SUBSTITUTION DANS LES PLANTES
présent en puissance, on n*en pourrait tirer aucune raison légitime de contredire l'explication que nous aTons donnée des monstruosités décrites plus haut. Si, lorsqu'une ombellule se développe au lieu d'une fleur, c'est parce que les rayons qui la composent sont axillaires par rapport aux organes foliaires de la fleur remplacée, nous pouvons bien demander qu'on nous fasse voir les organes foliaires par rapport auxquels ces rayons . sont axillaires. Mais il n'y en a point. Dans le dernier exemple représenté par une figure, les rayons internes de chaque ombellule en sont dépourvus; et dans un seul groupe on ne voit qu'un seul rayon qui ait une bractée pour point de départ. On a, il est vrai, une réponse toute prèle : les organes foliaires, dit-on, sont supprimés. Quoique Gœlhe ne pût c se figurer un nœud sans un bourgeon >, ceux qui admettent sa forme type n'ont aucune peine à se figurer un bourgeon axillaire sans rien par rapport à quoi ils sont axillaires. Mais passons et demandons quelle preuve on a de cette suppression supposée. Les bourgeons axillaires se présentent normalement partout où la nutrition est assez forte pour produire des feuilles complètement développées ; et lorsqu'on peut montrer la présence de bourgeons axillaires dans les fleurs, c'est qu'ils accompagnent des organes foliaires qui sont plus semblables aux feuilles que d'ordinaire, toujours plus verts sinon toujours plus larges. Ce qui veut dire que les bourgeons normaux et les anormaux, sont pareillement les accompagnements d'organes foliaires colorés par celte chlorophylle qui favorise d'ordinaire le développement de leurs feuilles. Comment donc peut-on supposer que lorsque sur une fleur il se forme un groupe de rayons floraux, l'excès de nutrition que ce fait suppose fasse avorter les organes foliaires? 11 est vrai que très-généralement dans une inflorescence ramifiée, les bractées des diverses branches à fleur sont très-petites (leur petitesse provenant probablement de ce qu'elles ne reçoivent qu'une quantité insuffisante de substance chlorophyllogène, ce qui est la cause prochaine de la floraison). Enfin il est vrai que, dans ces conditions, un axe floral d'un volume considérable, au développement duquel la chlorophylle est moins nécessaire, se développe à l'aisselle d'une feuille rabougrie. Mais il me semble que l'opinion d'après laquelle l'organe foliaire peut être en conséquence entièrement supprimée, ne saurait se concilier avec le fait que l'organe foliaire se développe toujours jusqu'à un certain point avant que le bourgeon axillaire se montre. Tant qu'on n'aura pas vu dans certains cas un bourgeon axillaire apparaître le premier, et un organe foliaire se développer ensuite au-dessous de lui pour lui former une aisselle, la conception d'un bourgeon axillaire dont forgane foliaire est supprimé, restera en désaccord avec les vérités démontrées du développement.
Les pages qui précèdent faisaient partie du § 190. Je les ai transportées dans l'appendice, en partie parce qu'elles contiennent trop de
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détails pour avoir leur place dans Texposé généra], et en partie parce que l'interprétation que j*y donne prêtant à quelque objection, j'aurais pu compromettre la doctrine générale par cette addition. Toutefois les critiques que celte interprétation a soulevées n'ont pas suffi à me convaincre de sa fausseté. Malheureusement, je n'ai pas eu depuis ToccasioQ de vérifier mes propositions par un examen au microscope, ainsi que j'en avais l'intention.
Quoique incapable d'imposer mes conclusions en les appuyant sur de nouveaux laits étudiés avec plus de soin, j'sgouterai quelques arguments basés sur des faits bien comius. D'abord, on sait que le bourgeon prétendu axiilaire n'est pas universellement axillaire, qu'il n'est pas universellement situé dans l'angle formé par Taxe et un organe foliaire qui s'en détache. Il y a des plantes oii le bourgeon axiilaire est placé bien au-dessus du nœud, à moitié chemin du nœud suivant. En sorte que, non-seulement un segment d'un axe phanérogame peut manquer de bourgeon axiilaire, mais que le bourgeon axiilaire, lorsqu'il existe, peut se trouver hors du lieu où, d'après Gœthe, il existe nécessairement. Un autre fait qui ne s'accorde pas avec la doctrine courante est la fréquente existence de bourgeons adventiceSy c'e^-à-dire bourgeons qui viennent des racines, des vieilles tiges ou débranches sans feuilles. Le nom qu'on leur donne semble indiquer qu'on peut n'en pas tenir compte. Mais les personnes qui n'ont pas à sauver une théorie en dédaiguant les anomalies peuvent pencher à croire que l'existence de bourgeons aux endroits où ils ne sont pas en rapport avec des nœuds, et ne sont axil* laires par rapport à rien, parle haut contre la doctrine d'après laquelle tout bourgeon implique un nœud et un organe foliaire correspondant. Elles peuvent voir aussi que le développement de ces bourgeons adventices, aux endroits où il y a des matériaux nutritifs en excès, est en faveur de l'idée que nous émettons. En effet, si un bourgeon se montre à une place où U ne s'explique pas au poiilt de vue morphologique, et seulement parce qu'il se trouve que cet endroit contient en abondance du protoplasme non organisé, il est probable que si la masse de protoplasme d'où une feuille naîtrait ordinairement, augmente beaucoup de volume par excès de nutrition, il peut se développer un axe au lieu d'une feuiDe.