LE PROGRAMME DE M. CHAMBERLAIN ET LES PRODUCTEURS
M.Chamberlain prétend quMl faut préférer les intérêts du producteur à ceux du consom-
(i) Sir H. Fowler à Wolverhampton, 12 janvier
mateur. Mais est-il donc si sûr que sa politique protège le producteur? Considérez, par exemple, le fer et le cuir. Ce sont des produits manufacturés, mais ne représentant que peu de maind'œuvre. Un fd^Me droit sera donc imposé sur leur importation. Mais ce droit ne sera-t-il pas regardé comme une lourde charge par tous les industriels qui fabriquent des objets divers à Taide de ce fer ou de ce cuir, et pourront-ils encore soutenir la concurrence étrangère?
N'oublions, du reste, pas que, dans la plupart des cas, les produits achevés d'une industrie ne sont que la matière première d'une autre industrie.
Un droit imposé sur l'importation des machines entravera considérablement les exportations de coton, qui sont un des principaux éléments de notre commerce extérieur. Nous exportons pour 70 millions £ de cotonnades par an. C'est grâce au libre-échange que nous sommes à même de faire le commerce avec les marchés neutres. Les industriels des Etats-Unis ou de France ne peuvent songer à y envoyer leurs cotons ou d'autres objets, parce que le coût de production est trop élevé dans ces pays. Si nous renonçons à l'avantage dont nous
jouissons à présent, nous perdions les marchés neutres (1).