‹ Principes de biologie (volume 2)Chapitre 9 sur 75 · DE LA CORRESPONDANCE · texte numérisé non relu

DE LA CORRESPONDANCE

§31. Déjà nous avons vu, à propos de chacune des qualités comprises dans la définition précédente que la vie occupe dans l'échelle un degré plus élevé, selon que cette qualité est plus complète; nous remarquons maintenant qu'il en est de même de la qualité dont nous venons de parler, à savoir la correspondance entre les relations internes et externes. 11 est manifeste à priori^ que puisque les changements dont l'état physique du milieu, aussi bien que les actions mécaniques et les variations dans les aliments disponibles qui s'y produisent, sont susceptibles d'arrêter les opérations en cours dans l'organisme, que les changements d'accommodation de l'organisme ont pour effet de contre-balancer directement ou indirectement ces changements dans le milieu, la vie de l'organisme sera courte ou longue, inférieure ou supérieure, suivant l'étendue sur laquelle les changements dans le milieu rencontrent des changements correspondants dans l'organisme. Une part suffisante faite aux perturbations, la vie ne continue qu'autant que la correspondance continue ; la plénitude de la vie demeure proportionnée à la plénitude de la correspondance ; et la vie

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n'est parfaite qu'autant que la correspondance est parfaite. Mais, sans nous attarder à des propositions générales, examinons ce principe sous des points de vue concrets.

§ 32. Dans la vie du plus bas degré, les coexistences et les séquences les plus importantes du milieu ont seules pour corrélatifs des changements simultanés et successifs de l'organisme. Les opérations vitales d'une plante présentent uniquement une accommodation à l'existence continue de certains éléments et de certaines forces autour de ses racines et de ses feuilles; elles ne varient qu'avec les variations produites dans ces éléments et ces forces par le soleil; elles restent insensibles aux innombrables changements mécaniques ou autres qui se passent à l'entour; excepté quand elles en sont accidentellement arrêtées. La vie d'un ver se compose d'actions qui se rapportent à peu près exclusivement aux propriétés tangibles des choses adjacentes. Tous les changements qui frappent l'ouïe et la vue, qui arrivent dans son voisinage et qui sont rattachés avec d'autres qui pourraient le détruire sur l'heure, passeût inaperçus, ne produisent en lui aucun changement accommodé : la seule accommodation des relations internes aux externes qu'on lui connaît, c'est qu'il s'échappe à la surface du sol quand il sent les vibrations produites par l'approche de la taupe. Certes, les actes d'un oiseau sont accommodés à un bien grand nombre de coexistences et de séquences dans le milieu, qu'il peut connaître par la vue, l'ouïe et l'odorat et l'usage combiné de ces trois sens; ils sont nombreux aussi les dangers dont il se préserve et les besoins auxquels il pourvoit, en vertu de celte correspondance étendue; et pourtant l'oiseau ne présente aucune de ces actions par lesquelles l'homme contre-balance les variations de température

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