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LA VIE VARIE EN RAISON DE LA CORRESPONDANCE

complexes et plus rapides, parce que la correspondance est plus grande. Puisque nous considérons comme le plus haut degré de vie celle qui, comme la nôtre, présente une grande complexité dans les correspondances, une grande rapidité dans leurs successions, une grande longueur dans les séries quelles forment, l'équivalence entre le degré de vie et le degré de correspondance est incontestable.

§ 33. Pour éclaircir davantage cette vérité générale, et spécialement pour expliquer les irrégularités auxquelles j'ai fait allusion, il est nécessaire d'observer qu'à mesure que la vie s'élève le milieu aussi devient plus complexe. Bien qu'à la lettre le milieu signifie tout l'espace ambiant avec les coexistences et les séquences qui y sont contenues, en pratique cependant il ne signifie souvent qu'une partie de cet ensemble. Le milieu d'un entozoaire ne s'étend guère au delà du corps de l'animal où l'entozoaire vit. Celui d'une algue d'eau douce est virtuellement limité au fossé que l'algue habite. Â prendre le mot en ce sens restreint, nous verrons que les organismes supérieurs habitent des milieux plus compliqués.

En conséquence, comparée avec la vie qu'on trouve à la surface delà terre, celle que l'on rencontre dans la mer est inférieure, et son milieu estplus simple. Les êtres marins sont affectés par un plus petit nombre de coexistences et de séquences que les terrestres. D'une pesanteur spécifique très-voisine de celle du milieu ambiant, ils ont à lutter contre un plus petit nombre d'actions mécaniques. Le zoophyte planté sur une pierre et l'acalèphe qui se laisse entraîner passivement par le courant, n'ont besoin de subir aucun changement interne, tel que ceux par lesquels la chenille lutte contre les divers effets de la pesanteur quand elle rampe sur et sous les feuilles.

iOI LES DONNÉES DE LA BIOLOGIE.

De plus, la mer n'est pas exposée à ces changements rapides* et extrêmes de température qu'affecte Tair. Lanuit et le jour n'y produisent aucune modification appréciable; elle ne reçoit des saisons que des effets comparativement faibles. Aussi sa faune ne présente-t-elle pas de relations de correspondance tranchées semblables à celles qui, chez les êtres à respiration aérienne, contre-balancent les changements thermiques. En outre, pour ce qui est des substances alimentaires, les conditions sont plus simples. Les espèces animales inférieures qui habitent Teau, comme les plantes qui habitent Fair, trouvent leur nourriture autour d'elle. Le même courant qui fiorte à l'huitre de l'oxygène lui apporte aussi l'animalcule microscopique dont elle vit ; la matière désintégrante et la malière à intégrer coexistent dans la relation la plus simple. Il en est autrement des animaux terrestres. L'oxygène est partout, mais ce qui est nécessaire pour en neutraliser l'action n'est pas partout ; il faut le chercher, et les conditions dans lesquelles il faut s'en emparer sont plus ou moins complexes. Il en est de même du liquide par l'action duquel lès opérations vitales s'entretiennent. Pour les êtres de la mer, l'eau est partout présente ; les plus inférieurs l'absorbent passivement, mais pour la plupart des êtres qui vivent sur la terre et dans l'air, elle ne devient effectivement utile que grâce aux changements neigeux qui constituent la perception et aux changements musculaires par lesquels s'effectue l'acte de boire. On pourrait pareillement continuer à montrer le contraste par rapport aux variations hygrométriques et électriques, et la multiplicité plus grande de phénomènes optiques et acoustiques dont la vie terrestre est environnée. En remontant à partir des amphibiens l'échelle de la complexité toujours plus grande que prend le milieu, au point de vue pratique, en observant en outre comment l'hétérogénéit

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