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LA VIE VARIE EN RAISON DE LA CORRESPONDANCE

et celles qui surviennent dans la quantité des substances alimentaires, en conséquence des saisons. Mais voici que la plaûte est mangée, le ver foulé aux pieds, l'oiseau meurt de faim ; c'est que la mort est un arrêt des correspondances qui existaient ; la mort est survenue quand il y a eu quelque changement dans le milieu auquel l'organisme n'a répondu par aucun changement, ce qui nous montre brièvement et simplement que la vie était incomplète dans la proportion où la correspondance était incomplète. Le progrès vers une vie plus prolongée et supérieure implique évidemment une aptitude à répondre à des coexistences et à des séquences moins générales. Chaque pas en avant consiste à ajouter aux relations préalablement accommodées que présente l'organisme, quelque autre relation parallèle à une nouvelle relation dans le milieu. La correspondance plus grande qui en résulte doit, toutes choses égales d'ailleurs, se manifester par une plus grande complexité et une plus grande longueur de vie, principe que l'on comprendra parfaitement si l'on songe à la pirodigieuse mortalité qu'on observe chez les êtres d'organisation inférieure, ainsi qu'à l'accroissement de la longévité et à la diminution de fécondité que nous rencontrons quand nous remontons vers des êtres d'une organisation de plus en plus développée.

Toutefois il faut remarquer que si la longueur et la complexité de la vie sont, dans une grande mesure, associées, tandis qu'une correspondance plus étendue dans les changements successifs implique communément un accroissement de correspondance dans les changements simultanés ; il n'en est pourtant pas toujours ainsi. Entre les deux grands règnes de la vie, l'animal et le végétal, ce contraste n'est point vrai. Un arbre peut vivre mille ans, quoique les changements simultanés qui s'y passent ne répondent qu'à un très-petit

nombre d'affinités chimiques dans Tair et dans la terre, et quoique ses changements sériaires ne répondent qu'à ceux du jour et de la nuit, du temps et des saisons. La tortue, qui est bien loin de présenter en un temps donné le nombre d'actions internes accommodées que présente le chien, vit bien plus longtemps. L'arbre^ grâce à son tronc massif, et la tortue, grâce à sa carapace dure, sont exempts de la nécessité de répondre à ces nombreuses actions mécaniques ambiantes que les organismes moins bien protégés doivent parer sous peine de mort ; ou plutôt l'arbre et la tortue présentent dans leur structure certaines relations statiques simples accommodées pour faire obstacle aux effets d'innombrables relations dynamiques du dehors. Mais, malgré les restrictions que ces exemples suggèrent, il n'y a qu'à comparer un champignon microscopique avec un chêne, un animalcule avec un requin, une souris avec un homme, pour reconnaître que l'accroissement de la correspondance de ces changements avec ceux du milieu, qui est le caractère du progrès de la vie, se montre d'ordinaire en même temps dans la continuité et dans la complication.

Lors même que la connexion entre la longueur de la vie et la complexité de la vie ne serait pas aussi remarquable, il serait encore vrai que le degré de vie varie avec le degré de correspondance. En effet, si Texislence prolongée d'un arbre passe pour l'équivalent d'une vie supérieure, il faut admettre que la manifestation prolongée des correspondances qu'il nous présente, est l'équivalent d'un degré élevé de correspondance. Si d'ailleurs on soutenait que le chien, en dépit de son existence beaucoup plus courte, doit prendre rang au-dessus de la tortue quant au degré de vie, à cause de son activité supérieure, l'on supposerait que la vie est supérieure parce que ses changements simultanés et successifs sont plus

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