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LE COMMERCE GÉNÉRAL

D'autre part, il est absurde de déterminer l'étendue ou les profits du commerce extérieur, en ne considérant, comme fait M. Chamberlain, que les exportations. Il serait tout aussi raisonnable d'évaluer la fortune de quelqu'un, d'après le chiffre de ses dépenses et sans tenir compte de son revenu (2). Si l'on considère le commerce

(i) M. Asquith à Cinderford, g novembre igoS.

(2) Erreur colossale! objecte M. Chamberlain (Newcastle, 20 octobre igoS); autant additionner les deux colonnes d'un Grand-Livre, ajouter le doit à Favoir et présenter le total comme le bénéfice de Tannée. Une simple hypothèse : supposons que, par suite d'un cataclysme, T Angleterre ne puisse plus fabriquer le moindre produit manufacturé. Nous aurons toujours alors nos 528 millions £ d'importations, et il ne pourrait plus être question des 278 millions £ d'exportations. Mais nous aurions, en outre, à importer ce que fabrique actuellement notre industrie pour nos propres besoins. M. Asquith nous apprend que la consommation intérieure est cinq fois plus considérable que les exporta-

total de l'Angleterre, de 1872 à 1900, on ne

tions. Nous aurions donc à importer, outre les 528 millions £ déjà cités, pour iSgo millions d'autres produits, soit, en total, 1,918 millions £. Dans ce cas donc il n*y aurait pas d'exportations et cependant, d'après la méthode de M. Asquith, notre position serait deux fois et demie meilleure qu'à présent I

Le duc de Devonshire (Queen's Hall, Londres, 24 novembre 1903) réplique de son côté à M. Chamberlain : Les exportations sont nos paiements, les importations sont nos recettes ; et on ne nous dit pas pourquoi la proportion croissante de ce que nous recevons vis-à-vis de ce que nous payons, est un signe de déclin. Si Ton suivait des raisonnements comme ceux de M. Chamberlain, on devrait se réjouir si un navire chargé de marchandises destinées à grossir le chiffre de nos importations, faisait naufrage avant d'atteindre nos côtes.

M. Vince, d'autre part, (M. Chamberlaif^s proposais, p. 82} dit : Supposez qu'il se fasse en Angleterre une adjudication pour la construction d'un pont. La soumission la plus basse des Anglais s'élève à 25o,ooo & ; l'ofl&re la plus avantageuse des étrangers se monte à 240,000 £. Ces derniers obtiennent la commande. Quel est le résultat ? Notre industrie perd cette somme ; nos importations augmentent de 240,000 JE; et on dit que notre prospérité augmente parce que le volume de notre commerce total s'accroît 1

S'il fallait choisir entre importations et exportations, comme signe de prospérité nationale pour une longue péiiode, dit M. Nicholson (The Tariff Question), il serait beaucoup plus rationnel de prendre les importations. Un pays consomme ce qu'il importe, tandis que l'étranger consomme ce que ce pays exporte,

découvre plus, comme M. Chamberlain, une misérable augmentation de 20 à 30 millions £, mais les chiffres suivants : de 1873 à 1882, le commerce extérieur de l'Angleterre a été, en moyenne, de 662 millions £; de 1883 à 1892, la moyenne annuelle a été de 696 millions £, et, de 1893 à 1902, elle a atteint le chiffre de 771 millions £. En d'autres termes, notre commerce a augmenté de plus de 100 millions depuis trente ans (1).

(i) Bltu Book, p. 404 :

Commerce général de l'Angleterre

(Moyennes annuelles par périodes quinquennales")

Imporutions

Exportations

Touax

Transit

Millions &

Millions £

Millions £

Millions £

* non compris la valeur des navires et bateaux (neu£s) et leurs machines La valemr de ces exportations n'est pas comprise dans les chiffres des années antérieures A 18^9 (v. noté, p. $6).

En 1902, notre commerce général a atteint le chiffre de 880 millions £, dont 200 millions de commerce colonial. M. Chamberlain nous demande de risquer les trois quarts de notre commerce dans Tespoir d'un gain problématique aux colonies! (1)

LE CHIFFRE DES EXPORTATIONS PAR TÊTE d'HABITANT

Si Ton considère les exportations par périodes quinquennales, on constate qu'elle étaient, en 1875-79, de 6 £ par tête d'habitant; en 1895-99, de 5 £ 19 s. 5 d., et en 1901-02, de 6 £ 13 s. (2). Et si Ton divise le total du commerce général par le nombre des habitants, on obtient les chiffres suivants : en 1893, 17 £ 14 s. 3 d. par tête d'habitant, et en 1903, malgré l'augmentation de la population, 20 £ 18 s. 4 d. (3).

(i) Lord Rosebery à Sheffield, i3 octobre 1903.

(2) M. Ritchie à Croydon, g octobre 1903.

(3) Sir H. Fowler à Glasgow, 6 octobre 1903.

L'évaluation des exportations d un pays par rapport

au nombre de ses habitants a été critiquée par M. B. Kidd (Times, i5 octobre 1903). S'il fallait admettre ce nouveau principe d'économie politique, dit-il, on devrait s'attendre à voir poser dans les examens des questions comme celles-ci :

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