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CHANGEMENTS DE FORME DUS A D'AUTRES CAUSES

de la survie des plus aples (§ 79), vu qu'il serait avantageux pour une espèce que ses membres se missent à produire des germes migrateurs au bout des axes que la non-nutrition empêche de continuer la multiplication agamogénélique . Plus tard, quand nous avons étudié la nature de l'axe phanërogamique, nousavons trouvé, à Tappui de cette croyance, que les éléments d'une fleur nous offrent un retour au type d*où le type phanérogamique est probablement sorti, retour que nous pouvions prévoir en vertu des lois de l'embryologie, aux points où la non-nu tiition a arrêté le développement. En conséquence, nous avons le droit de compter les déviations de structure qui constituent l'inflorescence au nombre des différenciations morphologiques dues à une non-nulrition locale. Je ne veux pas dire que les modifications détaillées présentées par les organes essentiels et les organes secondaires de la fructification se trouvent expliqués par là : nous avons lieu de penser qu'ils doivent leur origine à d'autres causes. Mais je veux dire que les caractères morphologiques des axes gamogénétiques en général qui les distinguent des axes agamogénétiques, le non-développement des entre-nœuds, le rabougrisse'ment des organes foliaires, sont originellement des résultats d'un défaut de quantité dans l'offre d'une substance nécessaire à une croissance ultérieure (1).

(1) \\ est de toote justice de rappeler à rhonneur de Wolff qu'il dépassait immensément Goethe dans son explication de ces métamorphoses. Gœthe a bien pu donner à la théorie en tant qu'inductive une plus grande élaboration, mais cet avantage ne suffit pas à mes yeux pour compenser Tirrationalité de «on interprétation déductive, qui unit la physiologie du moyen Age à la philo- «ophie platonicienne. Chez lui, l'idée dominante, c'est que les feuilles existent en vue d'expulser les sucs grossiers ; il croit que tant qu'il y a des sucs grossiers à expulser, la plante doit être pourvue d'organes propres à exécuter cette tâche »; que, tandis que, < les fluides moins purs sont rejetés, de plus purs «ont introduits »; et que ■ si la nutrition est diminuée, l'opération de la nature (la floraison) se trouve facilitée et hâtée, les organes des nœuds (feuilles;

190 DÉVELOPPEMEMT MORFflOLOGlQUE.

. § 241 . Un autre point qu'il ne faut pas oublier dans ce chapitre, c'est l'arrangement spiral ou plutôt hélicoïdal des parties. Les nœuds successifs d'une plante phanérogame produisent habituellement leurs appendices de manière à révéler une torsion plus ou moins grande de la substance de l'axe; dans les plantes grimpantes, la torsion prend la forme d'un tire-bouchon. On peut attribuer cette structure à des différences de nutrition interstitielle. Dans un jet qui pousse verticalement, il est clair que si les molécules viennent s'ajouter avec une égalité parfaite de tous les côtés, il n'y aura pas de tendance vers aucun genre de déviation latérale; et les parties qui se produiront successivement seront placées l'une au-dessus de l'autre perpendiculairement. Mais toute inégalité dans la proportion du développement sur les divers côtés da rameau détruira la rectitude des lignes de croissance. Si l'accroissement moléculaire le plus grand et le moindre ont lieu sur les côtés opposés, le rameau doit prendre une forme marquée par une courbe à simple courbui*e; mais dans tous les autres où l'accroissement moléculaire sera inégal, il en résultera une courbe à double courbure. Or c'est un corollaire du principe de l'instabilité de l'homogène que la proportion du développement d'un rameau ne peut jamais être exactement semblable de tous les côtés; il faut aussi conclure de la même

se trouvent avoir une structure plus fine, raclion des sucs purifiés devient plus forte, et la transformation des parties devenant possible, s'opère sans délai. » L'explication au fond, c'est que la nature désire former des fleurs, que lorsqu'une plante fleurit, elle touche le but prescrit par la nature, • et que de cette manière la nature arrive à la longue à son but. » Au lieu de g&ter son induction par des considérations téléologiques dont l'objet prétendu est aussi arbitraire que les moyens, Wolff attribue la floraison à une cause qui, suffisante ou non, a un caractère strictement scientifique. Les variations de nutrition sont incontestîibUment une • vraie cause » de variation dans la structure vé* gétale. Nous n'avons pas affaire ici à une action imaginaire d'une cause fictive, mais à une acUon constatée d'une cause connue.

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