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Az 15,73
Ces formules manquent de contrôle. On a essayé diverses méthodes pour déterminer l'équivalent et mesurer la grandeur de la molécule des matières albuminoïdes^ Schwarzenbach fit l'analyse du précipité floconneux que le platinocyanure de potassium forme avec les matières albuminoïdes en dissolution, acidulées par l'acide acétique. La moyenne des analyses d'albumine de l'œuf, faites par incinération de la matière lavée et séchée , donne 5,699 de platine. Ce chiffre s'accorde avec celui que l'on obtient par le calcul en prenant pour le poids moléculaire de l'albumine le chiffre qui résulte des analyses de Lieberkuhn, des combinaisons d'albumine et d'argent, d'albumine et de zinc. En admettant que la combinaison renferme 2 Cy -h K, on trouve pour le platine le chiffre 5,59, très-voisin du nombre expérimental. Le précipité de caséine dans les mêmes circonstances contient H, 3 pour 100 de platine. Le dosage du soufre du précipité
^ Schwarzenbach, Ueber Aequivalenzverhàltnisse der Eiweisskorper. [Annalen der Chemie und Pftarmacic, Band. 144, S. 62. — 1867.)
HATIËR£S ALBCMINOIDES. 53
fournit pourralbumine de 1,85 à 2 pour 100, et pour la caséine de 0,9 à 1,1 pour 100, c'est-à-dire que la caséine renferme deux fois moins de soufre que l'albumine: En comparant le poids de platine contenu dans les deux précipités, on voit que le poids moléculaire de l'albumine est double de celui de la caséine, et on doit admettre que celle-ci dérive d'un dédoublement de l'albumine.
Diakonovir^ et Fuchs^ contestèrent Texactitude des résultats précédents et réussirent, par un lavage prolongé, à enlever au précipité de cyanure une grande partie de platine ; le chiffre tomba de 5,7 à 1 pour 100 pour l'albumine, de 10 pour 100 à 1,4 pour la caséine.
Par exemple Lieberkuhn ajouta une solution d'albumine à un sel d'argent, et trouva 6,5 d'argent dans le précipité. Fuchs, en répétant la même expérience, arriva à 5,2 d'argent, ce qui prouve l'insufTisance de ce procédé.
M. Commaille a employé le chlorure de platine pour la même détermination, et il a trouvé, après un lavage prolongé, 7,9 A 8,5 de platine. Fuchs est arrivé au chiffre presque identique, 8,1. L'accord de ces deux derniers résultats fait penser que le chlorure de platine sera le meilleur réactif pour arriver à connaître le poids moléculaire de l'albumine.
* Fuchs, Ueber Aequivalent bestimmung des Albumins. (Atmalen der Chemie und Pharmacie, B. 151, S. 372. — 1869.)
* Diakonow, Ueber Platincyanverblndungen des Eiwaskorpcr. [Medicinisch'Chemische UrUersuchungerif s. 228.)
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Propriétés. — Les matières albuminoïdes sont solides, généralement amorphes ; quelques-unes cependant, telles que l'hémoglobine, la caséine dans la noix de Para, ont été obtenues cristallisées. Elles sont solubles. ou insolubles dans Teau ; certaines de ces dernières le deviennent en présence de matières étrangères ; elles sont, en général, insolubles dans l'alcool, l'éther, le chloroforme.
Elles dévient la lumière polarisée en général vers la gauche et d'une quantité variable pour chacune d'elles. Ce caractère est souvent le seul qui les différencie nettement les unes des autres.
La chaleur les décompose avec formation d'un grand nombre de substances diverses, eau, acide carbonique, ammoniaque et ammoniaques composées, carbures d'hydrogène, etc.
L'acide acétique concentré et l'acide phosphorique ordinaire ne les précipitent pas et les dissolvent lorsqu'elles sont coagulées. La dissolution précipite le cyanoferrure jaune de potassium, réaction qui distingue les matières albuminoïdes des tissus à gélatine. • L'acide chlorhydrique faible les gonfle et les dissout en partie. Concentrée, la dissolution est complète, et la solution se colore en bleu ou violet. Elle devient noire par un contact prolongé.
L'acide sulfurique concentré les gonfle et les transforme en produits bruns. Très-étendu et à l'ébullition, il les décompose en leucine, tyrosine et glycocoUe.
L'acide sulfurique avec de l'eau sucrée les colore en rose.
MATIÈRES ÂLBUMiHOIDES. &5
L'acide sulfurique, additionné d*acide molybdique, colore les matières albuminoïdes solides en bleu intense ; cette réaction est très-nette pour les fruits des graminées et les fibres musculaires.
L'acide nitrique monohydraté les colore en jaune et les transforme complètement on acide xanthoprotéique; la teinte passe à Torangè sous rinfluence de l'ammoniaque. Une dissolution acide de nitrate de mercure développe par la chaleur une coloration rouge foncée (réactif de Millon).
Les alcalis dissolvent les matières albuminoïdes et, par Tébullition, en dégagent le soufre à Tétat de sulfure et d'hyposulfite. Par Taddition d'un acide, on précipite une substance privée de soufre, à laquelle Mulder a donné le nom de protéine, et qu'il a regardée comme la base de toutes les matières albuminoïdes, d'où le nom de matières protéiques sous lequel on les désigne encore quelquefois.
Traitées par les agents d'oxydation énergiques, tels que le peroxyde de manganèse, ou le bichromate de potasse et l'acide sulfurique , elles fournissent deux espèces de dérivés , les uns se rattachant à la série benzoïque, acide et hydrure ; l'autre à la série acétique, depuis l'acide formique jusqu'à l'acide caproique et caprylique, et les hydrures et les nitriles correspondants.
Sous l'influence du suc gastrique, naturel ou artificiel, dans la cavité stomacale ou au dehors, les matières albuminoïdes se transforment en peptone ou albuminose.
Origine. — Les matières albuminoïdes tirent leur origine du règne végétal, qui les crée à l'aide des éléments minéraux. Introduites comme alinient dans l'estomac des animaux, elles y éprouvent des modifications, des changements qui les rendent assimilables. Elles ne s'éliminent jamais à l'état sain, sans avoir subi de nombreuses modifications. Une partie du carbone et de l'hydrogène complètement oxydé est rejetée sous forme d'eau et d'acide carbonique ; une autre partie, brûlée moins complètement, s'élimine avec l'azote à l'état d'urée, d'acide urique, de créatine, etc., par diverses sécrétions.