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CHAPITRE X

CARACTÈRES SPÉCIAUX DES RAPPORTS PRRCÉDENTS. DE LA NUTRITION ET DE l'ACTIYITÉ AVEC LA GENÈSE.

§ 356. Nous trouvons dans les organismes qui ont des genres de vie très-différents des genres ordinaires la vérification des doctrines générales exposées dans les chapitres précédents. Ici comme ailleurs, les cas anomaux nous fournissent des preuves cruciales.

Si certains organismes sont entourés de circonstances telles qu'ils trouvent à leur portée une substance extrêmement nutritive en quantité illimitée, et qu'ils n'aient rien autre à faire qu'à l'absorber, nous pourrons supposer que leur puissance de propagation sera énorme.

S'il y a des genres d'animaux qui dépensent très-peu pour s'entretenir, en comparaison d'autres animaux, on peut en attendre une puissance prolifique relativement prodigieuse. On, encore, si nous trouvons des espèces qui ont ceci de particulier, que, si quelques-uns de leurs individus ont beaucoup à faire et peu à manger, d'autres ont beaucoup à manger et peu à faire, nous verrons que ces dernières jouissent d'une grande fécondité relativement à l'infécondité ou a la stérilité des premières.

Nous allons voir que ces diverses conclusions se trouvent complètement vérifiées.

§ 357. Dans le règne végétal nous trouvons un exemple de l'une de ces relations; ce sont les plantes qui, comme les ralïlésiacées, poussent le parasitisme jusqu'à vivre des sucs qu'ils absorbent sur d'autres plantes. Les organes qui servent à l'entretien de l'individu étant inutiles, y sont rudimentaires; et les parties directement ou indirectement affectées à la production et la distribution de germes, constituent la masse de l'organisme. Dans les phanérogames ordinaires les appareils affectés à la conservation de l'espèce sont d«ins un faible rapport avec les appareils affectés à la conservation de l'individu; ici c'est le contraire. Il en est de même dans la cuscute commune.

On pourrait ajouter une autre preuve que nous trouvons :;hez les champignons. Ceux qui poussent sur des plantes vivantes nous offrent complètement la relation dont nous parlons; et ceux qui, sans être parasites, subsistent néanmoins avec des matériaux préalablement élaborés par d'autres plantes, la reproduisent au fond. La partie qui produit des spores est relativement énorme, et la fécondité est bien plus grande que celle des cryptogames de même volume, qui ont à former par eux-mêmes les composés organiques dont eux et leurs germes se composent.

§ 358. Les animaux parasites nous apprennent la même vérité. A côté d'une décroissance des frais d'îndividualion, ils nous montrent une augmentation de frais de genèse; el ils nous les montrent de la manière la plus frappante, lorsque les conditions de la vie de ces animaux s'écartent de la façon la plus tranchée des conditions ordinaires.

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