SUC GASTRIQUE
Los aliments traversent le pharynx et l'œsophage sans éprouver d'autres changements que ceux apportés par l'action prolongée delà salive, et pénètrent dans l'estomac, où ils subissent de nouvelles transformations.
Le suc gastrique est l'agent de la digestion stomacale. Tel qu'on le rencontre dans Testomac, il représente un liquide complexe où se trouvent à la fois la salive introduite par la déglutition et les produits de sécrétion fournis par les glandes de la muqueuse gastrique.
Ces glandes sont de deux ordres : les glandes à pepsine et les glandes muqueuses. Les glandes à pepsine ou- gastriques forment des tubes simples ou composés de 1/2 à 1/4 de millimètre de longueur, tapissés d'abord d epithélium cylindrique qui fait suite à celui de la muqueuse, puis d'épithélium pavimenteux, ou plus exactement de granulations épithéliales avec des granulations particulières. Elles fournissent le suc gastrique. Les glandes muqueuses sont recouvertes d'épithélium cylindrique dans toute leur étendue et sécrètent le mucus. Chez l'homme et la plupart des animaux, les follicules gastriques sont situés dans la portion cardiaque de l'estomac et vers la grande courbure, les glandes muqueuses, surtout près du pylore. Schiff, en faisant des expériences comparatives sur les muqueuses cardiaque et pylorique de l'estomac, a vu
suc GASTRIQUE. 71
que cette dernière ne renfermait pas, comme l'autre, un produit capable d'amener la digestion de Talbuinine cuite. Kôlliker a fait les mêmes observations sur Testomac d'un porc.
Ces deux sécrétions, mucus et suc gastrique, |)euvent avoir lieu d'une manière alternative ou simultanée. On constate facilement la prédominance de I une sur l'autre par la réaction de l'estomac sur un papier de tournesol. Le mucus est alcalin, le suc gastrique toujours acide. Ces deux sécrétions sont indépendantes Tune de Tautre. Quand l'estomac a été longtemps privé d'aliments, la sécrétion du mucus s'effectue seule ; le liquide produit s'unit à la salive et donne à Forgane une réaction alcaline. De même, après la section du pneumogastrique, M. Claude Bernard a vu cesser la sécrétion acide et prédominer la sécrétion alcaline. Ce changement de réaction ne tient pas à un changement dans les propriétés du suc gastrique, mais à l'excès delà sécrétion muqueuse, et il prouve manifestement l'indépendance des deux sécrétions.
La sécrétion du suc gastrique est intermittente. Elle commence dès que les aliments sont introduits dans l'estomac, et s'arrête dès que l'organe est vide.
La quantité de suc gastrique, sécrétée en vingt-quatre heures, est variable et encore imparfaitement connue. D'après Lehmann, un chien en sécrète en vingtquatre heures une quantité équivalent au dixième de son poids ; cette proportion donnerait pour un homme 5 ou t) kilogrammes par jour ; une observation directe faite
7i CSSVÊU. W'CHlJjiiîI'no.
^nr one kmuMt f^erat aluLdltre que \e pyii< da soc gastfi>^joe produit en vin^t-<pi .tre hcvr«^ atteint le quart du pvîd» «in c»rp>. M. Ci>niï.airt dit qu'un chien de 10 Lîl<otw'raimn)e& s<ëc-rête â cbdcnn de 5€* nepa* 250 grammes de suc ^a^trique , c'e^t-â-dine 5mu grammes par j(0>ur« ^>it 50 â («M grammes de >uc ga^t^iqlle par kilogramme de 5<»n propre pjiid^. Ce* expériences ne -donnent pas îa quantité réelle de suc gastrique actif; elles ne fournissent que le poids du melan::e des divers produits de la sécrétion gastrique et salivaire. La sécrétion du suc^îastrique augmente par l'action du courant galvanique fréquemment interrompu, d'après M. Longet. Elle s'e\ai;ère suriout sous l'influence de certaines ^substances introduites dans Festomac, particulièrement des sels alcalins. C'est ainsi que la salive alcaline, en pénétrant dans Testomac, devient au moment de la digestion une des causes les plus actives de la sécrétion du suc gastrique.
Spallanzani et Kéaumur se procurèrent du suc gastrique, en introduisant des éponges dans l'estomac d'animaux, et ils les retiraient lorsqu'elles en étaient complètement imbibées. Tiedemann et Gmelin firent avaler aux animaux des corps irritants et insolubles et les sacrifièrent quelque temps après. Us purent se procurer ainsi du suc gastrique impur, et étudier quelques-unes de ses propriétés. Mais les observations les plus importantes furent faites par Beaumont sur un chasseur canadien atteint de fistule gastrique. On parvint depuis à établir artificiellement des fistules gastriques sur les animaux. Les procédés à sui-
soc GâSniQUB. 73
ïre ont sortout été indiqués par MM. Blondlot et Claude Bernard.
M. Cl. Bernard opère de la manière suivante :
On fait prendre à un chien un repas très-copieux, de manière à distendre considérablement son estomac et de façon que le viscère touche les parois de Tabdofflen et que le rapport qui existe entre ces deux parois soit normal. Ensuite, l'animal étant couché sur le dos, on fait une incision à 3 centimètres au-dessous de l'appendice xiphoîde sur le bord du muscle droit du côté gauche. Cette incision ne doit avoir que 2 à 3 centimètres au plus. Immédiatement après Tincision, on aperçoit la paroi de l'estomac collée contre la paroi de l'abdomen, on la saisit avec une érigne, on l'attire dans la plaie, on passe une aiguille avec un fil, et ensuite on fait une ponction à la paroi de l'estomac. Alors, avec deux érignes placées aux deux angles de la plaie, on maintient l'estomac soulevé, et Touverture tendue comme une boutonnière pendant qu'on y introduit avec force le rebord de la canule. On fait rentrer la canule dans le ventre, et il suffit ensuite d'un ou deux points de suture pour réunir la plaie, et la canule reste fixée en place. On a soin que le fil qui maintient Testomac soit passé et lié de manière que les parois de l'estomac restent collées aux parois de l'abdomen. En quelques jours les adhérences sont établies de telle façon que la cavité stomacale communique avec Textérieur, à Taide d'une sorte d'infundibulum qui contient la canule. On ajuste à la ca-
nule une petite vessie de caoutchouc dans laquelle tombe peu à peu le suc gastrique.
Le suc gastrique coule toutes les fois que l'animal prend des aliments, et la sécrétion s'arrête pendant la vacuité de Testomac. Mais le liquide stomacal se trouve toujours alors mêlé à de la salive. Pour l'obtenir pur, il suffit d'irriter mécaniquement avec une barbe de plume la muqueuse de l'estomac d'un chien à jeun depuis vingt-quatre heures. On peut employer également, comme agent d'excitation, une injection d'alcool et d'éther, de l'eau froide, une dissolution alcaline à condition, dans ce dernier cas, de rejeter les premiers produits. On recueille le liquide sécrété sans avoir à craindre la présence de la salive qui d'ailleurs se reconnaît aux stries muqueuses et spumescentes qu'elle forme dans le suc gastrique.
Propriétés. — Le SUC gastrique est un liquide transparent, fluide, incolore ou légèrement jaunâtre, d'une odeur faible et particulière, d'une saveur acide et saline peu prononcée. Sa densité, 1,001 à 1,010. Il contient environ 1 pour 100 d'éléments solides chez l'homme et 5 pour 100 chez le chien. Il possède une réaction fortement acide et il se trouble à peine par l'ébullition, mais il perd alors ses propriétés digestives. Il peut être congelé et redevient actif lorsqu'on le porte de nouveau à 38° centigrades. Il s'altère peu au contact de l'air -et peut être conservé assez longtemps sans décomposition.
suc GASTRIQUE.
bc a
as
•< 00 to ^ ^
r- îfl 10 W 10
as
ta
1 Si.:i
er es >
« rs
"go. * ^
co
ao M ^ o o O
il lis its
£ gP (U « cj « fcO o •« "^ "c "«
s bo ce u
g ïO fcO <M
00 O» ««SI 00 91 t^ ^ ^n «O ^n çp 00 t* fcO iO fcO ^N i^ ^- lO tO
et
an ea
as
* tr »« 00 < "^ in a>
> oo
^ t- «2 lo ^
gio ^ ©« oi
ard 94 fcO ^1
lO «N o c>9 o o
— lO
«g tM
co en
cr
es
u es
bc
suc GASTRIQUE. 77
La nature de Tacide qui donne au suc gastrique sa réaction particulière est depuis longtemps l'objet d'opinions contradictoires.
Proust admit le premier la présence de Tacide ddorhydrique libre. Blondlot pensa qu'il n'y ayait pas d'acide libre, mais du phosphate acide de calcium ; il se basait principalement sur la non-possibilité de saturer l'acide du suc gastrique par du carbonate de calcium. Mais l'exactitude de ce fait n'a pas été confirmée par Schiff. Cependant le biphosphate de calcium se rencontre toujours, d'après Lehmann, chez les diiens qui ont été nourris avec des os.
MM. Bernard et Barreswill cherchèrent à démontrer que l'acide libre du suc gastrique est l'acide lactique. Lorsqu'on ajoute en effet à du suc gastrique qui, comme on sait, contient toujours des sels solubles de calcium, une proportion minime d'acide oxalique, on obtient un trouble produit par de Toxalate de calcium insoluble dans le suc gastrique, tandis que la même quantité de ce réactif ne produit aucun trouble dans de l'eau contenant 2 millièmes d'acide chlorhydrique. Cette expérience prouve qu'il ne peut y avoir d'acide chlorhydrique libre dans l'estomac.
De plus, lorsqu'on distille une dissolution très-étendue de chlorure de sodium avec de l'acide lactique, on recueille successivement trois produits distincts, de Teau, un acide ne précipitant pas les sels d'argent, et enfin de l'acide chlorhydrique dans les dernières gouttes de liquide. Ce dernier produit n'est donc que le résultat delà décomposition du chlorure de sodium
par Tacide lactique. Le produit intermédiaire est le principal ; il donne les réactions de Tacide lactique.
L'expérience suivante, due à Schmidt, semble prouver cependant que Pacide chlorhydrique se trouve à l'état libre dans le suc gastrique. On détermine le poid^ de chlorure d'argent que peuvent donner 100 grammes de suc gastrique fortement acidulé par Tacide azotique et précipité par l'azotate d'argent ; on enlève l'excès de sel d'argent par l'acide chlorhydrique, on évapore à sec le liquide filtré, on le calcine de manière à extraire toutes les matières organiques et on dose toutes les bases. On détermine ensuite par le calcul la quantité d'acide chlorhydrique nécessaire pour saturer ces bases, et on trouve un chiffre toujours plus petit que celui trouvé expérimentalement par la pesée du chlorure d'argent. On en conclut, par conséquent, qu'il y a un excès d'acide chlorhydrique dans l'estomac.
Pour savoir s'il y a dans le suc gastrique un acide libre autre que l'acide chlorhydrique, on dose la quantité d'acide libre que contient l'organe à l'aide d'une dissolution titrée de potasse. On trouve ainsi un chiffre sensiblement égal à celui fourni par la méthode précédente. On a donc une nouvelle preuve que l'acide de l'estomac est de l'acide chlorhydrique et n'est que de l'acide chlorhydrique. Cependant, dans quelques expériences de Schmidt, un petit désaccord dans la comparaison des chiffres doit faire admettre l'existence de traces d'un acide différent, peut-être d'acide lactique.
suc GASTRIQUE. 79
Pour expliquer dans cette théorie les faits rapportés par MM. Bernard et Barreswill, il faut supposer que la différence dans les réactions tient à la présence des matières albuminoïdes qui ont masqué ou modifié dans leurs expériences les propriétés ordinaires de l'acide chlorhydrique ; mais cette assertion aurait besoin de preuves.
Préparation de la pepsine pnre. — Brûcke a donné
le procédé suivant pour obtenir la pepsine pure. La muqueuse de Testomac est lavée avec de Teau, broyée et mise en digestion avec de l'acide phosphorique ordinaire à 38^, jusqu'à ce que toute la substance de l'rstomac soit détmite. Le liquide filtré est neutralisé complètement avec de Teau de chaux. Le phosphate de calcium, en se précipitant, entraine avec lui la pepsine ; on lave le précipité avec soin, puis on le dissout dans l'acide chlorhydrique étendu. On ajoute alors au liquide obtenu une dissolution concentrée de cholestérine dans quatre parties d'alcool et une d'éther. La cholestérine se précipite et entraine avec elle la pepsine. On filtre, on lave le précipité avec de Teau, puis avec de l'acide acétique très-étendu, puis encore avec de Teau, jusqu'à ce que l'addition d'un sel d'argent, n'amenant plus de trouble dans les eaux de lavage, indique qu'il n'y a plus d'acide chlorhydrique libre. La masse de cholestérine est alors épuisée par l'éther aqueux tant que ce véhicule enlève des produits solubles. La dissolution aqueuse qui reste filtrée est une solution de pepsine pure qui, additionnée avec de l'acide chlorhydrique très-étendu, dissout
très-facilement les matières albuminoïdes, ne précipite ni par Tazotate d'argent, ni par le bichlorure de mercure, le tannin, l'iode. Bouillie avec de l'acide azotique et saturée avec de l'ammoniaque, elle ne se colore pas en jaune. L'acétate de plomb et le chlorure de platine la précipitent. Le charbon animal, le phosphate de calcium enlèvent la pepsine de ses solutions.
Wittich* obtient une pepsine très-active en traitant à deux reprises les parois de l'estomac par de la glycérine ; il précipite la pepsine en ajoutant de l'alcool. Ainsi préparée, elle se dissout facilement dans les acides et jouit d'un pouvoir digestif considérable.
Rôle de' la pepsine. — La pepsine additionnée d'une petite quantité d'acide chlorhydrique étendu donne un liquide digestif artificiel. Ce produit ne manifeste aucune action sur les tissus cornés, les membranes élastiques, les matières grasses, l'amidon. Il agit comme simple dissolvant sur les hydrates de carbone solubles dans l'eau, le sucre, la dextrine, les gommes, les sels alcalins, les phosphates alcalins. Il décompose les sels dont les acides sont faibles ou volatils. 11 transforme chimiquement et agit comme dissolvant sur les albuminates solubles et coagulés, sur les matières albuminoïdes, la gélatine et les éléments gélatiniformes.
Les matières albuminoïdes se dissolvent dans le suc gastrique ou le suc digestif artificiel, après avoir subi
* Wittich, Ueber eine tieue Méthode zur Darstellung kurutlichen VerdattunsflÛMigkeiten Pfluger, (^Arch. f. d. Physiol.f g. 193,
isno.)
suc GASTRIQUE. 81
des changements successifs et s'être transformées en substances isomériques découvertes d'abord par H. Mialhe et décrites, sous le nom d'albuminose, et par Lehmann sous celui de peptone.
Brûcke et Meissner ont proposé chacun une théorie pour expliquer les modifications des matières albumi* noîdes en présence du suc gastrique.
Brûcke n'admet que deux stades dans les digestions.
Les matières albuminoïdes se transforment d'abord en
syntonine accompagnée d'une faible proportion de peptone, puis, par une action plus prolongée, toute la syntonine se transforme en peptone.
Tous les éléments albuminoïdes * ne sont pas cependant transformés en peptone. Outre la syntonine, qu'il regarde comme identique avec la parapeptone de Meissner, il reconnaît encore dans l'estomac et le canal intestinal d'animaux nourris avec de la viande fraîche la présence d'albumine soluble coagulable par Taction de la chaleur.
Meissner admet que l'action du suc gastrique sur l'albumine produit un corps particulier, la parapeptone, identique par toutes ses propriétés avec la syntonine, sauf par son action sur le suc gastrique qui la rend en partie insoluble et la transforme en dyspeptone. Dans la dissolution filtrée, Tacide chlbrhydrique faible précipite les métapeptones, et le liquide contient trois peptones a — b — c.
* Brûcke, Ueher die Peptontheorie und die aufsaugung der eitDeisaariigen Substanzen. [Sitiurtçulfr. derWien Akad., Bd. L. IX — II, 15 april.)
L'action prolongée du suc gastrique, transforme donc la parapeptone en dyspeptone, précipité floconneux qui nait aussi pendant la digestion de la caséine. Meissner et de Bary la considèrent comme une modification de la parapeptone. La digestion définitive de la parapeptone, c'est-à-dire sa transformation en peptone, n'a lieu que dans l'intestin .
La métapeptone est le précipité qui se forme dans les dissolutions acides des liquides digestifs par l'addition d'une solution acide plus concentrée. Restée en dissolution avec les peptones dans le liquide parfaitement neutralisé et débarrassé de la parapeptone par la filtration, la métapeptone est précipitée dès qu'on ajoute un acide, et se redissout dans un excès. Les acides minéraux concentrés la précipitent définitivement. L'action prolongée du suc gastrique la transforme en peptone.
La parapeptone se dépose lorsqu'on neutralise les dissolutions acides et opalescentes des matières albuminoïdes. Elle est insoluble dans l'eau, se dissout dans les acides étendus. Ses dissolutions ne sont pas précipitées par l'alcool, mais facilement par les sels terreux. Dans une solution acétique de parapeptone, le ferrocyanure de potassium, les sels métalliques, le tannin font naître ces précipités.
La peptone a se précipite par l'acide azotique concentré, parle ferrocyanure de potassium et l'acide acétique. La peptone b ne précipite pas par l'acide azotique et se trouble par l'acide acétique et le ferrocyanure de potassium. La peptone c se trouble par l'acide
suc GASTRIQIE. 83
azotique et oe précipite pas par le ferroeyanure de potassium et Tacidc acétique.
Schifl'* a toujours trouvé la parapeptone et lespeptones b et c comme produits de la digestion naturelle chez l'animal vivant. Dans les digestions artificielles, au contraire, faites avec un estomac bien charge et infusé, il arrive un moment où le liquide ne contient plus les peptones a et b^ mais seulement la forme c qui paraît être, avec la parapeptone, le produit définitif de la digestion stomacale.
On obtient les digestions artificielles les plus complètes en faisant passer par dialyse le produit liquide d'une première élaboration peptique dans de Teau légèrement acidulée et en traitant ce liquide par une infusion stomacale fraîche riche en suc gastrique actif, le tout étant ensuite remis à l'étuve pendant plusieurs heures. Les peptones b et r, ainsi que la parapeptone, passent très-facilement par le dialyseur ; pendant la durée de la seconde digestion, la peptone b diminue de plus en plus et il ne reste finalement que la peptone c et la parapeptone.
L'albumine crue ne peut être digérée sans se transformer préalablement en syntonine. Ce changement a lieu par l'influence seule des acides plus rapidement que- par le suc gastrique. L'albumine coagulée s'attaque à la longue par l'action du même agent, jaunit à la surface, prend un aspect pultacé, se ramollit et 6nit par se dissoudre. Meissner a trouvé qu'elle se
* SchitT, Ijeçotu sur la physiologie de la digestion, 1867, 1 y<d.,
84 GHIMIfe; BIOLOGIQUE.
transforme un quart en parapeptone, un quart en peptone, un quart en éléments divers parmi lesquels se trouvent la créatine et Tacide lactique. Les albuminates alcalins et la caséine se décomposent sous l'influence de Tacide du suc gastrique, et le précipité se redissout ensuite pour se troubler plus tard par suite de formation de dyspeptone. 100 parties fournissent 78 de peptone et de métapeptone, 2 de parapeptone et 20 de dyspeptone*
Lar fibrine se gonfle' dans les acides étendus et se dissout en une journée à la température de 20^, plus rapidement à 60°. Elle se forme dans le liquide digestif et donne naissance à *une dissolution opalescenlc qui ne se trouble pas par la chaleur, mais qui précipite par Tébullition avec les dissolutions des sels alcalins neutres, avec l'acide azotique et le ferrocyanure de potassium et l'acide acétique, en produisant une masse floconneuse facilement soluble dans les acides étendus. Ces caractères la font identifier par Schrwann et Mulder avec la syntonine. Par l'action du liquide digestif, la syntonine fournit 45 parties de peptone et de métapeptone et 18 de parapeptone.
Le gluten et les matières albuminoïdes végétales se dissolvent plus rapidement dans le suc gastrique qui renferme plus d'acide libre.
La différence des résultats obtenus par Brûcke et par Meissner sur la digestion des matières albuminoïdes tient, d'après Hammarstens^, à la nature de la
' Hanimarstens, Jahresbericht fur Anatomie et Physiologie, 1867, p. 153.
suc GASTRIQUE. 85
pepsine dont ils ont fait usage. Lorsqiron se sort de la pepsine impure du commerce, souvent mêlée avec de grande» quantités d'amidon, la dissolution que l'on obtient avec Talbumine de l'œuf contient beaucoup de parapeptone qui ne se dissout pas par une nouvelle addition de suc gastrique. Bien au contraire, la pepsine pure peut transformer l'albumine de Tœuf en peptone sans trace de parapeptone.
A45tioB de raddc pendant la dlgesUon. — ^La digestion a-t- elle lieu par l'action de l'acide du suc gastrique seul? L'expérience doit se faire avec de Tacide chlorhydrique à 4 millièmes, qui ne précipite pas l'albumine ou les autres acides également très-étendus. Ces acides en contact avec de l'albumine crue donnent, soit à la température ambiante, soit plus rapidement à un degré de chaleur plus élevé, une matière qui se précipite et une substance albuminoïde qui reste en solution. Le corps qui se précipite n est pas de la parapeptone, ce n'est que Talbumine modifiée.
L'albumine se modifie sous TinQuence de Tacide chlorhydrique, elle se précipite et se dissout dans un excès ; on s'est demandé si la parapeptone n'était pas de l'albumine crue modifiée par les acides. Ces deux corps ne doivent pas être confondus, ils se distinguent par les deux caractères suivants : une solution de parapeptone dont on a fortement diminué l'acidité n'est pas précipitée par Talcool, elle l'est par Talcool mélangé d'éther. L'albumine dissoute et modifiée par l'acide est précipitée par l'alcool. •
D'après SchilT, une solution limpide faiblement
acide de parapeptone n'est pas précipitée par l'ébuUition ; une solution faiblement acide d'albumine modifiée est au contraire précipitée lorsqu'on, la chauffe jusqu'à l'ébuUition. Jilt, caractère plus important encore, l'albumine modifiée, précipitée d'une dissolution acide et chauffée avec du suc gastrique, est digérée pendant que la parapeptone ne l'est pas. Cependant l'albumine liquide, traitée pendant un certain nombre d'heures par un acide, acquiert des propriétés nouvelles qui la rapprochent des peptones, et presque constamment devient inicoagulable par la chaleur. L'acide seul du suc gastrique ne suffit donc pas pour digérer l'albumine crue, mais la digestion ne s'effectue réellement que dans la pepsine acidifiée. L'acide est nécessaire pour la macération préparatoire des aliments et joue un rôle pendant l'action de la pepsine elle-même, et la digestion s'opère plus facilement dans certaine proportion relative d'eau, d'acide et de pepsine.
La pepsine i^'a pas une action illimitée sur les substances albuminoïdes. Elle n'en dissout qu'un certain poids et son action s'arrête. Une plus grande quantité de pepsine en dissoudrait davantage. Cependant cet arrêt dans l'action digestive n'est pas toujours dû au manque de pepsine : il peut tenir aussi à l'accumulation des peptones ; leur présence diminue l'activité de la digestion.
Action du suc g^aafrique sur les sels. --^ Le SUC gastrique contient de l'eau et de l'acide, il agit comme dissolvant sur toutes les substances qui peuvent se
suc GASTRIQUE. 87
dissoudre dans l'eau acidulée ; tels sont les sels alcalins et terreux. Cependant certains sels, comme les phosphate^ de calcium, solubles dans les acides faibles, se précipitent dès que l'acide est saturé.
Un phosphate terreux dissous rencontre en pénétrant la muqueuse gastrique le sang qui circule dans les capillaires ; il doit se précipiter. On ne peut comprendre Tabsorption d'un phosphate sans supposer la décomposition du sel et sans être obligé d'admettre que l'acide phosphorique pénètre à l'état d'acide libre dans les vaisseaux.
Action da sac gastrique sur les matières féca-
lentes. — La fécule se digère-t-ellc dans T estomac? Schiff admet que le liquide faiblement acide du suc gastrique n'empêche pas Taction de la salive et la formation du sucre. Pendant longtemps on n'a pu trouver ce dernier produit dans l'estomac. M. Longet a montré que la difficulté tenait à ce qu'on employait pour sa recherche le tartrate de cuivre et de potasse, réactif rendu impuissant, non par la présence de Talbumine, mais par celle de la peptone, qui dissout Toxyde de cuivre rédliit. -Pour reconnaître la présence du sucre, il faut ajouter de l'acide chlorhydrique qui transforme Toxyde et l'oxydule en chlorure cuivreux et cuivrique, et ajouter de l'empois d'amidon et de Tacide iodique qui décompose le chlorure cuivreux en excès en mettant de l'iode en liberté, et celui-ci donne alors une coloration bleue avec l'amidon.
On peut également mettre le protochlorure dans une capsule de porcelaine avec une trace d'acide tung-
stique jaune, lequel, s'il y a du chlorure cuivreux, est immédiatement transformé en acide tungstique intermédiaire vert.
Le même liquide acide, contenant du chlorure cuivreux traité par l'acide molybdique ou le molybdate d'ammoniaque, prend aussitôt une teinte d'un beau bleu d'oxyde molybdique intermédiaire.
On pourrait plus simplement encore détruire d'abord les peptones par Tacide sulfurique chauffé et chercher ensuite le sucre, mais on ne peut employer cette méthode que s'il n'y a pas eu présence de matières capables de se transformer en su.cre par l'action de l'acide sulfurique.
Ces réactions ont permis de reconnaître le sucre dans Testomac et font penser que la salive peut y continuer son action saccharifiante sur la matière amylacée.
Différence entre le sue gastrlqœ des eamivores et
eeini des herbivores. — Le SUC gastrique des herbivores, comparé à celui des carnivores, ne présente pas de différence essentielle dans sa manière d'agir sur les substances végétales. Les herbivores jouissent d'un seul avantage, qui résulte de la plus grande activité de leur salive en présence des fécules. A poids égal, le suc gastrique des carnivores digère des quantités plus grandes de matières albuminoïdes que ne le fait celui des herbivores. L'estomac des carnivores sécrète plus d'acide et de pepsine, mais la nature de cette pepsine et les produits qui résultent de son action sont les mêmes dans les deux cas.
— Après rachèvemeiit d'noe digestion copieuse, le pouvoir digestif de Testomac vide est à peu près nul par rapport à Talbumine, mais il augmente en proportion très-notable lorsqu'on introduit au préalable une quantité modérée de certains aliments avant d'y ajouter Falbumine. Ces substances sont dites peptogènes ; toutes ne le sont pas ou le sont à des degrés divers. Le bouillon, la dextrine, la viande sont peptogènes ; la glucose, la gomme arabique, le café n'ont au contraire aucune action. Les substances peptogènes introduites dans l'économie par d'autres voies, injectées directement dans le sang, introduites dans le rectum, dans les cavités séreuses, n'en provoquent pas moins la production du ferment digestif dans Tintérieur de la muqueuse gastrique.
Le foie est un organe destiné à la sécrétion du glycogène, de la bile, et a l'excrétion de la cholestérine. Le glycogène est sécrété par les cellules hépatiques, la bile par les conduits hépatiques et leurs subdivisions.
§ii«etiw. — Le foie est formé de lobules ovoïdes, ellipsoïdes ou plutôt polyédriques, exactement moulés les uns sur les autres et traversés par quelques tractus celluleux. Chacun d eux a son enveloppe celluleuse très-incomplète, dépendance de la capsule de Glisson et dans laquelle cheminent les dernières ramifications de la veine porte et les plus petits conduits biliaires.
Les lobules sont constitués par deux réseaux tellement enchevêtrés que chacun d'eux remplit les mailles de l'autre, le réseau des cellule^ hépatiques et le réseau des capillaires sanguins. Ce dernier communique, à la périphérie des lobules avec les dernières ramifications de la veine porte, vers Taxe des lobules, avec les origines des veines sus-hépatiques. Quant à la naissance des conduits biliaires, il parait démontré, depuis les injections de Hering, Ilenle et Kôlliker, qu'elle se fait à l'intérieur même des lobules par une série de canalicules extrêmement fins, dont le point de départ est vers le centre du lobule, et qui, après des divisions et des anastomoses identiques avec celles des capillaires portes, aboutissent aux conduits biliaires périlobulaires.
Les cellules hépatiques sont de petites vésicules arrondies ou polygonales, dont l'aspect est à peu près celui de Tépithélium pavimenteux et dont le diamètre estde 0,015 à 0,025. Elles présentent une membrane d'enveloppe extrêmement unie et un contenu liquide granuleux, yisqueux, dont la couleur rappelle celle de la bile, des granulations colorées que quelques physiologistes regardent comme le glycogène, des corpuscules graisseux plus gros, et enfin, au milieu de la cellule, un ou plusieurs noyaux arrondis ayant euxmêmes des nucléoles*.
Glycogène. — Le foie, parmi ses éléments, contient une matière particulière semblable à l'amidon, le
* Cruveilhier, Traité d*aruUomie descriptive, t. II, p. 198, 4* édit.
glycogène. Cette substance, trouvée par M. Claude Bernard, existe, d'après M. Schiff, dans les cellules du foie parmi les globules graisseux sous forme de granulations beaucoup plus petites, représentant des globules parfaitement arrondis. Le nombre en est extrêmement considérable. Ils sont insolubles dans Téther et dans l'alcool et prennent une teinte jaune brunâtre par la teinture d'iode. Le glycogène existe d'une manière constante dans le foie tant qu'il ne s'est pas développé des phénomènes de décomposition putride.
Préparation. — Le glycogèuc peut s'obtenir par plusieurs méthodes. On coupe le foie en petits fragments, on les projette dans de l'eau bouillante et on maintient l'ébullition quelques instants ; on filtre, on évapore à un petit volume et on précipite par l'alcool. Le produit obtenu contient des corps albuminoïdes, on le purifie en le dissolvant dans l'eau et en le soumettant à l'action du charbon animal, puis en recueillant le liquide filtré, que l'on précipite de nouveau par l'alcool. On peut également le précipiter de ses dissolutions à l'aide de l'acide acétique cristallisable, ou encore en faisant bouillir la dissolution avec une solution alcaline étendue ; mais, par cette dernière mé* thode, il y a toujours une perte considérable de matière.
Le glycogène est amorphe, incolore, inodore, trèsfacilement soluble dans l'eau, insoluble dans l'alcool et dans l'éther. La dissolution aqueuse possède une faible opalescence, qui disparait par l'addition d'un
alcali, sans que le glycogène lui-même soit altéré par Fébullition avec une solution alcaline modérément concentrée. Sa composition élémentaire, déterminée par M. Eugène Pelouze, correspond à la formule
Par rébuUition avec l'acide chlorhydrique, il passe à Tétat de dextrine, puis de glucose. Cette transformation n'est jamais aussi rapide que celle de l'amidon ou de la dextrine, elle demande une température d'au moins 30*. La dextrine du glycogène n'a pas encore été isolée d'une manière nette et précise. Lorsqu'on arrête la réaction au moment où la coloration laiteuse disparait, une partie du glycogène est déjà changée en sucre, tandis que l'autre n'est pas modifiée et est encore précipitable par l'alcool.
La glucose que l'on obtient avec le glycogène est identique avec celle que fournit l'amidon et avec le sucre de l'urine diabétique. MM. Berthelot et de Luca l'ont combiné avec le sel marin et ont obtenu des cristaux volumineux limpides, incolores, aptes à réduire le tartrate cupropotassique et à fermenter sous l'influence de la levure de bière. Ce sont des rhomboèdres apparents de 78® ; leur pouvoir rotatoire déterminé à l'aide d'une solution aqueuse est tourné vers la droite = -H 47". Ce pouvoir est notablement plus considérable dans les premiers moments qui suivent la dissolution des cristaux, lesquels correspondent à la formule 2 CWO*,H«0 +NaCl.
D'après M. Eugène Pelouze, l'acide azotique froid et concentré transforme le glycogène en xiloïdine.
FOIE. tf3
l'acide azotique étendu en acide oxalique. L'iode le colore en violet rouge. L'acétate de plomb produit un trouble dans ses dissolutions, et si ou fait passer dans le liquide un courant d'acide sulfhydrique, on en précipite du sulfure de plomb, qui reste en suspension comme dans les solutions d'albumine ou de matière gélatineuse, mais qui se dépose immédiatement dès qu'on ajoute de la soude caustique. Le glycogène est sans action sur la liqueur de Barreswill, même à l'ébuUition.
En solution aqueuse, il jouit d'un pouvoir rotatoire très-considérable. Il dévie à droite le plan de polarisation trois fois plus que le sucre de raisiné Par l'évaporation de ses dissolutions, il se couvre d'une membrane superficielle semblable à celle qye produisent les substances amyloïdes ou la caséine.
Origine. — Le glycogène a une origine fort incertaine. Il se rencontre toujours dans le foie et manque seulement dans certaines maladies de cet organe. Cependant, quelques circonstances modifient sa production. On ne le trouve pas chez les animaux qui meurent d'inanition, surtout s'ils ont subi une diète prolongée. Toutes les causes qui amènent un trouble dans la nutrition agissent de même et le font diminuer de quantité. On en constate la présence même dans le foie des animaux soumis à un régime exclusivement animal. Des oies nourries avec de la gélatine et de la viande complètement dépourvue de graisse en ont en-
* Hoppe-Seylcr, Handbuch der ph. und path. cketnischen analytCf 8. lis, 3. Auflage.
core 1 ,7 pour 100. Mais la quantité de glycogène devient beaucoup plus considérable si les animaux ont une alimentation sucrée. Sa proportion arrive sur des oies au dixième du poids de leur foie, mais en même temps les matières et le volume de l'organe s'accroissent aussi notablement. On a cru expliquer par cette transformation l'origine de la matière glycogène.
On peut reconnaître le glycogène par sa réaction avec l'iode sans avoir à craindre de le confondre avec la substance amyloïde. Cette dernière est azotée, n'est pas soluble dans l'eau et ne fermente pas en donnant du sucre. La facilité avec laquelle le glycogène se transforme sous l'influence des ferments est même assez grande pour entraîner sa rapide décomposition. Afin de l'entraver, on ajoute de l'alcool qui précipite les ferments.
Huere du foie. — Le foie est l'organe producteur du sucre et en contient toujours dans son tissu. On prend un fragment de foie, on le lave, et, après l'avoir fait bouillir avec un peu d'eau, on le filtre ; il passe un liquide opalin légèrement jaunâtre, que Ton décolore par le charbon animal. Le liquide filtré donne les réactions du sucre.
On peut également extraire le sucre à froid en broyant la pulpe du foie avec du charbon animal. On ajoute de l'eau, on filtre. On recommence plusieurs fois le même traitement avec le même liquide sur d'autres parties du foie, et on obtient finalement une dissolution chargée de sucre.
En opérant par la première méthode, M. Bernard
a trouvé que le suc d'un supplicié de 43 ans, à jeun, le foie pesant 1,300 grammes, contenait 1*',79 de sucre pour 100 de foie frais, et 23*^27 pour la totalité du foie. Sur un autre supplicié de 22 ans ayant eu une alimentation mixte, le foie pesant 1 ,200 grammes contenait en sucre 2^', 14 pour 100 de foie frais ou 25^^,70 pour la totalité de Torgane. Sur un homme de 30 ans mort d'un coup de fusil, la quantité de suc était de 1«',10 pour 100 et 17«',10 pour la totalité du foie.
Le sucre qui existe dans le foie se forme sur place et est indépendant de l'alimentation. Des chiens nourris pendant six et huit mois exclusivement avec de la viande contenaient encore 1*',90 pour 100 de sucre, c'est-à-dire au moins la même proportion que sur des chiens nourris avec l'alimentation mixte. Donc, la formation du sucre est indépendante de la présence des matières sucrées et féculentes fournies par l'alimentation.
La présence du sucre dans le foie normal n'est pas admise cependant par Pacy, Meissner ni Ritter. Des recherches entreprises par EulenburgS sous la direction de Staedeler, Tout amené à conclure qu'en effet le foie pris sur des animaux vivants ne contient que de la matière glycogène et pas de sucre. Il prend le foie d'un lapin, le broie avec du sable en présence d'alcool concentré. Après quelques minutes, il filtre, évapore l'alcool, reprend l'extrait par l'eau, précipite par l'a-
* Ealenburg, ^ur Frage ûber die Zuckerbildung in der Leber Berliner Klifi. Wodierschrifl, n* 4i .
96 cniHIË BIOLOGIQUIi;.
cétate de plomb et enlève l'excès de plomb par l'hydrogène sulfuré ; il ne peut alors, dans le liquide filtré, reconnaître la présence du sucre en se servant du tartrate de cuivre et de potasse.
Sucre dams le sang afférent et efférent. — En analysant le sang des vaisseaux afférents au foie et efférent s de cet organe, M. Bernard a reconnu que le sang de la veine porte et de l'artère hépatique ne renferme pas de sucre, ou n'en contient qu'une quantité presque insignifiante, tandis qu'il en a toujours trouvé une proportion très-considérable dans le sang des veines sus-hépatiques. Il en a mis la présence hors de doute même chez les carnivores soumis à une alimentation exclusivement animale. Ces observations prouvent donc qu'il y a une formation de sucre dans le foie, c'est-à-dire glycogénie hépatique.
Un foie frais broyé et abandonné à lui-même pendant un certain temps renferme une quantité considérable de sucre, et la matière glycogénique disparait. Il parait y avoir une décomposition du glycogène. Cette transformation ne peut avoir lieu que par l'action d'un ferment. Ce ferment se trouve dans le foie luimême. L'extrait de foie obtenu à une basse température transforme le glycogène en dextrine et finalement en sucre si on maintient quelque temps la température à 30". Le sérum du sang agit égalenient comme ferment. On peut, en effet, par un courant d'eau dirigé à travers la veine porte, ne laisser aucune trace de sucre dans le foie sans détruire la matière glycogène.
BlU. 07
Mais si, au lieu d'eau, on emploie du sang défibriné chaud, on aura encore du sucre dans l'organe, mais il n'y aura plus de matière glycogène. Comme conséquence, M. Bernard admet que, dans le diabète, Taccélération de la circulation dans le foie, en multipliant le contact du sérum avec la matière glycogène, est la cause qui produit l'augmentation de la formation du sacre.
La bile est le produit de la sécrétion du foie. Elle se trouve dans les canaux biliaires et la vésicule du fiel.
On l'obtient ordinairement en la retirant de la vésicule biliaire d'animaux récemment tués ; mais on ne recueille ainsi qu'un produit modifié. Il faut, pour avoir la bile pure, l'extraire directement du foie au fur et à mesure de sa sécrétion. Schwann a montré qu'on pouvait y parvenir en établissant des fistules biliaires sur un animal.
On prend un chien à jeun depuis vingt-quatre heures. On fait une incision de 7 à 8 centimètres sur le côté droit de l'appendice xiphoïde, sur le bord interne du muscle droit. On plonge le doigt indicateur de la main gauche dans la plaie, et à la face inférieure du foie on accroche avec le doigt recourbé l'extrémité supérieure du duodénum ; on l'amène dans la plaie et on aperçoit le canal cholédoque dans le point où il vient s'insérer obliquement dans l'intestin, à 3 centimètres au-dessous du pylore ; on place autour de lui deux ligatures : Tune sur le conduit au moment où il
Des cristaiii[ d'hématine ;
Des vibrions quand la bile commence à s'altérer.
Aeides de la bile. — La bile contient en combinaison avec la soude, la potasse et quelquefois l'ammoniaque, des acides sulfurés et d'autres non sulfurés.
ACIDES S0LFUR£8. ACIDES RON SDLniRÉS.
ÀQÎde taurocholi(]ue. Acide glycocholique.
— hyotaurocholique. -~ hyoglycocholique.
— chenotaurocholicpie. — - chenoglycocholique.
— batracholique
Les acides sulfurés se rencontrent surtout dans les bilcsd'homme, de chien, d'oie, de poisson, dereplile, de grenouille. Ils existent à peine dans la bile de porc. La bile de bœuf renferme des proportions égales d'acide sulfuré et non sulfuré. Chez les poissons de mer, on trouve dans la bile plus de potasse que de soude ; chez les poissons d'eau douce, plus de soude que de potasse ; les tortues d'eau douce, plus de potasse que de soude ; les tortues d'eau salée, proportions égales des deux bases.
Les sels biliaires n'existent pas dans le sang. Recherchés à l'aide du réactif de Pettenkofer, on a quelquefois indiqué la formation d'une coloration qui semblait faire croire à leur présence. Mais si avant l'addition du réactif, on a le soin d'évaporer et de reprendre par l'alcool, le produit obtenu ne donne plus la réaction caractéristique. La teinte que l'on observe d'abord ne parait due qu'à l'action de l'acide sulfurique sur les matières albuminoïdes qu'il colore en violet. On ne trouve les sels biliaires ni dans l'u-
BILB. 101
fine, ni dans les autres liquides de Téconomie. Pas plus que la matière colorante, ils ne se rencontrent dans le sang de grenouilles dont on a préalablement extirpé le foie.
Lehmann a cherché à déterminer l'origine des sels biliaires en analysant le sang avant son entrée et après sa sortie du foie. Il a constaté que le sang perdait une certaine quantité de graisse, et en a conclu. que les acides choliques tiraient leur origine des corps gras. Celle de l'acide taurocholique est complètement inconnue.
Acide glycoeholique. — L'acide glycocholique a été découvert en 1826 par Gmelin, mais il n'est bien connu que depuis les recherches de Strecker^
Il existe en quantité considérable dans la bile du bœuf, en faible proportion dans celle de l'homme et manque absolument dans celle des carnivores. On eo trouve aussi dans les excréments des bœufs et dans l'urine de l'homme dans les cas d'ictère. Dans toutes ces conditions, il est généralement uni au sodium.
Pour l'obtenir, on évapore la bile de bœuf jusqu'en consistance sirupeuse, on la traite par l'alcool concentré, on décolore l'extrait par le charbon animal. On évapore à sec le résidu dans un bain-marie, puis on le redissout dans une faible quantité d'alcool absolu et on ajoute à la dissolution un excès d'éther. Le glycocholate et le taurocholate sodique se précipitent
• Ann. der ChcmU, l\S, 130 ; LXVII, 1.
ensemble. On les dissout dans Teau et on ajoute de l'acide sulfuriquc étendu jusqu'à l'apparition d'un trouble persistant ; après quelques heures, tout le liquide s'est rempli d'aiguilles brillantes. On les recueille sur un filtre, on les lave avec de l'eau et on les fait recristalliser dans l'alcool.
On peut également verser dans la bile de l'acétate , de plomb, dissoudre le précipité dans l'alcool bouillant, décomposer par l'hydrogène sulfuré, mélanger la solution alcoolique avec de l'eau, et on obtient des flocons qui ne tardent pas à se transformer en fines aiguilles.
L'acide glycocholique se dissout difficilement dans l'eau froide, avec plus de facilité dans l'eau chaude, et cristallise par le refroidissement. 11 est très-soluble dans l'alcool, fort peu dans Téther. Sa dissolution possède une saveur sucrée, une réaction acide ; elle chasse l'acide carbonique des carbonates alcalins^ et forme des dissolutions alcalines solubles dans l'eau et l'alcool. Les sels de baryte et d'argent sont également solubles. L'acide glycocholique libre et les glycocholates dévient à droite le rayon de lumière polarisée. Pour la lumière jaune et les solutions alcooliques, la déviation est de 25,7 avec le glycocholate sodique, et de 29,3 pour l'acide glycocholique*.
Par l'ébullition avec l'acide chlorhydrique étendu, ou l'acide sulfurique, une solution alcaline ou de l'eau
*■ Hoppe - Seyler, Handlmch der phtjê, und path. Analyse^ 3. Auflage, s. IGO.
« Anthon, Bulletin de la Société chimique, 1859, t. I, p. 516.
5atorée d'hydrate barylique, tacide glycocholiqac se transforme en acide cholalique et en glycocolle.
C««H« AzO« -h H*0 = OH*«0» 4- C«II» AiO«
L'acide glycocholique dissous dans l'acide sulfurirpie concentré donne par le refroidissement un précipité amorphe, insoluble dans IVau, soiuble dans i alcool, Tacide cholonique C"ll**Az 0"', et, si Tadion e>t trop prolongée, on obtient d'autres produits qui ¥i colorent à l'air. L'acide cholonique dévie à droite k plan de polarisation.
Acide hyoglyeocholique, — L'hyoglycochocolate sodiquen^a été trouvéjusqu*à présent que dans la bilcdti [K;rc. A prés avoir décoloré la bile parle charbon animal, on ajoute du sulfate de sodium jusqu'à saturation. On lavf! le précipité avec une solution concentrée de sulfate de sodium, on le sèche à IIO"" et on le traite par l'alcool absolu qui enlève Thyoglycocholate de soude; on met Tacide en liberté en ajoutant de Tacide chlorhydrique. L'acide hyoglycocholique est insoluble dans \(iaUj incolore, incristallisable, facilement soiuble dans l'alcool, moins dans Téther, d'une saveur amère, d'une réaction acide en solution alcoolique ; il forme avec les alcalis des sels solublcs dans Teau.
Les sels alcalins sont précipités de leur solution par l'addition du sulfate de sodium, par Tébullition avec l'acide chlorhydrique ou les solutions alcalines; Tacide hjoglycocholiquc se décompose en glycocoUe et en acide hyodiolalique.
C«T H« AzO» -h H« 0 = C« H» AzO* 4- C" H^O* Acide GlycocoUe. Acide
glycohyocbolique. byocholalique.
Cet acide diffère de l'acide glycocholique par son insolubilité dans l'eau, et par la propriété qu'il possède de précipiter les sels de chaux, de baryte, etc.
GlycocoUe. — Le glycocolle a été découvert par Braconnot, qui l'a obtenu en faisant bouillir pendant longtemps de la gélatine avec de l'acide sulfuriquc étendu, saturant avec du carbonate de* baryte et évaporant la liqueur filtrée. De là le nom de sucre de gélatine ou de glycocolle. Il se produit par la décomposition d'un certain nombre de substances qui se trouvent dans Torganisme ; Tacide hippurique traité par l'acide chlorhydrique se transforme en acide benxoïque et en glycocolle.
C» H» AxO» -+- H« 0 = C^ H« 0« -+- C« H» Az0«
Acide Acide GlycocoUe.
hippurique. bemoique.
On l'obtient par le dédoublement de l'acide glycocholique sous l'influence des acides et des alcalis. L'ébullition avec l'acide chlorhydrique donne du chlorure de glycocolle. On dissout ce produit impur dans Teau et on le fait bouillir avec de l'hydrate de plomb ; on filtre; on précipite le plomb par un courant d'hydrogène sulfuré , et la dissolution filtrée de nouveau est abandonnée ensuite à la cristallisation.
C»8 H« Az0« -f H« 0 = C« ♦ H*o 0» 4- C» H* Az0« Acide Acide Glycocolle.
glycocholique. cholalique.
Le glycocolle a été reproduit par synthèse par
BUE. lOS
M. Cahours en faisant réagir l'acide monochloracotique ou monobromacélique sur l-aromoniaque.
<='«'«0|0+8A.IP=^»*(^";)«|04-A.H*a
Acida Glycooolto.
BOoocbloraoétique.
Cttte réaction rattache le glycocollc à l*acide acétique et montre qu'il peut être regardé comme de Facidc acétamique, c'est-à-dire comme de Pacide acétique dans lequel un atome d*hydrogène est remplacé par le résidu AzIP= (Azff— II).
C«H»0|o CtH«(A.H«)0JQ
Acide acétique. Glycocolle.
Cependant la réaction suivante rattache directement le glycocolle à l'acide glycolique. Lorsqu'on traite le glycocolle par un acide nitreux, on le décompose en azote et en acide glycolique.
20«H«(AïH«)0 j Q ^ ^^,^j ^ 2C«H*0»+ H«0 -H «Ai» Glyiocoile. Acide glycolique.
La synthèse du glycocolle peut alors s'expliquer en regardant l'acide chloracétique comme la chlorhy-
drine du glycolyle CIP ! ^j et le glycocolle devant
, , , . . CWO.OHj , la glycolamide * ||J Az.
Ces considérations s'appuient encore sur les observations de M. Heintz, qui a montré qu'en régissant sur Tammoniaque, l'acide chloracétique donne, outre
iOO CHIMIE BIOLOGIQUE.
la glycocolc, de Tacide glycolique, de l'acide glycolamidique iisl^^ ^^ "^ 1 acide triglycolami-
dique (C*IPO.OH)'Az.
Leglycocolle cristallise en gros cristaux. Il se dissout dans 4.3 parties d'eau froide : il est presque insoluble dans l'alcool et dans Téther absolu ; il est plus solublc dans Talcool étendu et bouillant. Il fond à 170* et se décompose à une température plus élevée sans se décomposer.
Bouilli avec Teau de baryte, le glycocoUe se décompose en ammoniaque et en méthylamine. Les dissolutions de potasse et de soude ne dégagent que de l'ammoniaque d'après M. Cahours. Le glycocolle, chauffé avec du peroxyde de manganèse ou du peroxyde de plomb et de l'acide sulfurique étendu, donne de l'eau, de l'acide carbonique et de l'acide cyanique.
Combinaison métallique du glycocoUe, — Le glycocoUe est faiblement acide. Ses dissolutions aqueuses dissolvent beaucoup d'oxydes métalliques et forment des combinaisons salines dont un grand nombre sont cristallisables. Une solution aqueuse de glycocoUe, bouillie avec de l'oxyde de cuivre, donne une combinaison qui se dépose par le refroidissement en fines aiguilles bleues, et qui se précipite complètement lors(|u'on ajoute de l'alcool. L'oxyde d'argent, bouilli pareillement avec une solution aqueuse de 'glycocoUe, donne, lorsqu'on ajoute de l'alcool, des cristaux incolores. C*H*AqAzO«.
Le glycocoUe se combine aussi avec les acides et
forme des corps cristallisables. Lorsqu'on évapore le glycocoUe avec de l'acide chlorhydrique, on obtient des prismes incolores 2 C*H*AzO*H Cl, et avec un 'excès d'acide chlorhydrique des cristaux très-solubles C^fl*AzO*.HCl. Cette dernière combinaison se forme quand on prépare le glycocolle par l'acide hippurique; elle donne avec le chlorure de platine un sel double cristallin très-soluble dans Teau et l'alcool C^ffAzO^HCl, P + CP.
Le glycocolle forme également avec les sels des combinaisons cristallisables. Il s'unit au chlorure de potassium, chlorure de sodium, chlorure de baryum, avec les nitrates de baryum, de calcium, magnésium, zinc, plomb, cuivre, argent, etc.
Acide taurocholique, — L'acide taurocholique existe seul dans la bile des chiens ; il est très-abondant dans celle des bœufs et même dans celle des serpents, des poissons. Chez l'homme, sa quantité est de beaucoup supérieure à celle de l'acide glycocholique. 11 se trouve toujours combiné au sodium. Enfin on constate encore sa présence dans l'urine ictérique.
On prend de la bile de chien, on y ajoute deTalcool et on la décolore par le charbon animal. On filtre, on évapore le liquide à sec, et on épuise le résidu avec un peu d'alcool absolu ; on filtre la dissolution, on l'agite avec un excès d'éther et on laisse concentrer la liqueur jusqu'à se qu'il se forme un précipité cristallin. Après l'évaporatioii de l'éther, on dissout les cristaux dans Teau ; on précipite par le sous-acétate de plomb et l'ammoniaque. On lave le précipité sur
un filtre ; on le dissout dans l'alcool ; on y fait passer un courant d'hydrogène sulfuré jusqu'à décomposition complète; on filtre et on évapore la solution alcoolique aune faible température jusqu'en consistance de sirop. Cet acide n'a pas encore été obtenu cristallisé. Il a uuQ réaction acide, se dissout dans l'eau et l'alcool, et se décompose par l'évaporation à sec de ses solutions aqueuses.
Le taurocholate sodique cristallisé en fines aiguilles de sel de baryte est soluble dans l'eau. Il se précipite complètement par le sous-acétate de plomb et l'ammoniaque. Il dévie à droite le plan de polarisation, + 25,3 pour la lumière jaune en solution alcoolique ^ Le pouvoir rotatoire de ses sels en dissolution aqueuse est beaucoup plus faible. Les réactions qui transforment l'acide glycocholique en acide cholalique et en glycocolle, le décomposent en acide cholalique et en taurine. La même transformation se produit pendant la putréfaction de la bile, el son trajet dans le canal intestinal.
C»«H*8Az07S-h H»0=r C**H^05 4- C«HUz0»S
Acide Acide Taurine.
taurochoUque. cholalique.
On peut séparer l'acide taurocholique de l'acide glycocholique en les transformant en sels de plomb. Le glycocholate de plomb et le chololate de plomb sont insolubles et peuvent être sépares par filtrat ion. Le liquide qui s'écoule donne un précipité de tauro-
' Anthon, loco citato, •
cholate de plomb, lorsqu'on y ajoute du sous-acétate de plomb et de Tammoniaque. On dissout le produit obtenu dans Talcool, on enlève le plomb par Taddition d*un excès de carbonate sodique, on évapore a sec, on reprend ensuite par Talcool absolu dans lequel l'addition d'éther produit un dépôt amorphe, qui se transforme à la longue en aiguilles brillantes.
Pour déterminer la présence de Facide taurocholique dans une substance, il suffit de constater la présence du soufre dans les cendres et d'obtenir la réaction de Pettenkofer.
Adde taurohyocholalique. — I^'acide taurohyocholalique C*^H*'AzSO' se trouve en petite quantité dans la bile de porc ; il ne parait pas avoir été obtenu à l'état pur. Il se décompose par les acides en taurine et en acide hyocholaliquc.
icide taurochénocholique. — Il existe à l'état de sel de soude dans la bile d'oie, et peut en être eitrait par l'alcool, d'où l'éther le précipite. On le lave avec une solution concentrée de sulfate de soude, OQ le dissout dans l'alcool absolu et on le précipite de nouveau par Téther de la solution alcoolique filtrée. Bouilli avec l'eau de baryte, il se transforme en taurine et en acide chénocholalique.
C«»fl«AzS0«4- n«0 = C«'H**0*-»-C«HUiS0*
Acide Acide Taurine,
laurochéuocbolique. cbênochoialique.
Acide chénocholalique. — L'acide chénocholalique
obtenu par l'ébullition de l'acide chénocholique avec
Veau de barjte, cristallise difficilement. Son sel de
ilO CHIMIE BIOLOGIQUE.
potasse est soluble dans Teau. Ses autres sels ne sont solubles que dans l'alcool. Le sel de baryte précipité par Téther forme des aiguilles brillantes.
Taurine^ C*ff AzSO'. — La taurine a d'abord été trouvée dans la bile comme produit de décomposition de r acide taurocholique^ On a depuis constaté sa présence dans le sang et le liquide musculaire de divers animaux, dans le liquide pulmonaire, les reins, : les tissus de certains mollusques, comme l'huitre.
On l'obtient en faisant bouillir pendant plusieurs heures de la bile avec de l'acide chlorhydrique étendu, filtrant pour enlever les produits résineux formés par i l'acide biliaire décomposé, et évaporant à sec. On , traite alors par l'alcool absolu, qui enlève le chlorure -ii de glycocoUe ; on dissout le résidu dans l'eau et on ^ abandonne à la cristallisation. On purifie la taurine. jj, en la dissolvant dans l'alcool, précipitant par l'acétate;^, de plomb, et faisant passer un courant d'hydrogène'' sulfuré dans le liquide filtré, pour enlever l'excès de r,; plomb. On filtre, on épuise le résidu par l'alcool absolu, îii et on fait cristalliser dans l'eau la partie insoluble^^^i|
Strecker a obtenu la taurine par voie de synthèse en chauffant l'iséthionate d'ammoniaque pendant plu < ^ sieurs heures de 210 à 220°.
ïi)î'
(G. iimr ! 0. = H«o 4- [ (^'«^'S^'*" - «^]1 A-
AzH* ) H« )
kélhionale Taurine. 'J^ :
d'ammoniaque. '
L'acide iséthionique, point de départ de cette réac |^
* strecker, Ann, der Chenue und Pharm,, B. LXVII, S. 50. ^ , ,
BILE. ili
(ion, se prépare lui-même par la série des transformations suivanies.
On fait arriver de Téthylène dans de Tacide sulfurique anhydre, et on obtient Tanhydride éthionique.
C«H*-h2S0«,0= C«H*{SO«)«0«
élhylène. Acide Anhydride
•alfurique étbioniquc.
anhydre.
L'anhydride éthionique, en se dissolvant dans l'eau, donne naissance à un nouvel acide, Tacide éthionique.
Anhydride éthionique. Acide éthioniqtw.
L'acide éthionique forme, avec les bases, des sels qui ne supportent pas Faction prolongée de la chaleur sans se décomposer. L'acide lui-même, bouilli avec de Teau, se transforme en acide iséthionique et en acide sulfurique.
C«H*(SO»)«H«0»-hH*0 = C«H»(S0«)H»0«-hS0*H«
Acide ûlûonique. Acide isétbioniqne.
La formation successive de ces diverses substances peut d'ailleurs se comprendre par la comparaison des formules suivantes.
Anhydride Acide Acide
éthionique. élhiooiqutf. iséthionique.
L'acide iséthionique est un liquide anhydre, visqueux, très-acide, et est monobasique. U forme des sels cnstallisables, et, avec l'ammoniaque, des octaèdres très-bien définis^ solubles dans Teau et dans l'alcool.
qui peuvent être chauffés à 120^ sans se décomposer; mais à 200^ Tiséthionate d'ammoniaque perd de Teau et se transforme en taurine.
La taurine peut donc être regardée comme un amide. Elle cristallise en prismes rhomboïdaux obliques, transparents et brillants. Elle se dissout dans 15 ou 16 parties d'eau froide et est beaucoup plus solubie dans l'eau bouillante. Elle est insoluble dans Palcool absolu et dans l'éther, un peu soluble dans l'alcool étendu et bouillant. Elle se dissout plus facilement dans les solutions alcalines que dans l'eau. Elle se décompose par l'action de Tacide nitreux et donne de l'acide iséthionique, de Tazote et de l'eau. L'acide phosphomoiybdique la précipite de ses dissolutions.
Acide cholalique. — L'acide cholalique se trouve en faible quantité dans le canal intestinal et les excréments de l'homme, du bœuf, du chien, dans l'urine ictérique. Il se forme surtout lors de la décomposition des acides taurocholiquc et giycocholique sous l'influence des acides ou des solutions alcalines bouillantes, ou par la putréfaction.
On le prépare en faisant bouillir de la bile avec une lessive alcaline ou de l'eau de baryte saturée, pendant douze ou vingt-quatre heures ; on précipite par un acide, on lave avec de l'eau, on redissout dans une lessive alcaline, on ajoute de l'éther, on précipite de nouveau par l'acide chlorhydrique et on laisse reposer pendant plusieurs jours. L'addition d'éther facilite la cristallisation. On décante l'éther, on
BItJ. 113
comprime la masse, on la dissout dans l'alcool bouillant et on laisse refroidir ; Tacide se dépose en cristaux.
L*acide eholalique s'obtient tantôt amorphe et tantôt cristallisé. Les cristaux sont des tétraèdres ou des octaèdres tétragonaux, d'un éclat vitreux et d'une saveur amère avec un arrière-goût sucré. Les cristaux qui se déposent dans Téther contiennent 2 Aq. d'eau de cristallisation, dans l'alcool 5 Aq. Ils sont incolores, insolubles dans Teau, Téther, solubles dans l'alcool. L'acide eholalique se dissout facile* ment dans les solutions alcalines et décompose les carbonates en solution aqueuse. Les sels alcalins sont solubles dans l'eau en toutes proportions, mais l'addition d'alcalis ou de carbonates alcalins les précipitent sous forme d'huile qui cristallise par le refroidissement. Ces sels alcalins sont peu solubles dans l'alcool. Le sel de baryum se coioipose de petites aiguilles brillantes : peu soluble dans l'eau froide, plus soluble dans Teau chaude, facilement soluble dans l'alcool. Les cholalates de plomb, d'argent, sont insolubles dans l'eau et solubles dans l'alcool bouillant.
Par l'ébullition avec les acides ou l'action d'une température de lOO"" à 200**, l'acide eholalique se transforme en eau et en dyslysine.
C«4H*oo«=rC«M!»«0»-f-2H«0
Acide DyslyfÎDe.
eholalique.
L'acide eholalique et ses sels possèdent un pouvoir rotatoire droit. La déviation des cristaux contenant
5 Aq. est d'environ -4- 35 pour la lumière jaune. La déviation des sels alcalins n'est indépendante de la concentration que pour les solutions alcooliques; elle' est un peu plus faible que celle de Tacide. Le pouvoir rotatoire du sel de sodium est de 31^,4'.
Réaction de Pettenkofer, — L'acide cholalique se dissout dans l'acide sulfurique. Une trace de cet acide mêlé avec du sucre et additionné d'acide sulfurique versé goutte à goutte, de telle manière que la température ne s'élève pas ou au moins ne dépasse pas 70^, donne une coloration rouge très-intense. Cette réaction, découverte par Pettenkofer, est le moyen le plus sensible pour reconnaître la présence des acides biliaires. Elle ne doit pas cependant être regardée comme complètement démonstrative quand on la développe en présence de substances qui, telles que les matières albuminoïdes, l'alcool amylique, sont également susceptibles de produire, avec l'acide sulfurique, une teinte rouge.
Matières colorantes. — La bile contient une pro- {)orlion notable de matière colorante. M. Robin admet que cette substance est à l'état liquide, et qu'elle ne peut être extraite qu'après avoir subi des modifications analogues à celles que présentent les substances qui se coagulent. Une fois isolée et desséchée, elle est pulvérulente, amorphe, d'un vert noirâtre, insoluble dans l'eau.
La matière colorante n'existe pas à l'état normal dans le sang. Elle semble provenir de l'hémoglobine. M. Gubter a vu, en effet, que la matière colorante de la