‹ Principes de chimie biologiqueChapitre 15 sur 94 · HYDRATE DE CARBONE · texte numérisé non relu

HYDRATE DE CARBONE

La lichenine, provenant des mousses et des lichens ;

La tunicine, qui se trouve dans le manteau des tuniciers et des ascidies.

Le sucre de canne et les autres saccharoses isomères peuvent être considérés comme produits par la combinaison de deux glucoses du premier groupe. On peut les regarder comme des élhers mixtes dérivés de deux alcools sucrés. Ainsi le sucre de canne représente une combinaison de glucose et de lévulose avec élimination d'eau.

C«H*20«-hC6II*«0«— H»0 = C«H«*D"

Glucose. Lévulose. Sucre de canne.

On a plusieurs preuves de l'exactitude de cette interprétation :

Le sucre de canne, en absoibantde l'eau, se transforme en un mélange de glucose et de lévulose. Il dévie le plan le polarisation à droite et se change, sous l'influence des acides, en sucre interverti, déviant lé plan de polarisation à gauche. Le sucre interverti est lui-même un mélange de glucose et de lévulose.

Enfin le sucre soumis à l'action de la chaleur se transforme en glucose et en léxulosane

C18 H«2 0" = C«H«206 4- C6H»0 05 Sucre de canne. jGlucose. Lévulosane ;

et la lévulosane peut elle-même absorber de l'eau et se transformer en lévulose.

C«H*0 0«-4-H«0 = C6H»»06 Lévulosane. Lévulose.

L'ensemble de ces réactions pour le sucre de canne, des considérations semblables pour les autres saccharoses, indiquent que ces substances peuvent être rangées dans la classé des éthers.

La composition des hydrates de carbone analogues à l'amidon et représentés par la formule n (C*°H*°0'^) peut s'expliquer aussi par la condensation de plusieurs molécules sucrées. Ils forment des éthers mixtes d'un ordre plus élevé que les saccharoses. Ils sont capables, en effet, en fixant de l'eau, de donner naissance à des sucras.

Ces hydrates de carbone sont des combinaisons complexes de la même nature que le sucre de canne, à cela près qu'ils résultent d'une déshydratation plus avancée.

Glucose. Glucose. Dextrine.

En allant plus loin encore dans ces déshydratations, on arrive à comprendre la constitution de l'amidon lui-même.

Dextrine. Glucose. Amidon.

MATIÈRES âLBUMINOIDES

Les matières albuminoïdes forment un groupe de substances variées dans leur origine, mais très-res-^ semblantes par leurs propriétés et leur composition. Elles existent dans le règne végétal et sont plus répan-

HATifcRES ALBUMnOIDES. 47

(lues encore ilans les tissus des animaux, dont elles sont un des éléments essentiels. Elles font partie ou sont Toriginc de toutes les matières azotées de Téconomie. On doit d'ailleurs les distinguer des tissus à gélatine et des productions épidcrmiques, qui renferment moins de carbone et plus d'azote.

Les tableaux suivants, empruntés à Hoppc Seyler et à M. Schutzenberger, donnent à la fois la classification et les propriétés des matières albuminoïdes.

CARACTÈRES DES MATIÈRES ALBUMINOÏDES, DIAPRÉS HOPPE SEYLER*. — TABLEAU SYNOPTIQUE.

I. Albumine, — Matières albuminoïdes, solubles dans l'eau, dont elles ne sont précipitées ni par les acides étendus, ni par les carbonates alcalins, ni par le chlorure de sodium, ni par Tacide platino-cyanhydrique. Leurs solutions se coagulent par l'action de la chaleur.

fl. Albumine du sérum, pouvoir rotatoire pour la ligne D du spectre == — 56*". Ne se coagule pas par l'agitation avec Téther, se dissout facilement dans l'acide chlorhydrique concentré. Dans cette dernière dissolution, l'addition d'un peu d'eau produit un précipité qui se redissout dans un grand excès.

b. Albumine de l'œuf, pouvoir rotatoire pour la I ;ne D = — 35°5, précipitable par Féther, difficile-

* Hoppe Seyler, Handbuch der chemvtchen Analyse. 3. Anflage. p. 196.

ment soluble dans l'acide chlorhydrique concentré ; Teau forme dans cette dernière dissolution un précipité peu soluble dans un excès.

II. Globuline. — Matière albuminoïde insoluble dans l'eau, soluble dans les dissolutions étendues de chlorure, de sodium ; sa dissolution se coagule par la chaleur ; elle est soluble dans l'acide chlorhydrique très-étendu en se transformant en syntonine.

a. Yitelline, non précipitée.de ses dissolutions dans le chlorure de sodium étendu, par l'addition d'un excès de ce même sel.

b. Myosine, précipitée de ses dissolutions dans le chlorure de sodium étendu, par l'addition d'un excès de ce même sel.

c. Substance fibrinogène.

d. Substance fibrino-plastique, paraglobuline. Elles ont les caractères de la myosine; de plus, réunies dans une solution neutre, elles donnent naissance à de la fibrine.

III. Fibrine. — Insoluble dans l'eau et dans les solutions de chl^ure de sodium, les acides étendus. Les alcalis la font augmenter de volume et simuler une solution qui se coagule dès qu'on la chauffe.

IV'. Albuminates. — Insolubles dans l'eau et le chlorure de sodium, facilement solubles dans l'acide chlorhydrique très-étendu, aussi bien que dans les carbonates alcalins. Ces dissolutions ne se troublent pas par Tébullition, ni quand on les neutralise en présence de phosphates alcalins.

a. Caséine. Chauffée avec des solutions alcalines,

• MATIÈRES ALBVMINOIDFS. 49

elle donne lieu à froid, plus rapidement *à chaud, à une formation de sulfure de potassium.

b, Albuminates alcalins (protéine). Ils ne forment pas de sulfures alcalins quand on les chauffe avec de la potasse.

Y. Albumine modifiée par les acides; syntonine. — Insoluble dans Teau et le chlorure de sodium, trèssoluble dans l'acide chlorhydrique étendu et les solutions de soude sans subir de transformation. Les solutions se précipitent quand on les sature, même en présence des phosphates alcalins.

VI. Substance amyloide. — Insoluble dans Teau, les acides étendus, les carbonates alcalins, ne se gonflant pas en présence des solutions de sel marin. Colorée par riode, depuis le brun rouge jusqu'au violet. Elle n*est pas digérée dans l'estomac à la température ordinaire du sang.

VII. Albumine coagulée. — Insoluble dans l'eau, dans l'acide chlorhydrique étendu, le carbonate de sodium, le sel marin ; colorée en jaune par l'iode. Transformée facilement en peptone par le suc gastrique à la température ordinaire du sang.

VIII. Peptones. — Solubles dans l'eau, d'où elles sont précipitées par les acides, les alcalis et la chaleur.

CLASSinCATION DES MATIÈRES ALBUMINOÏDES, d'aPRAs If. iCmrZEnVBRC.FK^ .

j Albumine et serine. Ne précipitent ni par Tacide acétique ni par l'acide phosphorique normal.

Vitelline. N'est probablement qu'un mélange d'albumine et de caséine.

Matière azotée des globules. Insoluble danç le sérum et peut se changer en hématocristalline.

Hémoglobine. Cristallise en prismes tétraèdres, tables hoxajçonales, rhomboèdres.

Hydropisine. Insoluble dans une eau chargée de sulfate de magnésium. Ne se colore pas en rouq^e par l'eau de chlore.

Pancréatifie. Insoluble dans une e.iu chargée de sulfate de mngnésium. Se colore .en rouge par l'eau de chlore.

Seuls

es

Goflgulables

par la chaleur

.4vec le

concours

de l'acidfî

\ acétique \

Non coagulables

par

la chaleur

Paralbumine, Se coagule en flocons.

Mélalbumine. Donne un trouble peu abondant.

Caséine. Identique avec les albuminates alcalins, se coagule par la présence de l'eau. Précipite par les acides acétique et phosphorique normal.

Jjégumhte. Mêmes réactions.

Ferments solubles caractérisés par les réactions chimiques qu'ils provoquent.

Albuminose. Diffusible, non précipitablc par les acides, précipitable par le sublimé corrosif.

Ichthidine. Mal définie.

•ri

Insolubles dans l'eau salpétréc ou aiguisée

de jj,\)75 d'acide chlorhydrique

Soiuble dans l'eair salpctrée

Solublc dans l'eau acidulée au j-,* ,y ....

Foluble dans l'alcool. . , . .-

Caractères peu tranchés ne donnant pns de coloration violette avec l'acide chlorhydrique

Albumine coagulée .

Fibrine cuite.

Fibrine du sang.

Fibrine musculaire. Glutine.

Gluten.

Ichthidine.

Ichthuline.

Emydine.

* Schutzenbercher, Dirlionnnire de chimie pure et appliquée.

VATIÈRES ALBlîMINOIDES 51

Les matièros albiiminoïdcs contiennent toutes du carbone, de l'hydrogène, de Tazote et du sorfre. Elles ne sont pas volatiles, brûlent en répandant Todeur de corne et en de<^'ageant des vapeurs ammoniacales, et laissent des phosphates dans leurs cendres. Elles présentent toujours au moins deux modifications, une soluble et une insoluble.

La composition centésimale de toutes ces substances est sensiblement la même. Les différences paraissent seulement tenir à la présence des matières minérales qu'elles retiennent opiniâtrement, et qui restent dans les cendres. Aussi, beaucoup de chimistes, négligeant les différences peu marquées de Tanalyse, considèrent tous ces corps comme des modifications allotropiques des états isomériques d'un seul et même produit.

L'albumine de l'œuf, d'après Tanalyse de MM. Dumas et Cahours, contient :

Carbone 54,3

Hydrogène 7,1

Azote. 15,8

Soufre 1,8

Oxygône 21,0

On a cherché à traduire ces chiffres en formule. Lieberkuhn a représenté l'albumine par C''1P'*A7J*S0**, qui s'accorde bien avec Tanalyse, mais qui est fort complexe et devrait être contrôlée par des métamorphoses. Sterry Hunt suppose que le soufre peut être remplacé par de l'oxygène, et que, à l'état de pureté.

la matière non sulfurée renferme les éléments de la cellulose, plus de l'ammoniaque, moins de Teau.

2(C«H*00»)4-3AzH5 — 6U«0 = C'«H"Az»0*

Les rapports précédents exigent

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