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LA MISÈRE EN ANGLETERRE A L'ÉPOQUE DU PROTECTIONNISME

Nous n'avons pas encore tous oublié la triste situation du pays au temps où régnait le protectionnisme. La misère, à cette époque, était affreuse. L'activité du pays était paralysée et les ouvriers ne pouvaient s'acheter du pain à cause des droits énormes dont l'importation du blé était frappée. M. Chamberlain semble mettre en doute ce triste état de choses. Un document de l'époque nous donne un résumé de la situation du pays sous le régime protectionniste. C'est une résolution de la Court of Common Council, dont on ne contestera pas la capacité en matière commerciale. Elle faisait le tableau suivant de la situation de l'Angleterre en 1842, époque à laquelle le protectionnisme

Sir E. Vincent (Chambre des Communes, 12 février 1904) dit que Texcédent des importations ne peut pas être cause de la cherté de l'argent, comme M. Chamberlain Tavait insinué dans son discours au Guildhall. Pendant les vingt dernières années, les importations de l'Angleterre ont dépassé les exportations de près de 3ooo millions i>, et, malgré cela, l'argent a été moins cher en Angleterre que dans n'importe quel autre pays, antérieurement à la guerre.

214 LE PROCèS DU LIBRE-ÉCHANGE EN ANGLETERRE

florissait dans notre pays : « La dépression continue et grandissante des affaires industrielles, commerciales et agricoles du pays, ainsi que la misère des classes laborieuses qui s'accentue de plus en plus, sont des sujets d'alarme des plus graves : les industriels manquent de débouchés; la marine ne trouve pas de fret; les capitaux restent sans emplo'; le commerce est sans profit; les fermiers se débattent sous un système- de loyers écrasants; ' les lois sur le blé restreignent l'importation des denrées alimentaires et poussent un peuple affamé à considérer les lois avec un profond sentiment de leur injustice. C'est pour ces raisons que la Cour fait un appel pressant au Premier Ministre, afin qu'il mette à exécution la déclaration qu'il a faite en faveur du libreéchange, en proposant, dans le plus bref délai, des mesures de nature à assurer au pays des approvisionnements de blé absolument libres, à fournir du travail à la population et à mettre fin, d'une manière efficace, à l'état de dépression et de misère qui existe dans une trop large mesure pour être conciliable avec la sécurité et le maintien de nos institutions sociales et politiques ».

On ne peut nier que le changement qui s'est produit dans notre situation économique depuis 1846 ait été bienfaisant. Et ce ne peut pas aon plus être une circonstance purement fortuite que le principal pays libre-échangiste d'Europe ait échappé à toute convulsion politique depuis Tabrôgation des lois sur le blé (1), ainsi qu'aux menées des partis subversifs.

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