CAUSES
§ 238. Outre les causes plus spéciales de modification dans la forme des plantes et de leurs parties, nous avons à mentionner des causes plus générales. On peut les appeler des conséquences des variations survenues dans la quantité totale des matières et des forces que les plantes reçoivent de leur milieu. Sous Tinfluence de ces causes, certains changements •de forme se présentent dans les plantes, chez les unes dans leur totalité, chez d'autres dans leurs parties. Suivons cet ordre. ^^ ^^^
§ 239. C'esr un fait bien connu que les rameaux luxuriants ont ordinairement de longs entre-nœuds ; et, réciproquement, qu'un rameau rabougri faute <le sève a des nœuds très-rapprochés; il en résulte que les axes latéraux, lorsqu'ils sont développés, se trouvent dans un cas très-éloignés, €t dans l'autre très-rapprochés les uns des autres. La figure 255 représente une branche dont les parties reçoivent des caractères différentiels du plus ou moins de longueur des entre-
nœuds. Un arbre tout entier se trouve souvent affecté par les états de la terre ou de Tair; les variations de ces milieux s'impriment sur toutes les parties de Tarbre, et même ces variations, suivant plus ou moins régulièrement les changements des saisons, donnent à beaucoup d'arbres des traits de structure qu'on peut reconnaître.
Dans la figure 256, qui représente un rameau de Phyllocactus crenatusj nous trouvons un exemple intéressant d'une variation essentiellement de même nature, si petite qu'ellQ nous paraisse. En effet, chaque échancrure latérale est le siège d'un bourgeon axillaire; et ces bourgeons sont séparés par des entre-nœuds qui deviennent plus larges en devenant plus longs, et plus étroits en devenant plus courts^ et produisent des changements de forme qui correspondent à des changements dans la vigueur de la croissance.
Pour être complet, il faut ajouter que ces variations de nutrition déterminent souvent le développement ou le nondéveloppement des axes latéraux, et que par là elles causent des différences de structure encore plus marquées. La digitale en est un exemple.
§ S40. Des différenciations morphologiques causées par la dissemblance des phases de la nutrition dont toute la plante est affectée, passons à celles que les mêmes causes déterminent dans certaines parties d'une plante et non dans les autres. Dans le nombre, comptons les différences qui distinguent les axes floraux des axes qui ne portent que des feuilles. Nous avons déjà dit (§ 78) que la croyance exprimée par Wolff, qu'il y a un lien entre la fructification et la nonnutrition, se trouve justifiée inductivement par bien des faits <le bien des genres. La méthode déductive nous a aussi fourni des raisons de conclure que cette relation résulterait