COMMENT M. GLADSTONE FOURNISSAIT DU TRAVAIL AUX OUVRIERS
M. Chamberlain invoque Pautorité de M.
Gladstone qui, en 1860, disait qu'il était plus important pour les classes ouvrières d'avoir du travail que du 'pain à bon marché. Mais M.
Gladstone faisait tout te contraire de ce que voudrait faire M. Chamberlain. 11 dégrevait le plus d'objets possible; il concluait avec la France le traité Cobden et réduisait de 469 à 48 les articles soumis aux droits d'entrée. ïï disait que l'amélioration de la situation des classes ouvrières, depuis l'abrogation des lois sur le blé, n'était peut-être pas due autant au bon marché du pain qu'au fait que le Parlement s'était appliqué à délivrer le commerce de ses entraves, ouvrant ainsi aux travailleurs le champ d'activité le plus vaste et leur procurant les salaires les plus élevés.
M. Gladstone avait pour but de fournir du
(i) Sir M. Hicks Beach à Manchester, 5 hcfv, t$o3.
travail aux ouvriers. M. Chamberlain revendique le même objet. Qui des deux a raison? L'énorme prospérité que le pays a acquise depuis 1860 témoigne sans conteste en faveur de la politique de M. Gladstone. Elle a produit des fruits que tout le monde peut contempler. En regard de ceux-ci, la proposition de M. Chamberlain représente Tinconnu et l'incertain. C'est un saut dans le vide (1).