‹ Principes d'orientation sociale; (volume 2)Chapitre 24 sur 79 · LES OUVRIERS PEUVENT-ILS CHANGER D'OCCUPATION · texte numérisé non relu

LES OUVRIERS PEUVENT-ILS CHANGER D'OCCUPATION

Que sont devenus les ouvriers qu'occupait cette industrie? Ont-ils aussi trouvé refuge dans

(i) Sir E. Grey (Carnavon, 5 janvier 1904) dit qu'il est vrai qu'en 1897, les Américains ont exporté pour 400,000 £ de bicyclettes en Angleterre ; mais il aurait fallu ajouter qu'en 1902, nous n'en avons plus importé que pour 144,000 £ et que, d'autre part, nous en avons exporté pour 707,000 £. Le Times, commentant ces chiffres, disait que les Américains avaient été, pour ainsi dire, expulsés du marché. Le Times a aussi constaté qu'à l'exposition de bicyclettes à Londres, l'année dernière, aucune firme étrangère n'avait envoyé ses produits.

88 LE PROCÈS DU LIBRE-ÉCHANGE EN ANGLBtBRRE

les fabriques de confitures ou de pickles? (1). H serait curieux de retracer leur existence ultérieure. Est-il vrai, commedls ent fes libre-échangistes, quils ont trouvé du travail dans une autre industrie? On ne change pas d'occupation aussi facilement que le pensent les libres-échangistes! Les enfants de ces ouvriers peuvent Pavoir fait, mais ceux qui avaient déjà atteint l'âge adulte auront senti la vérité du proverbe : à vieux chien on n'apprend pas de nouveaux tours. La théorie du transfert de la main-d'œuvre est « une doctrine de pédants ».

Qu'est-il adveïiu des ouvriers de l'industrie des tôles, fines qui a failli être ruinée par le tarif américain en 1890? Un certain nombre ont émigré aux Etats-Unis, tandis que les

(i) M. Churchill (Chambre des Communes, lo février 1904) a répondu que le nombre des ouvriers employés dans ces industries, que M. Chamberlain semble dédaigner, a été établi. En 1861, les raffineries de sucre occupaient 5,700 ouvriers ; dix ans plus tard> ce nombre se trouvait réduit à 2,400, soit une diminution de 3,3oo personnes. Les fabriques de confitures et de pickles, qui employaient, en 1891, plus de 3o,ooo personnes, en occupaient en 1901, 41,000. Elles ont donc fourni du travail à 6,700 ouvriers de plus que le nombre de ceux qui avaient perdu leur travail dans les raffineries de sucre.

CHAP. m — LE PROGRAMME DE M. CHAMBERLAIM 89

autres ont été grossir les rangs des meurtde-faim.

Nous avons importé, Tannée dernière, pour 10 millions £ de fer et d'acier. Or, le président du Iron and steel Institute a déclaré que nous possédions les établissements et les ouvriers nécessaires poul* fabriquer tout cet acier et tout ce fer, dont l'importation représente pour nos ouvriers une perte de 500,000 £ de salaires.

Dans ces conditions, on ne niera pas que c'est aux défenseurs du système actuel qu'incombe le fardeau de la preuve! (1)

Page 1