‹ Principes d'orientation sociale; (volume 2)Chapitre 70 sur 79 · NOS APPROVISIONNEMENTS EN TEMPS DE CRISE OU DE GUERRE · texte numérisé non relu

NOS APPROVISIONNEMENTS EN TEMPS DE CRISE OU DE GUERRE

On a prétendu qu'il fallait encourager la culture du blé au Canada, afin de prévoir le danger d'être éventuellement affamés par une des grandes nations qui nous approvisionnent actuellement. Cette crainte est chimérique. On perd de vue qu'il existe des marchés du monde. Supposez qu'une contrée refuse de nous envoyer du blé : les prix monteraient aussitôt dans notre pays. Et vous verriez alors les autres pays, qui nous fournissent cette denrée, nous en expédier davantage. Quant à la nation qui voudrait nous affamer, elle enverrait son blé dans les mêmes pays d'où nous tirerions nos approvisionnements.

On dit encore que nous devrions pouvoir compter, en temps de guerre, sur nos colonies, pour nos besoins en blé. Supposons un cas de guerre où les Etats-Unis nous seraient hostiles. 11 ne nous serait guère utile alors de tirer notre blé du Canada, car une grande partie de notre marme serait absorbée par la nécessité de protéger les envois. Si, d'autre part, les Etats-Unis étaient neutres, nous aurions grand avantage

240 LE PROCàs DU LIBRE-ÉCHANGE EN ANGLETERRE

de pouvoir nous servir de leurs navires pour transporter le blé dont nous avons besoin et de disposer entièrement de notre flotte.

Page 1