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CHAPITRE IX

COÏNCIDENCE d'uNE NUTRITION RICHE ET DE LA GENÈSE.

§ 352. Dans ce chapitre nous pouvons rassembler divers faits qui, sous une autre forme, nous apportent les mêmes preuves que ceux des chapitres précédents. Les fails que nous avons présentés montrent que Taccroissement des frais de la conservation de l'individu amène une diminution de puissance de propagation. Ceux que nous allons exposer montreront que la puissance de propagation augmente quand la conservation de l'individu devient exceptionnellement facile. En effet, le résultat d'une nourriture abondante peut s'appliquer à la propagation.

Pour exprimer celte proposition d'une façon plus spécifique, nous dirons que lorsque les besoins de la croissance individuelle, du développement et de la consommation journalière sont satisfaits, le surplus est la mesure de la multiplication. Ce surplus peut augmenter de quantité grâce à des changements dans le milieu qui apportent une plus grande quantité de matériaux ou de forces d'où dépendent aussi bien la vie des parents que celle des rejetons. Qu'il y ait ou qu'il n'y ait pas de dépense, un accroissement de la

nutrition rendra possible un accroissement de propagation . Nous pouvons prévoir qu'il en sera ainsi pour ragamogenèse €t la gamogenèse, et nous allons voir qu'il en est ainsi.

§ 353. L'effet premier que produit un surplus de substance nutritive sur les plantes multi-axiales, c'est une production de rameaux à feuilles grands et nombreux. Un fait qui montre comment cette multiplication non-sexuelle est l'effet d'une nutrition en excès, c'est ce qui arrive lorsque l'axe principal ou une branche principale sont cassés près de leur extrémité. Les bourgeons axillaires situés au-dessous de la cassure se gonflent rapidement et poussent des rameaux latéraux qui souvent portent des rameaux secondaires ; deux générations d'individus agamiques se produisent où probablement il n'y en aurait eu aucune, grâce à l'abondance de la sève qui n'est plus attirée ailleurs. Pareillement l'agamogenèse anormale que nous observons chez des fleurs prolifères s'accompagne d'ordinaire d'une exubérance de flem-s qui suppose une pléthore insolite.

Les faits d'agamogenèse chez les animaux ne sont pas moins concluants. Sir John Dalyell nous dit, à propos de VHydra hibay dont il a été le premier à signaler la métagenèse particulière : < il est singulier de voir à quel point la propagation se trouve favorisée par une nourriture abondante. » Ce polype continue à produire de jeunes polypes sur sa face externe, avec une rapidité proportionnée à l'abondance des substances qu'il a à sa disposition. Il en est de même aussi (}e la reproduction agamique des aphides. Kyber, cité par le professeur Huxley, raconte « qu'il éleva des portées vivipares de deux espèces {Aphis dianthi et Aphis i^osœ) pendant quatre ans consécutifs sans Tintervention des mâles ni des femelles ovipares, et qu'à la fin de ce temps la vi-

gueur de la reproduction agamique n'était pas diminuée. La rapidité de la prolification agamique dans toute cette période était directement proportionnelle à la quantité de chaleur et de nourriture que trouvaient les aphides. >

Dans ces faits la relation n'est pas compliquée d'une faron appréciable par la dépense. Le parent ayant atteint les limites de sa croissance, la nourriture qu'il absorbe s'applique à la multiplication non-sexuelle : c'est à peine si une partie est détournée par la conservation de la vie du parent.

§ 354. La multiplication sexuelle soumise à des conditions modifiées subit des variations réglées par une loi analogue. .Les plantes cultivées et les animaux domestiques nous en paraissent une preuve. '

Les faits qui montrent que chez les plantes cultivées, la genèse sexuelle augmente avec la nutrition, sont voilés par des faits qui montrent que lorsque la nutrition baisse et devient médiocre, la genèse non-sexuelle se ralentit et la genèse sexuelle commence. On a confondu ces relations et on a tiré des conclusions erronées. En traitant la question de la genèse par la méthode inductive, nous sommes arrivés à la conclusion que « les produits d'un germe fécondé continuent à s'accumuler par croissance simple, tant que les forces d'où la croissance résulte dépassent de beaucoup les forces antagonistes ; 'mais que lorsque la diminution d'une série de forces, ou l'accroissement de l'autre, amènent une diminution considérable de cet excès, et un état qui se rapproche de l'équilibre, des germes fécondés apparaissent de nouveau (§ 78). > Nous avons montré qu'il en est de même des organismes qui se multiplient par hétérogenèse, comme de ceux qui se multiplient par homogenèse. Nous avons cité des plantes qui montrent à la fois généralement et localement le déclin de la

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multiplication agamiqne et le commencement de la multiplication gamique, en même temps qu'une diminution de la quantité de nutrition. Or les cas de fécondité que cause la déplétion chez les arbres sont réellement des cas de changement de l'agamogenèse en gamogenèse, et prouvent simplement que ce qui se produisait naturellement quand la croissance périphérique suivait l'accroissement du volume, peut se produire artificiellement quand on diminue la quantité de matériaux destinés à la croissance. En resserrant les racines d'un arbre dans un vase, ou en les coupant, ou en faisant sur les branches des incisions annulaires, nous le ferons porter de très-bonne heure : c'est que nous produisons ce dcfiiul relatif de nutrition qui se sérail produit spontanément dans le cours du temps. Ces faits ne prouvent pas que chez les plantes la genèse sexuelle croisse à mesure que la nutrition diminue. Une fois que la genèse sexuelle a commencé, elle est rare et imparfaite, à moins que la nutrition ne marche bien. Quoique la plante mal nourrie fleurisse, beaucoup de ses fleurs tombent ; et les fruits qu'elle produit sont mal pourvus des enveloppes, de la provision d'albumine, etc., nécessaires pour que la germination ait des chances de réussir. Le nombre des rejetons survivants diminuera. S'il en était autrement, les engrais que l'on

donne aux champs destinés à porter des récoltes de grains,

ne seraient pas seulement inutiles, ils seraient nuisibles. S'il en était autrement, rien ne justifierait la fumure des racines d'un arbre à fruits, tandis que le seul cas où rien ne la justifie, c'est quand la croissance d'axes sans sexe est encore luxuriante. S'il en était autrement, un arbre qui a porté un grand produit devrait, par suite de la déplétion, porter une récolte encore plus considérable l'année suivante; au lieu qu'il est exposé à demeurer entièrement ou en partie stérile

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Tannée suivante. Il faut qu'il revienne à un état de nutrition assez élevé avant que sa genèse sexuelle redevienne considérable.

Mais les meilleurs exemples sont ceux que nous offrent les animaux, où nous trouvons outre un accroissement de la quantité de nourriture, une diminution de dépense. On peut faire deux genres de comparaison qui aboutissent au même résultat, des comparaisons entre des animaux apprivoisés et des animaux sauvages du même genre ou de la même espèce, et des comparaisons entre des animaux apprivoisés de même espèce qu'on soumet à des traitements différents.

Pour commencer par les oiseaux, prenons d'abord les gallinacés de basse-cour et les oiseaux de même famille des champs et des bois. Bien qu'elles aient un plus grand \olume qui, toutes les autres conditions devenant égales, devrait s'accompagner d'une plus grande fécondité, les espèces domestiques ont des rejetons plus nombreux que les espèces sauvages. Un dindon a douze petits par année et un faisan en a de six à dix. Chaque saison, une poule élève deux ou trois fois autant de petits qu'une perdrix. Chez les oiseaux du ^enre Anas même différence. L'oie domestique pond 12 œufs et plus, mais Toie sauvage n'en pond que quatre, six ou sept, et on remarquera que ceux-ci sont beaucoup plus petits. De même des canards : la variété domestique pond et élève deux fois plus d'œufs que la variété sauvage. Il en est de même des pigeons. Macgillivray remarque que le Columba livia^ quand il trouve « au printemps des grains en abondance dans les champs nouvellement ensemencés, devient gras et s'accouple ; et qu'à l'époque des moissons, quand les céréales sont coupées, il recommence, et « la même paire, une fois domestiquée, porte généralement quatre fois par an ». L'inégalité que l'on observe entre la fécondité de différentes

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basses-cours provient d'inégalités dans la quantité de substances alimentaires : c'est un fait bien connu. Les effets d'une nourriture abondante se montrent non-seulement dans la continuation des pontes , mais aussi dans le volume des œufs. Un des moyens que l'on a recommandés pour avoir des œufs à une époque avancée de Tannée, c'est de nourrir la volaille libéralement. La fécondité des pigeons, écrit Macgillivray, dépend beaucoup de l'abondance de la nourriture ' dont ils peuvent s'engraisser; c'est pour moi une chose évidente, parla raison que lorsqu'ils sont domestiqués, on voit qu'ils pondent tous les mois de Tannée. Je ne veux pas dire que la même paire portera chaque mois; mais dans chaque bande, quand ils sont bien nourris, il yen a toujours qui portent en toute saison. On peut ajouter un fait de même signification que nous empruntons aux oiseaux partiellement domestiqués. Le moineau qui vit au voisinage des maisons trouve, grâce à sa hardiesse, des subsistances que ne trouveraient pas ses congénères. Le résultat, c'est qu'il a plusieurs portées par saison, au lieu que les oiseaux de la même famille qui chassent par les champs n'en ont pas plus de deux et quelquefois n'en ont qu'une.

Une preuve tout aussi claire que l'abondance de la nourriture élève le chiffre de la multiplication, c'est ce qui se passe chez les mammifères. Comparez les portées d'un chien avec celles d'un loup ou d'un renard ; celle du chien contient de 6 à 14 jeunes, les autres 5 ou 6 ou 7 quelquefois pour le loup, et 4, 5 ou rarement 6 pour le renard. Le chat sauvage a 4 ou 5 petits, mais le chat domestique en a 5 ou 6 deux ou trois fois par an. De même chez les animaux du genre Mustela. Le roselet {M. erminea) porte 5 jeunes une fois par an. Le furet fait deux portées par an, chacune contenant de 6 à 9 jeunes. Mais peut-être la différence la plusfrap-

pante est-elle celle qui existe entre les variétés sauvages et domestiques du cochon. L'une produit, selon Tâge, de 4 à 8 ou 10 jeunes une fois chaque année, l'autre produit quelquefois jusqu'à 17 jeunes dans une portée; ou, dans d'autres cas, il fait cjnq portées de 10 jeunes en deux ans, chiffre de reproduction sans exemple chez les animaux d'un grand volume. N'oublions pas que cette excessive fécondité se produit chez l'animal le plus inactif, qui a toujours beaucoup à manger et rien à faire. Il y a une preuve non moins évidente que chez les mammifères domestiques mêmes, les individus bien nourris sont plus prolifiques que les individus mal nourris. Sur les pâturages élevés et relativement infertiles, c'est par exception seulement que les brebis ont des jumeaux, mais elles en ont très-communément dans la riche vallée de la Severn. Pareillement sur les hauteurs pelées de l'ouest de l'Ecosse il n'y a guère qu'une brebis sur vingt qui fasse deux jumeaux; en Angleterre, au contraire, il y en a environ une sur trois. Bien plus, sur les riches pâturages, les jumeaux sont plus fréquents que les jeunes isolés ; et il arrive quelquefois qu'après qu'un automne chaud a donné de bons pâturages, un troupeau de brebis double l'année suivante le nombre de ses agneaux : celles qui en font trois compensent la perte causée par celles qui n'en font qu'un. Cette relation est si directe, que j'ai entendu un fermier affirmer qu'il pouvait prédire, d'après l'état bon, médiocre, ou mauvais, d'une brebis en automne, si elle pointerait au printemps suivant deux agneaux, ou un seul, ou si elle n'en aurait point.

§ 355. Nous rencontrons ici une objection. On peut prouver, par un grand nombre de faits, que l'embonpoint ne s'accompagne pas de fécondité, mais de stérilité; et la con-

5il LOIS DE LA MULTlPLIGATlOiN.

clusion à en tirer, c'est qu'une nourriture abondante est défavorable à la genèse. On peut admettre la prémisse et nier la conclusion.

II y a une dislinction entre ce qu'on peut appeler la pléthore normale et l'anormale, que l'on peut confondre avec la première. L'une est un signe de santé constitutionnelle; mais l'autre est un signe d'appauvrissement constitutionnel. La pléthore normale est constituée par un excès de matériaux propres à la construction des tissus et à la production de la force ; telle est la pléthore que nous avons trouvée unie à une fécondité insolite. La pléthore anomale, qui, ainsi qu'on l'a dit avec justesse, s'accompagne de stérilité, est constituée par un excès de matériaux dynamogènes uni à un défaut positif ou relatif de matériaux histogènes : l'accroissement de volume qui est le signe de cet état n'est, en réalité qu'une masse de matière inerte et morte. Remarquez d'abord quelques faits qui nous montrent que l'obésité implique un appauvrissement physiologique.

Ni chez les bètes ni chez l'homme l'obésité ne se rencontre dans la jeunesse, ni dans les premiers temps de la maturité durant lesquels la vigueur est le plus grande et la digestion se fait le mieux : elle n'accompagne pas ordinairement la possession des plus puissants moyens d'acquérir des matériaux nutritifs. Quand l'obésité se produit au début de la vie, que ce soit par l'effet d'une alimentation particulière ou par l'effet d'autres circonstances, elle n'est pas le signe d'un accroissement de la somme de la vitalité. Au contraire, si l'animal a à faire de grands efforts musculaires, il faut qu'il se débarrasse de sa graisse; l'homme y parviendra par l'exercice ; le cheval qui est devenu gras et épais en paissant de l'herbe au dehors, y arrivera par un régime plus nourrissant, tel que l'avoine. La fréquence de l'obésité sénile.

tant chez les animaux domestiques que chez nous» a des conditions analogues. Les individus obèses sont peu capables de supporter de grandes dépenses de leurs facultés, ils ont en général la digestion moins active ; ces deux faits indiquent que Tobésité n'est point due à une abondance de matériaux dont l'organisme a besoin, mais à une abondance de matériaux dont l'organisme n'a pas besoin. Voici encore des faits de même valeur : les femmes qui ont eu plusieurs enfantSy et les animaux après qu'ils ont porté des jeunes pendant quelque temps, engraissent; et en même temps perdent leur fécondité. Dans ces cas, l'obésité n'est pas la cause de l'infécondité ; mais l'épuisement constitutionnel qu'a laissé la production préalable du rejeton se révèle par deux signes, le déclin de la fécondité et le commencement de l'obésité. Il y a encore un autre genre de preuves. 11 n'est pas rare que l'obésité commence quand rorganisme a été soumis à des influences débilitantes. Souvent une maladie grave est suivie d'un embonpoint auquel l'organisme n'avait auparavant aucune tendance. L'emploi prolongé du mercure, dommageable pour la constitution, produit quelquefois le même effet.

Une étude plus approfondie vérifie les conclusions auxquelles ces faits nous conduisent. Le microscope nous fait voir qu'à côté de l'accroissement de volume commun dan^ l'âge avancé, il se fait un changement qu'on appelle a dégénérescence graisseuse > : des globules d'huile se déposent aux endroits où il devrait y avoir des particules musculaires, ou {riutôt, nous pouvons dire que les molécules hydrocarbonées produites sur place par décomposition des molécules azotées, n'ont pas été remplacées par d'autres molécules azotées comme elles auraient dû l'être. Cette dégénérescence graisseuse est, il faut l'avouer, une sorte de

mort locale. Pour la considérer ainsi nous avons deux raisons : non-seulement parce qu'une substance active se trouve remplacée par une substance inerte, mais parce que la chair des corps moi*ts, dans certaines conditions, se transforme en matière grasse appelée adipocire.

L'infécondité qui accompagne Tobésité dans les animaux domestiques a pourtant d'autres causes que le déclin de la vigueur constitutionnelle dont l'obésité est le signe. Nourris artificiellement, ces animaux ne peuvent pas toujours avoir ce que leur organisme réclame. Ce qu'on leur donne a souvent pour but de les rendre plus gras. Enfin comme la capacité de l'appareil digestif demeure la même, l'absorption de matériaux adipogènes en excès implique rinsuflîsance do l'absorption des matériaux d'où les tissus sont formés, et dont les jeunes sont construits. En outre, Tnlimentation spéciale à laquelle on les soumet pour les engraisser rapidement et de bonne heure, continuée qu'elle est pendant des générations, et suivie d'une sélection des individus et des variétés qui s'engraissent le plus vite, tend à fixer une nouvelle constitution plus propre à produire de la graisse, et par suite moins propre à produire de la chair, constitution qui, à cause d'une absorption relativement défectueuse de substances azotées, deviendra probablement inféconde, et, en général elle le devient. Aussi ne saurait-on tirer aucune conclusion de cas de ce genre, touchant les effets d'une riche nutrition. A la vérité, ces cas sont d'un genre qui n'existerait pas sans l'intervention de l'homme. Dans les conditions naturelles, nul animal ne se nourrirait de manière à produire de semblables résultats; et s'il le faisait, son espèce ne tarderait pas à disparaître (I).

(1) Il vaut la peine de rechercher si le défaut de convenance de la nourriture qui leur est donnée n*e8t pas la priocipalc cause de la stérilité qui, selon

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L'accumulation de graisse diminue encore la fécondité d'une autre manière. En supposant même qu'elle ne s'accompagne pas d'une absorption plus faible de matériaux azotés, elle est une cause de diminution du surplus de ces matériaux. En effet la réparation des tissus moteurs devient plus coûteuse. La graisse accumulée est lourde à porter. Un animal chargé de matière inerte doit, toutes choses égales , consommer une plus grande quantité de substances histogènes pour garder son appareil locomoteur en bon état: en sorte que, dépensant plus pour sa propre conservation, il a moins à dépenser pour la conservation de l'espèce. Une pléthore anomale est donc naturellement l'antagoniste de la reproduction. D'ordinaire, elle suppose une moindre «absorption de tissus histogènes et une augmentation de demande de la substance dont l'offre diminue. Donc la fécondité décroit en progression géométrique.

La conclusion opposée que l'on tire de cet ordre de faits vient de ce qu'on se fait une idée fausse de leur nature, idée fausse qui vient en partie de ce que l'accroissement de volume produit par la graisse ressemble un peu à l'accroissement de volume dû à la croissance des tissus, et en partie de ce que l'abondance de la bonne nourriture produit normalement une certaine quantité de graisse qui, dans des

M. Darwin, « est le grand obstacle à la domestication des animaux ». U remarque que « lorsqu'on éloigne des animaux et des plantes de leurs conditions naturelles, ils sont très-exposés à subir des dérangements de leur système reproducteur >. 11 se peut que rarrêt relatif ou absolu de la genèse soit moins dû à un effet direct sur le système reproducteur qu'à une modification de la nutrition dont le système reproducteur montre clairement les résultats. Les substances nécessaires à la formation d'un embryon contiennent une plus grande proportion d'azote que les substances nécessaires pour entretenir un adulte. Aussi un animal que l'on oblige à vivre d'une nourriture insuffisamment azotée peut se trouver privé de son surplus disponible pour la reproduction, tout en ayant assez pour entretenir la réparation de ses tissus et paraître en bonne santé. En attendant, il augmente de volume par l'effet de Texcès des substances non azotées qu'il mange.

limites assez resserrées, est une provision utile de matière dynamogène. Mais dès que nous limitons l'expression une nutrition riche à son propre sens, c'esl-à-dire à une quantité abondante et bien proportionnée de toutes les substances dont l'organisme a besoin, nous voyons que toutes choses égales la fécondité augmente toujours à mesure que la nutrition augmente. Enfin nous voyons que ces cas en apparence exceptionnels nous apprennent réellement la même chose, puisque ce sont des cas de non-nutrition relative.

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