, afin d’éviter la propagation des atfections contagieuses dn cuir chevelu.
Quant aux maladies transmissibles, il suffira de tenir la main k l’exécution stricte des règlements d’administration publique relatifs à ces maladies et publiés par le ministère de l’Instruction publique (Inst. !2).
APPENDICE