AUTRES INDUSTRIES QUI PÉRICLITENT
Parmi les autres industries qui ont souffert de la concurrence étrangère, on peut citer la bijouterie. Depuis trois ans, le Board of Trade consacre des statistiques spéciales à cette industrie. En 1900, nous avons exporté pour 50,000 £ et importé pour 137,000 £ de bijoux, c'est-à-dire que nous perdions 87,000 £. Or, en 1902, les importations Font emporté de 170,000 £ sur les exportations. En trois années, notre situation a empiré du simple au double. Et quelle en est la raison ? Les tarifs étrangers qui imposent jusqu'à 45 p. c. de droits d'entrée sur les objets.
11 en est de même de la quincaillerie, dont les importations étrangères ont triplé depuis dix ans dans ce pays, tandis que nos exportations sont entravées par des droits s'élevant jusqu'à 60 p. c. de la valeur.
On peut encore citer la fabrication des boutons de verre, une des plus anciennes industries de Birmingham. Elle employait autrefois 6000 ouvriers; aujourd'hui, elle en occupe à peine un millier, qui ne travaillent pas toujours
à pleines journées. La ruine de cette industrie est due au tarif Mac-Kinley d'une part, et à rinvasion du pays par les boutons originaires du continent, principalement d'Allemagne, d'autre part (1).
L'exportation des bicyclettes a également diminué vers les pays protectionnistes, où les droits s'élèvent jusqu'à 45 p. c. de la valeur. En dix ans, elle a baissé de 576,000 £; mais dans le même temps, elle a augmentée de 367,000 £ vers
(i) M. Dickinson (Tintes, i6 novembre 1903) cite les chiffres de VAnnual Statement of Trade, d'où il résulte que, sur une somme de ii3,i83 £ d'importations de bijoux, en 1902, le Maroc est intervenu pour ioi.i3o iî. Ce n'est pourtant pas dans ce pays-là que l'on peut trouver des concurrents ! Il paraît qu'un noble marocain avait, au cours de cette année, expédié ses bijoux en Angleterre! Dans la même année, les importations de l'Allemagne n'ont été que de 702 £.
M. Vince (Times, 20 novembre igoS) réplique qu'il est risible de prétendre que l'Allemagne n'ait importé que pour 702 £ de bijoux en 1902. A Birmingham, il y a trois firmes qui, à elles seules, importent pour plus de 100,000 £ de bijoux d'Allemagne par an. M. Vince a vu des factures de 5oo £ se rapportant à des expéditions déclarées à raison de 12 £. Ensuite, les bijoux s'envoient par colis postaux, et l'Allemagne en a expédié, en Angleterre, valeur déclarée, pour 474,755 £ en 1902.
nos colonies (1). A Leeds, on se plaint de la situation de Tindustrie de la soie — une grande industrie d'autrefois, — de celle de la filature du lin, de Tindustrie du cuir et de la tannerie.
La concurrence étrangère a tué l'industrie de la raffinerie de sucre. Elle était autrefois fort prospère à Greenock, et donnait de Touvrage à un grand nombre d'ouvriers. Grâce aux primes d'exportation, les nations étrangères ont amené la disparition des raffineries anglaises; seules, les plus riches et les plus actives ont pu résister.