CHAPITRE V
§ 27. Habituellement pour distinguer un objet vivant d'un objet mort, nous observons si un changement que nous introduisons dans les conditions ambiantes ou que la nature y opère, se trouve ou non suivi de quelque changement appréciable dans l'objet. C'est en découvrant que certaines choses se retirent quand on les trfuche, ou s'envolent quand on s'approche, ou se réveillent quand on fait du bruit, que l'enfant distingue d'abord d'une façon grossière les êtres vivants des non-vivants; et l'homme, quand il doute si un animal qu'il aperçoit est mort ou non, l'excite avec un bâton; s'il en est à quelque distance, il crie ou lui lance une pierre. Tel est le moyen primitif de reconnaître aussi bien la vie végétale que la vie animale. L'arbre qui émet des feuilles quand le printemps amène un changement de température, la fleur qui s'ouvre et se ferme avec le lever ou le coucher du soleil, la plante qui se penche languissante parce que le sol est aride, et se redresse quand il est arrosé, tous ces êtres sont regardés comme vivant à cause de ces changements induits ; il en est de même des zoophytes qui se contractent quand un nuage passe devant le soleil, de même du ver de terre qui monte à
la surface quand le sol est ébranlé d'une façon continue ; de même du hérisson qui se roule en boule quand on l'attaque. Toutefois ce n'est pas seulement une réponse que nous cherchons quand nous appliquons un stimulus extérieur à un organisme vivant, nous voulons une réponse appropriée. Les objets morts aussi bien que les vivants offrent des chan* gements quand leurs conditions subissent certains changements : en voici des exemples, un morceau de carbonate de soude fait effervescence quand on le projette dans de l'acide sulfurique; une corde se contracte quand elle est humectée ; un morceau de pain roussit quand on l'approche du feu. Mais, dans ces cas, nous ne voyons pas de rapport entre les changements opérés et la conservation des objets qui les présentent; ou bien, pour éviter toute supposition tacite de finalité, les changements n'ont aucun rapport aux événements externes futurs qui arriveront certainement ou probablement. Toutefois, dans les changements vitaux, ces rapports sont évidents. La lumière étant nécessaire à la vie végétale, nous voyons dans le fait qu'une plante exposée à l'ombre se développe du côté découvert, un fait d'une nature appropriée que nous n'aurions pas si elle poussait ailleurs. Évidemment les actes d'une araignée qui se jette en avant quand sa toile est légèrement frôlée, et demeure au fond de sa loge quand sa toile est fortement ébranlée, lui permettent d'acquérir plus facilement sa nourriture ou d'éviter plus sûrement le danger, que si les relations dans lesquelles ils se produisent étaient renversées. Notre surprise quand nous voyons un oiseau fasciné par un serpent faire des actes qui tendent à le perdre est une preuve qu'en général nous avons observé une adaptation des changements vivants aux changements survenus dans les circonstances ambiantes.
88 lES DONNÉES DE LA BIOLOGIE.
Remarquons encore un fait de même ordre, avec lequel, à force de le voir se répéter, nous sommes devenus si familiers que nous en oublions la signification, à savoir qu'il existe invariablement et nécessairement une conformité entre les fonctions vitales d'un organisme et les conditions où il est placé, entre les opérations qui s'accomplissent au dedans de lui et celles du dehors. Nous savons qu'un poisson ne peut vivre dans l'air, ni un homme dans l'eau. Un chêne poussant dans l'eau, et une algue au sommet d'une colline, voilà des combinaisons d'idées incroyables. Nous trouvons que chaque animal est limité à une certaine étendue déterminée par le climat, chaque plante à certaines zones de latitude et d'altitude. Dans la faune et la flore marines chaque espèce se trouve exclusivement entre telle et telle profondeur. Il y a des êtres aveugles qui ne voient que dans des cavernes obscures. Le lépas ne se tient qu'en des endroits où il est alternativement couvert et découvert par les flots. L'algue de la neige rouge ne se trouve guère que dans les régions arctiques ou sur les pics alpestres.
Si nous groupons ensemble les cas que nous avons cités d'abord, dans lesquels un changement particulier dans le milieu d'un organisme est suivi d'un changement particulier dans cet organisme, et les cas cités en dernier lieu, où les actions constantes qui ont lieu dans un organisme impliquent des actions constantes qui se passent au dehors, nous voyons que dans les uns et les autres les changements ou opérations manifestés par un être vivant soutiennent une relation spéciale avec les changements ou opérations survenus dans son milieu. Cette considération nous fournit le complément dont nous avions besoin pour notre conception de la vie. Par l'addition de ce caractère d'une extrême importance, notre conception de la vie se formule :
la combinaison définie de changements hétérogènes à la fois simultanés et successifs, en correspondance avec des coexistences et des séquences externes. Afin de bien faire sentir toute la portée de cette addition, nous avons besoin de jeter un coup d'œil sur la correspondance et d'en examiner quelques points de vue (1).
§ 28. Négligeant les conditions moins importantes, les actions qui s'opèrent dans une plante présupposent un milieu ambiant contenant au moins de Tacide carbonique et de l'eau, avec une quantité convenable de lumière et une certaine température. A^ l'intérieur des feuilles, il se fait une assimilation de carbone et un dégagement d'oxygène; au dehors se trouvent le gaz d'où le carbone est extrait, et les agents impondérables qui aident à l'extraire. Quelle que soit
(i) (t CeUo idée, dit Aug. Comte à prop38 de Xidée générale de la vie, suppose, en efTet, non-seulement celle d'un être organisé de manière à comporter rétat vital, mais aussi celle, non moins indispensable, d'un certain ensemble d'influences extérieures propre à son accomplissement. Une telle harmonie entre Tôtre vivant et le milieu, correspondant caractérise évidemment la condition fondamentale de la vie ». Ailleurs, « Cette lumineuse définition, dit-il, en commentant la définition de Blainvillc, qu'il adopte, ne me paraît laisser rien d'important à désirer, si ce n'est un3 indication plus directe et plus explicite de ces deux conditions fondamentales co-relativcs, nécessairement inséparables de l'état vivant, un organisme déterminé et un milieu convenable ». Il est étrange qu'Aug. Comte ait si bien reconnu la nécessité d'une harmonie entre un organisme et son milieu, comme condition essentielle à la vie, et qu'il n'ait pas vu que l'entretien de ces actions qui font équilibra aux actions extérieures constitue la vie. II est d'autant plus étrange qu'il ait approché de si prés de celte vérité et qu'il ne l'ait pas vue, qu'indépendamment de la vaste portée de ses idées, il se fait souvent remarquer par ses intuitions lumineuses. Comme je ne prétends pas par cette réflexion propager davantage une erreur, où plusieurs écrivains sont tombés, on me permettra de saisir cette occasion de déclarer que tout en regardant quelques-unes des généralisations de second ordre d'Aug. Comte comme vraies, en reconnaissant la profondeur de beaucoup d'observations qu'il présente incidemment, je n'admets pas son système. Les doctrines générales sur lesquelles je m'accorde avec lui sont celles qu'il soutient avec divers autres penseurs. Sur toutes les doctrines générales ((ui sont le caractère de sa philosophie, je suis en désaccord avec lui, au moins avec toutes celles dont j'ai une connaissance exacte ; car, passé la première moitié de son < Cours de philosophie positive », je ne connais ses opinions que par ouï-dire.
la nature du procédé d'extraction, il est clair qu'il existe des éléments extérieurs susceptibles de subir des réarrangements spéciaux sous des conditions spéciales. Il est évident que la plante exposée au soleil présente ces conditions, et parla effectue ces réarrangements. 11 est donc évident que les changements qui constituent la vie de la plante sont en correspondance avec les groupes de phénomènes coexistants de son milieu.
En outre, si nous voulons savoir comment un protozoaire vit, les faits répondent que si d'une part sa substance ne cesse de subir l'oxydation, elle ne cesse d'autre part d'absorber des matières qui la nourrissent; et que pour qu'elle continue d'exister, il faut que l'assimilation marche parallèlement avec l'oxydation, ou la dépasse. Si nous demandons encore dans quelles circonstances ces changements combinés sont possibles, nous trouvons tout de suite une réponse; c'est que le milieu dans lequel le protozoaire est placé doit contenir de l'oxygène et des aliments, de l'oxygène en quantité susceptible de produire une certaine désintégration; des aliments en quantité qui permette que la désintégration n'entraîne pas la mort de l'animal. En d'autres termes, les deux opérations antagonistes qui se font au dedans impliquent la présence au dehors de matériaux ayant des affinités qui donnent naissance à ces opérations.
Laissons les formes animales inférieures que le microscope nous révèle, qui absorbent par leur surface les aliments et les fluides oxygénés avec lesquels elle est en contact, et passons aux formes supérieures dont les tissus sont en partie spécialisés sous les noms d'assimilatoires et de respiratoires. Nous y voyons une correspondance entre certaines actions qui se passent dans le sac digestif et les propriétés de certains corps ambiants. Pour qu'une créature de cet ordre
puisse continuer à vivre, il est nécessaire non -seulement qu'il y ait à l'entour des masses de substance susceptibles de se transformer en ses tissus, mais il faut encore que Tintroduction de ces masses dans l'estomac soit suivie de la sécrétion d'un fluide dissolvant qui les réduise à un état propre à subir l'absorption. A des propriétés externes spéciales il faut que viennent s'opposer des propriétés internes spéciales.
Si, des opérations par lesquelles les aliments sont digérés, nous passons aux opérations par lesquelles il est saisi, nous apercevons le même principe général. La faculté de se darder et de se contracter que possèdent les tentacules du polype correspond à la sensibilité et à la force de l'animal qui s'en sert pour saisir celui qui devient sa proie. Si le changement externe, qui met un de ces animaux en contact avec la tentacule, n'était suivi rapidement par ces changements intér rieurs qui aboutissent aux deux actes par lesquels le polype ramasse sa tentacule pour la bander et la projeter, le polype mourrait de faim. L'opération fondamentale d'intégration et de désintégration qui se fait à l'intérieur du polype ne correspondrait plus aux agents et aux opérations qui ont lieu au dehors, et la vie s'arrêterait.
Pareillement on peut faire voir que, lorsque l'animal devient si grand que ses tissus ne peuvent plus s'approprier utilement la nourriture par la seule absorption de ses membranes limitantes, et qu'ils ne peuvent pas non plus être convenablement oxygénés par le contact avec le fluide qui baigne la surface de l'animal, un système circulatoire qui distribue la nourriture et l'oxygène dans toute la masse devient nécessaire. Les fonctions de ce système, auxiliaire des deux premières, forment un chaînon qui rétablit la correspondance entre les actions internes et les externes. Il
en est évidemment de même de toutes ces fonctions subordonnées, sécrétoires et excrétoires, qui facilitent l'oxydation et l'assimilation, fonctions dans lesquelles nous pouvons suivre en même temps des changements synchrones qui répondent aux coexistences du milieu, et des changements successifs qui répondent aux changements de composition, de température, de lumière, d'humidité, de pression qui se passent dans le milieu.
Si nous nous élevons des actions viscérales aux actions musculaires et nerveuses, nous trouvons la correspondance encore plus évidente. Tout acte de locomotion suppose la dépense de certaines forces mécaniques internes disposées quant à la quantité et à la direction, de manière à balancer ou à surpasser certaines forces mécaniques externes. L'acte de reconnaître un objet est impossible sans une harmonie entre les changements qui constituent la perception et les propriétés particulières qui coexistent dans le milieu. Les actes par lesquels un animal échappe à ses ennemis supposent des mouvements dans l'organisme en relation, quant à l'espèce et à la rapidité, avec des "mouvements du dehors. Les actes par lesquels un animal détruit sa proie exigent une combinaison particulière d'actions subjectives appropriées par le degré et la succession pour l'emporter sur un groupe d'actions objectives. Il en est de même pour les opérations automatiques sans nombre dont les œuvres de l'instinct animal sont des exemples.
Le même fait est également évident dans l'ordre le plus élevé des changements vitaux. La généralisation empirique qui dirige le fermier dans le roulement des assolements qu'il adopte, sert à mettre ses actions en accord avec les actions qui se passent dans les plantes et dans le sol. Les déductions rationnelles du navigateur instruit qui calcule sa
position en mer constituent une série d'actes nientals, grâce auxquels ses actions se conforment aux circonstances environnantes. De même dans les plus simples inférences de Tenfant et les plus complexes de l'homme de science, nous remarquons une correspondance entre des changements simultanés et successifs de l'organisme et des groupes de phénomènes coexistants et successifs de son milieu.
§ 29- Cette formule générale qui comprend les opérations végétales les plus inférieures aussi bien que les manifestations les plus élevées de l'intelligence humaine, soulèvera peut-être des critiques qu'il convient d'aborder ici.
On pourra croire qu'il existe encore un petit nombre d'actions inorganiques comprisse dans la définition, comme par exemple celle que présente l'instrument nommé baroscope, La cristallisation penniforme qui, à un certain changement de température, se fait dans la solution contenue dans cet instrument, et qui ensuite se dissout pour reparaître sous de nouvelles formes et de nouvelles conditions, présente, si l'on veut, des changements simultanés et successifs jusqu'à un cerUûn point hétérogènes, qui se présentent en combinaison en quelque sorte définie, et surtout en correspondance avec les changements extérieurs. La vie végétale y est simulée de très-près; mais seulement simulée. La relation entre les phénomènes qui ont lieu dans le baroscope et ceux qui se produisent dans l'atmosphère, n'est pas en réalité une correspondance au sens propre du mot. Au dehors il y a un certain changement ; au dedans il y a un autre changement d'arrangement atomiquie. Mais si subtil que soit le lien de dépendance entre chaque changement interne et chaque changement externe, la connexion qui le constitue n'est pas au point de vue abstrait différente de celle
qui rattache le mouvement de la paille à celui du vent qui l'agite. Dans un cas comme dans l'autre un changement produit un changement, et c'est tout. La modification opérée par quelque force environnante dans un objet inanimé ne tend pas à y susciter une modification secondaire, qui prévienne une altération secondaire dans le milieu. Dans tbut corps vivant, au contraire, il y a une tendance à des modifications secondaires de ce genre ; et c'est dans la production de ces modifications que consiste la correspondance. La différence s'exprimerait mieux par un symbole. Soit A le changement dans le milieu, B un changement conséquent dans une masse inorganique, A ayant produit B, l'action cesse. Bien que le changement A dans le milieu y soit suivi de quelque changement conséquent a, nulle séquence parallèle dans la masse inorganique n'y engendre uil changement b qui se rapporte au changement a. Prenons, au contraire, un corps vivant possédant l'organisation convenable, et faisons-le impressionner par le changement A qui produira quelque changement C, nous verrons que tandis que A occasionne a, dans le milieu, C occasionne c, dans le corps vivant : a et c présentant un certain accord quant au temps, au lieu, au degré. De même que c'est dans la production incessante de ces accords ou correspondances que la vie consiste, c'est par la production continuelle de ces accords ou correspondances que la vie est entretenue.
On peut encore s'attendre à une critique portant sur certaines imperfections de langage dans la définition, qu'il semble impossible d'éviter. On a le droit de dire que le mot correspondance *ne comprend pas, à moins d'en forcer le sens, les diverses relations qu'on veut exprimer en l'employant. On peut demander : Gomment se fait-il que les opérations continues d'assimilation et de respiration correspondent avec
les coexistences d'aliments et d'oxygène dans le milieu? ou encore : Comment se peut-il que l'acte de sécréter quelque fluide défensif, corresponde à quelque danger externe qui n'arrivera peut-être jamais ? ou bien : Comment se peut-il que le phénomène dynamique constituant la perception corresponde au phénomène statique du corps solide perçu? La seule réponse que nous puissions faire à ces questions^ c'est que nous n'avons aucun mot assez général pour comprendre toutes les formes de cette relation, et que le mot correspondance nous paraît le moins exposé à la critique. Le fait qui doit être exprimé dans tous les cas, c'est que certains changements, continus ou discontinus, dans l'organisme sont reliés ensemble dételle sorte que, par leur quantité, ou par leur variation, ou par les périodes de leur récurrence, ou par les modes d'après lesquels ils se succèdent, ils présentent une relation avec des actions externes constantes ou sériaires, actuelles ou potentielles, relation telle qu'un rapport défini entre les membres d'un groupe implique un rapport défini entre certains membres de l'autre groupe ; et le mot correspondance parait le plus propre à exprimer ce fait.
§ 30. Une fois les phénomènes présentés sous cette forme générale, nous comprenons que notre définition peut se réduire à sa forme la plus abstraite et, peut-être à sa forme la meilleure. En regardant les éléments respectifs de la définition comme des relations, nous évitons du même coup la circonlocution et l'inexactitude des mots, et il est évident que nous pouvons bien les considérer comme des relations. Si l'activité de l'assimilation d'un animal est augmentée en conséquence d'une diminution de la température dans le milieu, c'est que la relation entre l'aliment consommé et la
chaleur produite se trouve rajustée par la multiplicationti du mouvement de ses membres, que la relation altérée dansii le milieu ambiant entre la quantité de chaleur emprunt , ^ i ou cédée à des corps d'une température donnée, est contre- |ik balancée. Si un son ou une odeur portés par la brise excite in
le cerf à s'élancer loin du chasseur embusqué, c'est qu'il j
existe dans le voisinage de l'animal une relation entre cer- i taine propriété sensible et certaines actions dangereuses '^ pour lui, tandis que dans son organisme il existe une rela- i tion accommodée entre l'impression produite par cette pro- '. priété sensible et les actions par lesquelles on évite le danger, i Si l'étude conduit le chimiste à une loi qui lui permet de î dire quelle quantité d'un élément se combine avec telle quan- i lité d'un autre, c'est qu'il s'est établi en lui des relations i mentales spécifiq<ies qui s'accordent avec des relations chi- \ miques spécifiques dans les objets ambiants. Puis donc i que dans tous les cas nous pouvons considérer les phéno- \ mènes externes comme simplement en relation, et les phénomènes internes comme aussi simplement en relation, la définition la plus large et plus complète de la vie sera : Vaccommodalion continue des relations internes aux rela- i lions externes (1).
Tout en étant plus simple, cette formule modifiée a encore l'avantage d'être un peu plus compréhensive. C'est peut-être aller trop loin que de dire qu'elle comprend non-seulement ces combinaisons définies de changements simultanés et successifs dans un organisme, qui correspondent aux coexistences et aux séquences dans le milieu, mais aussi ces arrangements de structure qui permettent à l'organisme d'accommoder ses actions à celles du milieu. En eflet, quoique ces arrangements
(1) Pour plus d'éclaircissement de cette doctrine, voyez Premiers principes ^ §25.
)ile Structure présentent des relations internes accommodées Qspux externes, on ne peut guère dire que Y accommodation con- . L.j«c des relations comprenne une accommodation fixe déjà 3-Mile. Évidemment, la vie qui se compose de phénomènes dymnamiqv^s ne peut être définie en des termes qui définissent il du même coup l'appareil qui la manifeste, lequel ne présente que des phénomènes statiques. Mais tandis que cette antithèse sert à nous rappeler que la distinction fondamentale qui sépare l'organisme de ses actions, est aussi profonde que celle qui sépare la matière et le mouvement, elle nous fait remarquer en même temps que si les arrangements de structure de l'adulte ne sont pas compris dans la définilion, les opérations de développement par lesquelles ces arrangements ont été établis, s'y trouvent. En effet, l'opération d'évolution durant laquelle, les organes de l'embryon sont appropriés à leurs fonctions à venir, consiste d'un bout à Tautre en l'accommodation graduelle des relations internes avec les externes. De plus les modifications de structure de l'organisme adulte, qui, sous l'influence d'un changement de climat, d'un changement d'occupation, d'un changement de nourriture, produit lentement certain réarrangement dans la balance organique, doivent pareillement être regardées comme des accommodations continues de relations internes à des relations externes. De sorte que non-seulement la définilion, sous cette formule, comprend toutes ces fonctions corporelles et mentales, qui constituent l'idée vulgaire de la vie , mais elle comprend aussi, en même temps, ces opérations de développement qui amènent l'organisme à l'état qui le rend propre à ces fonctions, et ces opérations postérieures d'adaptation par lesquelles il devient spécialement propre à ses fondions spéciales.
Néanmoins, si préférable qu'elle soit par sa simpHcité et
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sa portée, notre définition ne convient guère à notre but. Réservons ses termes pour nous en servir suivant l'occasion, nous ferons mieux à l'ordinaire d'employer la définition plus concrète qui lui est équivalente, de considérer les relations internes comme a des combinaisons définies de changements simultanés et successifs ]>, les relations externes comme des c groupes de phénomènes coexistants et des séquences i», et le lien qui les unit comme une « correspondance ».