BUE
Une trace de cholestérine chauffée doucement sur me capsule de porcelaine avec de Tacide nitrique, ionne une coloration jaune qui passe au rouge dès pi'on ajoute de l'ammoniaque.
Un fragment de cholestérine, projeté dans de Tacide Uorhydrique contenant le i /5 de son volume d^une «lotion de perchlorure de fer à SO"", donne successivelent des colorations rouge, violette et bleue. Cette ré- Ktion ne réussit bien que sur la cholestérine pure.
Origme'de la cholestérine. — La cholestérine, d'ailés les recherches de Flint, est un produit de désassiliUtion du tissu nerveux. Si on analyse en effet le anodes difTérents vaisseaux de Péconomie, on observe ()ie celui qui se rend au cerveau par la carotide infinie n'en renferme pas, ou n'en contient qu'une iûble quantité, tandis que le sang de la veine juguùt en possède toujours une proportion notable. .t sang qui vient des extrémités inférieures, en renrrne aussi plus que le sang artériel. Ces expériences ^t faites sans employer les anesthésiques qui ^«âsent pu altérer la nutrition du cerveau.
OCAMflTi - cioiBsrf-
— — p. *ooo.
Granmes. Grammec. —
dnlins(liomme),35aii8. 20,211 0,009 0,445
— (nègre), «ans. 12,171 0,008 0,658
— (hoiiiine),24aiis. 6,653 0,005 0,751 i^:ii^Tel et Rodier ont donné les chiffres suirants :
Soi* Teinenx d*an homme. . . 0,09 pour 1,000 — d'une femme. . . 0,09 —
^^, Flint trouva dans le sang une proportion
de cholestérine sept ou huit fois plus forte que Becquerel et Rodier. La seule explication qu'on en puisse donner est que ces derniers opéraient seulement sur le sérum, et Flint sur toute la masse du sang.
QOANTITi CHOLESTti- DE SAKC. nillE.
Chien adulte, taille moyenne, éthérisu
Jeune chien de petite taille
3* EXPÉR1E5CB.
Chien grand et robuste.
Cnrotide
Jugulaire interne.
Veine fémorale. .
Carotide
Jugulaire interne.
Veine fémorale. .
Carotide
Jugulaire interne.
Gramioei.
GrainniM.
CHOLESTf-
niKE p. 1000.
Augment. dans le sang de la jugulaire sur le sang artériel. 5,448p. 100
— Ycine fémorale — 4,134p. 100
Augment. dans le sang de la jugulaire sur le sang artériel. 59,772p. 100
— veine fémorale ~ 6,308 p. 100
Augment. dans le sang de la jugulaire sur le sang artériel. 23,307 p. 100
De Tabsence de la cholestérine dans le sang qui se rend au cerveau, et de sa présence dans celui des veines qui y prennent naissance, on conclut nécessairement que la cholestérine se produit dans le cerveau et est ensuite absorbée par les capillaires.
On trouve aussi un excès de cholestérine dans le sang des veines fémorales. Elle se forme donc dans les tissus qui composent les membres. L'analyse chimi-
BILB. 129
que prouve que les muscles ne renferment pas de cholestérine et qu'elle existe dans le tissu nerveux. Par suite, celle qui circule avec le sang qui vient des membres inférieurs, provient de la désassimilation des nerfs. L'ensemble de ces résultats doit donc faire admettre que la cholestérine prend naissance dans le système nerveux, et qu'elle y est absorbée par le sang.
Élimination de la cholestérine. — Le foie élimine la cholestérine contenue dans le sang. 11 résulte des observations de Flint que le sang de la veine porte laisse apercevoir à l'examen microscopique de nombreux cristaux de cholestérine, que celui de l'artère hépatique en possède aussi une quantité notable, tandis que celui des veines sushépatiques renferme beaucoup de matières grasses. Il faut une évaporation prolongée et une recherche attentive pour y trouver quelques cristaux de cholestérine. L'augmentation de la cholestérine dans le sang artériel pendant son passage à travers le cerveau est de 25,507 pour 100, et la perte éprouvée en passant par le foie est de 25,509, quantités égales. Ces chiffres concordants prouvent que la cholestérine s'élimine en entier par le foie. La cholestérine s'écoule avec la bile et arrive dans l'intestin grêle où elle subit de nouvelles transformations.
Soie physiologique 4e la bile. — Une foule d'ex-
périences tentées par divers physiologistes pour savoir si la bile est ou non indispensable à la digestion n'ont donné que des résultats contradictoires. En gé-
néral, les animaux chez lesquels on a établi des fistules biliaires périssent après un temps plus ou moins long; ils maigrissent et résistent rarement au delà de un ou deux mois. Quelques-uns, soutenus par une nourriture très-abondante, ont paru vivre plus longtemps; on a rapporté des cas où ils avaient vécu plusieurs années et étaient morts de maladies intercurrentes. Il paraît, d'après les observations de la plupart des observatews et celles récentes de Flint, que chez tous les animaux qui se rétablissent, la bile se crée vers l'intestin un passage nouveau, souvent fort étroit et difficile à trouver, mais qui suffit pour permettre aux fonctions digestives de s'accomplir normalement. D'après Flint, les fistules qui ne sont pas accompagnées de la création d'un nouveau canal s'ouvrant dans l'intestin, amènent, fatalement la mort. M. Longet pense que la bile n'est pas indispensable au travail de la digestion en général, mais néanmoins son écoulement au dehors n'est compatible avec la vie que si une copieuse alimentation compense cette perte incessante.
La bile est à la fois un produit de sécrétion et d'excrétion. Le glycocholate et le taurocholate de soude se fabriquent dans le foie, et ne se rencontrent ni dans le sang, ni dans aucun autre liquide. Les matières colorantes prennent également naissance dans le foie. Pour ces substances, la formation de la bile est une sécrétion. Bien au contraire, la cholestérine préexiste dans le sang et s'en sépare simplement par Faction propre du foie, ce qui donne à la bile les caractères d'un produit d'excrétion. La numière dont la bile s'écoule, la
rapporte également aux sécrétions et aux excrétions. Les simples sécrétions sont en général intermittentes, les simples excrétions continues. L'écoulement de la bile participe des deux, il est rémittent. Sur un chien porteur d'une fistule biliaire au douzième jour de l'opération, pesant 12 livres et ayant déjà perdu 2 livres de son poids, Flint trouva que le maximum d'écoulement de la bile a lieu entre la seconde et la huitième heure après le repas, période pendant laquelle il est à peu près le même ; le minimum se montra la vingtième heure^ Bidder et Schmidt placent le maximum de la douzième à la quinzième heure. Ces résultats montrent que la quantité de bile sécrétée varie considérablement aux différentes époques de la digestion, ce qui la rapproche des sécrétions, et que son écoulement est continu, d'où son rapport avec les excrétions.
Coname agent d'excrétion, la bile n'a qu'un rôle limité, elle sert de voie d'élimination à la cholestérine. Cette dernière substance subit ensuite de nouvelles modifications dans l'intestin, elle se retrouve dans les leces transformée en stercorine.
Comme agent de sécrétion, la bile jouit d'une action particulière sur les aliments. Elle n'est pas elle-même destinée à être rejetée tout entière hors de l'économie* Quelques-uns de ses éléments se trouvent résorbés pendant leUr passage dans le canal intestinal;
Action de ta bile sur les aliments. — La bile n'a
* Fliiit, hebhercheU iUi' une ttouveile fondion du foici p. 61.
aucune aclion sur l'albumine coagulée, la fibrine, l'albumine précipitée des albuminates, l'albumine coagulée ou les albuminates en solution dans les sels neutres. L'albumine dissoute dans les acides ou syntonine, la parapeptoue en dissolution acide, et les peptones se précipitent dès qu'on leur ajoute de la bile. On a dit que la matière qui se dépose, est formée par les acides biliaires. Kùhne fait remarquer que c'est simplement une affirmation théoriqueMorsqu'on traite une solution de sels biliaires par un acide étendu, l'acide glycocholique se précipite; l'acide taurocholique, plus solubie, reste dans les eaux mères et dissout aussitôt l'acide glycocholique. Cette réaction explique pourquoi le mélange des acides biliaires n'est pas pré* cipité par une dissolution acide faible. Le précipité que fait naître la bile dans les solutions acides d'albumine, est floconneux, insoluble dans l'eau, les acides, l'alcool, et facilement soluble dans les dissolutions acides étendues. Il est formé par de l'albumine, unie aux acides biliaires. En effet, un précipité d'une nature semblable s'obtient en remplaçant les acides biliaires par de l'acide cholalique qui ne renferme pas d'azote. Après un lavage suffisant avec de Talcool, ce dernier précipité donne tout à la fois les réactions caractéristiques d'un sel provenant de la bile, goût amer, réaction de Pettenkofer, et en même temps il dégage de l'ammoniaque quand on le fait bouillir avec une solution alcaline, ce qui indique la présence de l'azote.
^ Kâline, Lehrhuch der Chemie, p. 08.
La bile précipite toutes les matières albuminoîdes en solutions acides, elle redissout ensuite le précipité quand on Tajoute en excès. Une réaction toute semblable se produit dans l'intestin lorsque la bile se trouve en contact avec les pcptones. Elle forme avec elles un précipité blanc jaunâtre, facile à reconnaître, qui tapisse les parois du canal intestinal des animaux tués pendant la digestion. Ce précipité est solubledans les alcalis et disparait dans les dernières parties de l'intestin. La bile se comporte avec la pepsine comme avec les solutions acides des matières albuminoîdes. On peut constater facilement qu'elle précipite la pepsine et la peptone de telle sorte qu'après avoir filtré on obtient une solution qui ne contient ni bile, ni syntonineS et qui a perdu les propriétés digestives de la pepsine. Brûcke a montré qu'une livre de bile suffit pour précipiter toute la pepsine de l'estomac.
L'action qu'exerce la bile sur l'amidon et la fécule est très-controversée ; tantôt on l'a vue saccharifier ces éléments, tantôt être sans action. Y a-t-il là une condition particulière à Tétat de la bile? Quand elle a sabi certaines altérations, ne possède-t-elle pas un pouvoir qui lui manquait à l'état frais ? L'absence ou la présence de l'air n'intervient-elle pas également? Aucune réponse bien décisive n'a encore été donnée à ces questions. Cependant la bile abandonnée avec les matières amylacées éprouve une fermentation lactique, et l'acide produit amène la séparation des acides
* JUâhn&f Lehrbuch derphyg. Chemie, p. 90.
biliaires. Cette transformation ne parait qu'un premier phénomène de la fermentation putride.
La bile émulsionne les matières grasses et les rend absorbables. On en a donné pour preuve la diminution de la quantité de graisse contenue dans les chylifères des chiens porteurs d'une fistule biliaire. De plus Bidder et Schmidt ont vu que ces animaux n'absorbent par heure et par kilogramme de leur poids que le 1/5 ou le 1/7 de la quantité de graisse qu'absorbent les chiens non opérés.
Pour rendre les graisses assimilables, la bile ne les décompose pas et ne les réduit pas en leurs éléments, acide et glycérine. Les matières grasses ne sont qu'émulsionnées et se retrouvent dans le même état dans le chyle.
Résorption de la Wfe.— D'après Bidder et Schmidt, une grande partie de la bile est résorbée dans Tintestin, eau, mucus, sels alcalins. Retrouve-t-on les acides biliaires dans le gros intestin ? Dalton a vu que les matières obtenues en faisant évaporer le contenu du gros intestin, traitant le résidu par Talcool et précipitant par Téther, n'ont pas d'action sur le réactif de Pettenkofer. Flint n^a pas non plus trouvé les acides biliaires dans les excréments humains d'après la même méthode. Iloppe a reconnu qu'ils sont remplacés par les produits de leur décomposition « acide cholalique, taurine et glycocoUci La taurine et le glycocoUe solubles sont absorbés, l'acide cholalique insoluble dans les solutions acides se retrouve dans les fèces. L'expérience suivante semble prouver que les
acides biliaires sont réellement absorbés pendant leur passage dans l'intestin. Ces acides contiennent une certaine quantité de soufre ; Bidder et Schmidt ont prouvé que Ton ne retrouvait dans les excréments que le quinzième de la quantité qui pénètre dans l'intestin avec la bile. Us en ont conclu que les sels biliaires devaient être absorbés pendant leur passage dans le canal alimentaire. L'absorption du soufre a lieu probablement après la transformation des acides et la formation de la taurine. Cette dernière substance existe cependant dans les fèces, selon Lehmann, et s^y trouve en petits cristaux. L'acide glycocholique, d'après lloppe Seylcr. s'y rencontre également. En admettant l'absorption des acides biliaires, on ne doit pas oublier qu'ils doivent subir une décomposition, car on ne les trouve pas dans le sang. .
Analyse de la bile. — Procédé d'Huppe Seyler. — On ne peut précipiter l'albumine contenue dans la bile par l'addition d'un acide minéral sans entraîner en même temps le dépôt des acides biliaires. On parvient à la séparer seule en ajoutant de Pacide acétique et en faisant bouillir. Un autre procédé consiste à additionner la bile d'alcool qui précipite à la fois l'albumine et la mucine, et à traiter ensuite le mélange recueilli sur un filtre par l'acide acétique cristallisable qui dissout l'albumine et est sans action sur la mucine. On évapore à un petit volume et on ajoute une solution concentrée de sulfate de magnésie qui précipite Palbumine.
On reconnaît le sucre par le réactif de Barreswill
OU de Bœttcher sur de la bile décolorée par le charbon animal.
L'action destructiTe de la bile sur les globules du sang explique pourquoi le sang ne peut exister dans la bile sans se décomposer immédiatement. L'hémoglobine se transforme en éléments albuminoïdes et en hématine, qui se reconnaît à ses caractères et à ses propriétés optiques. Les caillots qui existent dans le tissu du foie, sont formés par de Thématine.
Pour extraire l'urée, on évapore la bile à sec, on dissout dans l'alcool et on précipite par un excès d'éther. On décante la dissolution éthérée et on évapore à sec ; on reprend par un peu d'eau et on précipite l'urée à l'état d'azotate par l'addition de quelques gouttes d'acide azotique.
La bile contient de la leucinc; on précipite complètement la bile par l'acétate de plomb et l'ammoniaque; on filtre, on enlève l'excès de plomb par un courant d'hydrogène sulfuré ; on évapore à sec et on reconnaît la leucine à ses caractères.
Méthode générale. — On évapore à sec 20 ou 30 centimètres cubes de bile, on pèse le résidu. On dissout dans l'alcool et on passe sur un filtre pesé ; le résidu insoluble lavé avec de l'alcool, desséché et pesé donne la mucine et les sels insolubles dans l'alcool. On incinère le produit et on dose les sels suivant les procédés ordinaires de l'analyse minérale.
L'extrait alcoolique est réduit à un petit volume, agité avec de l'alcool, précipité par un grand excès d'éther et abandonné à lui-même jusqu'à ce que la dis-
solution soit parfaitement éclaircie. On sépare ainsi les acides biliaires. On enlève Pexcès d*éther et on l'abandonne à Tévaporation. Le résidu contient les matières grasses, la cholestérine, la lécitliine et Turée. On traite par l'eau qui dissout Turée seule ; on la dose à Tétat d^azotate d'urée. La cholestérine, la lécithine et les matières grasses se séparent par la saponification, puis, en reprenant le savon par Téther, on dissout la cholestérine. On peut également déterminer la proportion de cholestérine en mesurant son pouvoir rotatoire, après avoir décoloré la dissolution par du charbon animal.
La séparation et la détermination des acides taurocholique et glycocholique est fondée sur ce que ces acides, par Tébullition avec la potasse, se décomposent l'un en acide cholalique et en taurine, l'autre en acide cholalique et en glycocolle. On évapore à sec le précipité formé par l'éther; on le chauffe au bainmaric pendant vingt-quatre heures avec une solution de potasse ; on précipite l'acide cholalique formé par Tacide chlorhydrique ; on le transforme en une modiGcation peu soluble dans l'eau en le traitant par l'éther; on le lave avec de l'eau ; on le dissout dans l'alcool, il cristallise par évaporation, on le sèche et on le pèse.
La solution chlorhydrique aqueuse dont on a séparé
Tacide cholalique par la filtration, contient du soufre.
On en détermine la proportion par la fusion avec du
carbonate et du nitrate potassique. On dissout dans
II Cl. et on dose le soufre en le précipitant à l'état de
sulfate de l)aryum. Du poids du soufre, on calcule la quantité de taurine et par suite d acide taurocholique et d'acide cholalique correspondante. L'excès d'acide cholalique provient de l'acide glycocholalique et sert à en fixer la proportion. 100 parties d'acide taurocholique correspondent à 72,22 d'acide cholalique, 100 parties d'acide cholalique à 113,98 d'acide glycocholique.
La bile ne contient pas de sulfate dans ses éléments, aussi peut-on-doser le soufre des acides biliaires en le transformant en sulfate. On a trouvé dans la bile desséchée à 110° 6,34 de soufre chez l'oie, 6,24 chez le chien, 5,96 chez le renard, 5,71 chez le mouton, 0,33 chez le porc; chez l'homme la quantité maximum a été de 2,99, le minimum de 0,83.
TABLEAU REPRÉSENTANT LA COMPOSITION DE LA BILE d'après GORUP-BESANEZ.