‹ Principes d'orientation sociale; (volume 2)Chapitre 42 sur 79 · POURQUOI UN MANDAT · texte numérisé non relu

POURQUOI UN MANDAT

M. Balfour, dont le programme officiel comprend la politique des représailles, prétend, comme du reste M. Chamberlain, que nous ne sommes pas libres de négocier avec les pays étrangers. Cette déclaration est incompréhensible. Nous n'avons jamais renoncé à notre

(i) Lord Rosebery à Leicester, 7 novembre 1903.

CHAP. IV — LA DÉFENSE DU LIBRE-ÉCHANGE l6l

liberté d'agir. Au cours de la dernière session, le gouvernement a d'ailleurs fait adopter une mesure qui comportait des représailles, en faisant passer le bill sur les sucres. S'il estime qu'une industrie doit être protégée spécialement, qu'il dépose un bill au Parlement, et il sera examiné et discuté. S'il était clairement démontré qu'une industrie anglaise est menacée dans son existence par les agissements abusifs des pays étrangers, nous ne refuserions pas d'adopter les mesures nécessaires pour remédier au cas donné (1). Mais ce qui est inadmissible, c'est de voir les protectionnistes réclamer du pays un mandat pour réformer notre régime fiscal, un blanc-seing qui leur permettra d'imposer les produits étrangers comme ils l'entendent.

Les partisans de la réforme douanière prétendent que le monde est plus protectionniste aujourd'hui qu'en 1846. C'est une erreur. Il est exact que les tarifs ont été surélevés pendant les trente dernières années, mais, tout considéré.

(i) Lord G. Hamilton à Ealing, 22 octobre igoS ; Lord Rosebery à South London, 25 novembre 1903 ; Lord Goschen à Queen's Hall, 24 novembre 1903.

ils sont « la douceur même en comparaison de ceux qui existaient à l'époque où le libreéchange a été établi (1) ».

Page 1